Critique #029 – Les petites filles de Julie Ewa

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C’est dans le cadre de mon partenariat avec Livre de Poche, que j’ai pu avoir la chance de découvrir ce thriller qui me faisais envie depuis l’annonce de sa sortie en poche. Les petites filles présente un pan méconnu de l’histoire chinoise sur le plan politique et social, qui s’y aventure avec violence et émotions de par la force de ses personnages.

Les petites filles est le premier roman de l’auteure alsacienne Julie Ewa, née à Altkirch en 1991. Après avoir passé son bac, la jeune femme étudie la philosophie à la faculté de Strasbourg. Passionnée par l’écriture depuis son plus jeune âge, il lui faudra trois ans pour que Les petites filles voit le jour et soit publié chez Albin Michel en janvier 2016, avant une réédition en petit format chez le Livre de Poche en février dernier.

Dans cette histoire, l’auteure s’aventure sur le terrain épineux et difficile du trafic d’enfants, et plus particulièrement celui des petites filles victimes de la politique de l’enfant unique en Chine mise en place par le gouvernement en 1979, pour entraver la surpopulation. Dès la première page, Julie Ewa nous emporte dans un pays que l’on ne connaît pas forcément, et qui est à dix mille lieux de ce qu’est la société occidentale. C’est à travers des personnages féminins forts comme Lina, jeune étudiante de Paris venue étudier dans le pays, ou encore Sun Tang dont le récit se déroule en 1991 que l’on aborde l’histoire. Contacté par le biais de Thomas membre d’une ONG, Lina va accepter d’enquêter sur une disparition inquiétante qui trouve son origine quelques années en arrières.

De sa plume fine et directe, Julie Ewa nous percute de ses mots sans prétention aucune et qui forcément marquent. Le sujet étant plutôt sensible et malheureusement toujours d’actualité, il est difficile de ne pas rester insensible à certaines situations. Quelques images décrites par l’auteure peuvent venir à déranger les plus sensibles, tant elles sont criantes d’une vérité que nous occidentaux ne comprenons pas. Les scènes du quotidien des femmes du petit village reculé de Chine, dont San Lu fait partie, nous permettent d’avoir encore plus d’empathie envers elles. 

Le suspens est présent du début à la fin, ce qui rend le livre impossible à lâcher. On veut absolument en connaître la fin, et savoir si Lina ressortira indemne physiquement et/ou mentalement de cette enquête dangereuse. Ce dernier point m’amène à l’unique reproche que je peux faire à ce roman. En effet, il est difficile de croire que Lina, simplement venue étudier dans lepays, accepte sans trop de protestations de mener une mission au péril de sa vie. Certes, elle aime aider les gens et le fait depuis de nombreuses années à Paris, mais de là à se jeter dans la gueule du loup … c’est une autre histoire.

 » Depuis des millénaires, les Chinois pensent que les hommes ont plus de valeur que les femmes. Surtout, un fils perpétue la lignée, il restera auprès de ses parents et prendra en charge leurs vieux jours . A l’inverse, les filles mariées s’en vont vivre avec leur belle-famille. « 

Outre ce (léger) défaut, la construction du récit est bien exécutée, et l’écriture fluide de Julie Ewa arrive à placer ce sujet difficile (l’auteure a passé un mois là-bas) comme l’un des meilleurs thrillers de ces dernières années. La jeune auteure jongle habilement avec le choix des mots sans tomber dans la faciliter ou dans l’exagération en nous inondant de détails intitules, ce qui n’est pas forcément facile à faire avec un tel sujet.

En conclusion, pour un premier roman Julie Ewa esquisse un sans faute, et arrive à traiter d’un sujet plus que délicat de façon naturelle. Les petites filles est une véritable fresque d’un pays et de femmes en mal et soumis à plusieurs niveaux. Captivant, émouvant et cruel, Les petites filles monte en crescendo jusqu’à un final que l’on ne voit absolument pas venir. C’est donc un véritable coup de cœur que j’ai eu pour ce bouquin, et que je ne peux que recommander. 

Merci encore à Anne du Livre de Poche pour cette magnifique découverte.

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6 réflexions sur “Critique #029 – Les petites filles de Julie Ewa

  1. Je le considère davantage comme une sorte de docu-fiction sur les conditions des femmes en Chine que comme un thriller. Je l’ai terminé il y a quelques jours et sa lecture m’a marqué, même si j’avais maintes fois entendu parler des ravages causés par la politique de l’enfant unique. La fin reflète la noirceur du récit et fait froid dans le dos. Je suis contente que tu aies parlé de ce roman car on ne le voit que trop rarement sur la blogosphère.

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