Critique #003 – La fille du train de Paula Hawkins

10.02.2017 (14)

Avant de vous donner mon avis sur cette lecture, je tenais à dire que je n’ai pas vu l’adaptation cinématographique sortie l’année passée, mais que c’est grâce à elle (et toute la promo) que j’ai entendu parler de ce bouquin. Néanmoins, il m’aura fallu plus de 4 mois pour enfin me décider à découvrir ce thriller. Pourquoi ? Simplement parce que j’ai tendance à devenir réticente quand un phénomène (livre, film, série, etc.) prend de l’ampleur et que « tout le monde se l’arrache ».

La fille du train est le premier roman de l’auteure britannique Paula Hawkins, publié en 2015. Née et élevée à Harare au Zimbabwe, Hawkins déménage à Londres avec sa famille en 1989, à l’âge de 17 ans. Elle intégrera l’université d’Oxford où elle étudiera la philosophie, l’économie et la politique, avant de commencer à écrire des articles pour The Times. En 2009, elle se met enfin à l’écriture de romans romantiques sous le pseudonyme d’Amy Silver. Mais c’est avec La fille du train qu’elle décide d’abandonner le ton léger et comique de ses nouvelles, pour aborder des sujets sombres comme la violence domestique, l’alcool, la honte de l’échec (social/professionnel), et l’abus de substances. À noter, que Hawkins a écrit le bouquin en six mois, elle ira même demander de l’aide financièrement à son père, sa situation étant difficile à l’époque. Ce qui est encore plus génial pour elle, puisque son livre a été traduit dans 34 pays, et est plébiscitée par la critique

Dans un premier temps, La fille du train est racontée par la protagoniste principale, Rachel Watson âgée de 32 ans ayant sombré dans la dépression et l’alcool depuis son divorce avec Tom Watson. Ce dernier s’est remarié avec sa maîtresse, Anna, avec qui il a eu une petite fille. N’ayant jamais pu oublier Tom, surtout que ce dernier est resté vivre dans la maison qu’ils avaient tous les deux acheter, Rachel s’est vite retrouvée sans emploi et en collocation avec une ancienne camarade de classe.

Comme le titre l’indique, le train est non seulement l’un des environnements principaux du récit, mais aussi un acteur majeur. Chaque jour, Rachel effectue son voyage jusqu’à Londres, pour ne pas avoir à dire à sa colocataire qu’elle n’a plus de travail. Chaque matin et chaque soir, le même train. Durant ce voyage, elle n’a de cesse d’observer les maisons extérieures et parmi elle une retient particulièrement son attention. Il s’agit d’une maison située dans la même rue où vit Tom, habitée par un couple « Jason et Jess« , dont elle imagine la vie heureuse. En vrai, elle ne les connaît pas, mais dans sa tête elle les imagines amoureux fou comme quand elle était heureuse avec Tom, et les vies professionnelles qu’ils mènent. Tout au long du livre, j’ai réussi à imaginer ce que décrivait le personnage, ses émotions, son ressenti. J’ai été happé par l’histoire comme on dit. Il y a une sorte de sentiment de voyeurisme dans la manière qu’à Rachel d’observer ce couple, et d’y projeter ses envies. Mais sa vie va changer au moment où Megan, le vrai prénom de celle qu’elle appelle « Jess », disparaît.

 » C’est ce que m’ont appris mes séances de psy : les manques dans ma vie seront éternels. Il faut grandir autour d’eux, comme les racines d’un arbre autour d’un bloc de béton ; on se façonne malgré les creux « 

Dans La fille du train, ce qui change est que l’on a droit à quelques chapitres racontés du point de vue de deux autres personnages féminin: Anna, l’actuelle femme de Tom, et Megan Hipwell. Ces deux protagonistes possèdent toutes les deux des histoires qui leurs sont propres, et qui bien entendu vont entrer en ligne de compte dans le déroulement de l’histoire. Car au fil des pages, je me suis retrouvée à douter de chacun des personnages. Hommes, femmes, personnages secondaires ou non. Le point de vue de Megan est aussi poignant que celui de Rachel, puisque toutes les deux possèdent en elles une détresse dont elles n’arrivent pas à se débarrasser. La seule chose qui m’a quelque peu gêné dans le récit, et le fait que le point de vue de Megan commence a être racontée un an avant sa disparition. J’ai compris pourquoi, mais comme on alterne souvent entre elle et Rachel, j’avais parfois du mal à situer dans le temps. Mais ce n’est pas dérangeant pour la compréhension complète du bouquin. Comme dit plus haut, le personnage de Anna contribue également au déroulement de l’intrigue en apportant son regard sur les interventions incessante de Rachel dans sa vie de famille, ses appels à Tom, les harcelant à n’importe quelle heure de la nuit. Outre mon envie de lui foutre quelques claques à certains moments, sa vision est nécessaire. 

Les quelques personnages masculins, – car au final ce bouquin possèdent moins de 10 protagonistes – sont présentés à travers le regard et le ressenti des trois femmes. Une façon de mener le thriller jusqu’à son paroxysme puisque le doute s’installe sur chacun au fil des pages. Oui je me répète, mais c’est important. Cela m’a encore plus poussé à vouloir découvrir qui était responsable de la disparition de Megan. C’était-elle enfuie ? Seul ou avec quelqu’un ? Kidnappée ? Morte ? Son mari Scott (le Jason) y est-il pour quelque chose ? Tant de possibilité, qui avec l’alcoolisme et les trous de mémoire de Rachel jette encore plus le doute sur elle. Possède-t-elle une double personnalité ? Acte de folie ? Si oui, était-il prémédité ? 

Bref. Vous l’aurez compris, La fille du train est un thriller qui m’a tenu capt33151808ivé du début à la fin. En utilisant le quotidien de chacun, Hawkins arrive à nous faire entrer dans l’histoire sans problème. On en ressort presque aussi psychologiquement touché que les héros du roman. Je ne regrette pas d’avoir pris mon temps pour découvrir cette histoire, et encore moins d’être passé à l’acte. Car au final il ne m’a pas déçu. Loin de là, puisque j’ai découvert que Paul Hawkins sortira un nouveau thriller, le 5 mai prochain, intitulé
Into the Water. Et j’ai bien hâte de replonger dans son esprit tortueux et manipulateur d’auteure.

Et vous, avez-vous lu ce livre ? Avez-vous envie de le lire ? Ou avez-vous vu le film ? N’hésitez pas à me le dire en commentaire.

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9 réflexions sur “Critique #003 – La fille du train de Paula Hawkins

    • Je suis très contente d’avoir franchie le pas, et mettre acheté le bouquin. J’avais vraiment peur d’être déçue, surtout que l’écho du film n’est pas fameu. Ce que je peux comprendre vu que la bande annonce ne pas donne envie de le voir.

      Aimé par 1 personne

      • En fait, j’ai revu la bande-annocne après avoir fini le bouquin et je trouve qu’elle est un peu trompeuse. Je m’explique, elle est pas mal accès « sexe », je trouve. Et aussi, la tête de certains acteurs ne collent pas du tout aux personnages que je me suis imaginée. Même s’ils n’avaient pas vraiment une tête précise, certains ne collent pas vraiment… Mais ce n’est que mon avis. ;p

        Aimé par 1 personne

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