Critique #016 – Mourir, la belle affaire ! de Alfredo Noriega

Copie de 10.02.2017 (3)

Pour terminer cette semaine beaucoup trop pluvieuse et froide pour un mois de mai, je vais vous parler d’un polar paru au aux Éditions J’ai Lu en 2015, mais qui comme le bon vin gagne de la saveur avec l’âge.

Mourir, la belle affaire a été écrit par l’auteur Alfredo Noriega, équatorien né en 1976. En Amérique du Sud il est connu pour ses recueils de poésies et ses plusieurs romans noirs très remarqués et appréciés. Mourir, la belle affaire est le quatrième roman de l’auteur, publié en 2010, mais le premier à avoir eu le droit à une traduction en français grâce à Nathalie Lalisse-Delcourt en 2013. Actuellement, l’auteur vit entre Paris et Bruxelles où il enseigne depuis 1985.

Mourir, la belle affaire a pour décor la ville de Quito en Equateur, un accident de la route qui aura deux victimes et une survivante, María del Carmen. À l’arrivée de la police, la jeune fille, encore sous le choc promet à l’inspecteur Heriberto Gonzaga de l’épouser s’il retrouve les coupables. Malheureusement, dans cette petite ville les accidents de la route sont monnaie courante et l’affaire se retrouve vite classée. Quelques mois plus tard, rongée par la culpabilité d’avoir survécu, Maria se suicide. En découvrant son corps, Heriberto se souvient de sa promesse et reprend l’affaire, pour réaliser que le dossier a été falsifié…

Dans ce polar la ville de Quito, au pied du volcan Pichincha, tient une place importante dans la narration. La description des quartiers, des rues et des places sont si bien faites que Quito prendrait presque vie sous nos yeux et nos mains. On y ressent une atmosphère sombre sans être glauque, avec des accents sud-américains très subtils. Le dépaysement est total et sincèrement change de tous ces polars qui se déroulent aux États-Unis, au Royaume-Uni ou en France. Au fil des pages, on découvre une ville fascinante dans tous les sens du terme, à la fois lumineuse et inquiétante. Un dépaysement total garanti.

Noriega nous invites à la découverte des paysages, des habitants des quartiers pauvres et corrompus, les odeurs et saveurs qui font que cette ville existe telle qu’elle est. À mesure où l’enquête avance on découvre les autres personnages qui nourrissent le récit : le médecin légiste Arturo Fernandez, le policier Heriberto à la vie pas facile, la jeune suicidée Maria, un chauffeur de taxi aux multiples personnalités, une vieille dame, et enfin la mort. Même si la vie de ces nombreux personnages sont toutes différentes des unes et des autres, on finit par comprendre qu’elles viendront se rejoindre à un moment pour n’en former plus qu’une.

« Je disparais avec les deux femmes dans la salle d’autopsie. J’ouvre l’un des congélateurs et en sort un homme corpulent, brun, les cheveux lisses, vêtu d’un bleu de travail, « une si bonne personne, docteur », me dit celle qui se présente comme sa femme. Je me retiens de lui répondre que lorsqu’il s’agit des morts, on ne sait jamais s’ils ont été bons ou mauvais ; il ne leur reste que les traits du visage, et encore pas toujours, quelquefois il ne reste qu’un mauvais exemple de ce qu’ils ont été, une distorsion. »

La structure du roman est particulière, puisque certains chapitres sont écrits à la première personne du singulier et parfois à la troisième. Et même si au début on est un peu confus, on finit par vitre trouver ses marques et se laisser porter par le récit et l’écriture incisive de Noriega. Ce dernier possède une écriture proche de la poésie mais aussi très tranchée par le réalisme de la vie de tous les jours. Les scènes d’action sont aussi importantes que les scènes plus poétiques, mais moderne de par le style d’Alfredo Noriega.

Ce que j’ai le plus apprécié dans ce roman est la manière dont l’auteur réussit à nous raconter les histoires de Maria, Arturo et Heriberto, mais aussi celles des habitants de cette ville au pied des volcans, où il ne fait pas bon vivre chaque jour que Dieu fait. On y plonge tête la première, quitte à ne plus en revenir.

En conclusion,  Mourir, la belle affaire est un polar étonnant et différent par son mode de narration réussi et déroutant au premier abord. On découvre les méfaits de la corruption, de la mort et de la fête dans une ville comme celle de Quito.  Un roman que je conseille aux fans de polars qui souhaitent découvrir d’autres paysages tout en gardant les délices d’une intrigue sombre et moderne.

Dans le même genre: Mala Vida de Marc Fernandez.

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3 réflexions sur “Critique #016 – Mourir, la belle affaire ! de Alfredo Noriega

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