Critique #009 – Hématomes de Romain Slocombe

10.02.2017 (19)

Je remercie les Éditions Belfond  de m’avoir donné l’occasion de lire Hématomes de Romain Slocombe via la plateforme numérique NetGalley. Sous le titre Hématomes se cache en réalité un recueil de neuf nouvelles.

L’auteur Romain Slocombe est né à Paris en 1953, et possède à son actif une vingtaine de romans dont Monsieur le Commandant traduit dans cinq pays, et Lauréat du Trophée 813. Mais avant de devenir auteur, Slocombe a étudié l’art et participé avec le collectif d’artistes français Bazooka au magazine emblématique des années 70, Metal Hurlant. Vouant une grande passion pour le Japon, on peut en retrouver des traces majeures ou non à travers les différentes formes d’art qu’il affectionne. Cela va la bande dessinée (Tokyo Girl, Femmes Fatales), à la peinture, en passant par la photographie, le cinéma (Un monde flottant de 1995) et ben entendu les romans et nouvelles.

Hématomes rassemble donc neuf nouvelles parues précédemment dans la presse, dont la particularité des récits est l’écriture de Slocombe. Aussi précise et minutieuse que peuvent l’être les mains d’un chirurgien, on constate que l’autre possède un long chemin de conteur derrière lui.  Et même si j’avoue ne jamais lire de nouvelles, j’ai trouvé que ces petits thrillers ont tout aussi d’échos qu’une seule histoire de 400 pages, malgré quelques petits reproches que j’aborderai plus loin. Les thèmes de ses récits sont variés et divers, on évoque par exemple le racisme ordinaire, la mort, ou encore la guerre. Le seul fil conducteur ici est celui de la résonance des mots écrits. Durant la lecture on découvre peu à peu l’esprit vif de l’auteur qui n’hésite pas à insuffler de l’angoisse dans chaque lettre qui auront toutes un effet sur le lecteur. Chaque nouvelle possède son charme et sa particularité, sans que toutefois, je ne pourrais en choisir une plus qu’une autre. Pourquoi ? Simplement car elles arrivent à toute nous marquer d’une manière ou d’une autre. Tantôt glaçante, noire, lugubre et transpirant l’angoisse, chaque sensation devient presque réelle. Comme si Romain Slocombe arrivait à s’insinuer dans ma tête pour me susurrer la noirceur que chaque être possède en lui, là, au fond bien caché pour certains et bien en vue chez d’autres.

Le plus pénible dans le métier de Pierre Besombes, ce sont les suicidés. Seul – toujours seul – en face du corps, on se pose automatiquement la question du pourquoi. Surtout qu’il s’agit souvent de gens en bonne santé, qui semblaient bien dans leur peau. Et en les regardant morts, on ne sait toujours pas le pourquoi de leur mort. Le vrai pourquoi. Cela provoque de méchantes angoisses.

Évoluant sur fond de thriller angoissant et psychologique, on peut y voir aussi des messages cachés destinés à la société, comme une véritable accusation du manque d’honnêteté émanant de notre quotidien, des échanges entre les uns et les autres. Clairement, si vous n’aimez pas les thrillers vous n’aimerez pas ces nouvelles. Toutefois, si vous souhaitez découvrir cet univers bien particulier, la lecture de nouvelles peut être un premier pas dans le genre. si vous en aimez pas une, vous pourrez toujours passer à la suivante. 

Ce qui me chagrine un peu, et le fait que même si le côté pratique de la lecture de nouvelles est appréciable, il m’a été impossible de m’attacher aux personnages. Moi qui aime à trouver des touches de moi dans les protagonistes du récit, ici, c’est quelque chose que je n’ai pas pu faire. Et c’est peut-être là la raison pour laquelle je ne suis pas une lectrice de nouvelles. Les dernières que j’ai lues doivent dater d’il y a 10 ans durant mes études. Je pourrais aussi mentionner la grande noirceur des histoires qui m’a parfois un peu dérangé, comme un sentiment de malaise inexplicable. Mais je pense que c’est ce qu’ a voulu inspirer l’auteur aux lecteurs alors je ne peux dire que pour ma part ça a été le cas. Mais je me replongerai volontiers dans les autres romans de l’auteur, et peut-être même dans de futures nouvelles, pourquoi pas.

En conclusion, on se trouve ici avec neuf nouvelles qui vous procureront des sensations et sentiments tellement différents à chaque fois, que l’on en ressort comme si on avait été témoin de la déchéance et des maux des protagonistes. Neuf nouvelles à ne pas mettre entre les mains des plus sensibles, au risque de ne pas ne ressortir indemne. 

Copie de lire en bulles (5)Powell industries (8)

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2 réflexions sur “Critique #009 – Hématomes de Romain Slocombe

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