Critique #046 – Ce que tu veux de Sabine Durrant

TITRE PAGE (3)
Les thrillers psychologiques sont de plus en plus nombreux dans les librairies, pour le plus grand plaisir des aficionados. Ce que tu veux rejoint la palette tout en possédant son propre charme pour se démarquer du reste. Connait-on vraiment les personnes qui nous entourent ? Pouvons-nous tout accepter par amour ? Deux questions, et une ribambelle de réponses.

 

Achetez Ce que tu veux sur le site de Le Livre de Poche ou sur Amazon.

MERIC AU LIVRE DE POCHE POUR (5)

Merci à Anne pour ce service presse livresque de qualité


Ce que tu veux est signé Sabine Durrant, ancienne directrice littéraire britannique du Sunday Times, qui a également travaillé au sein de la rédaction du Guardian. Elle vit actuellement dans le sud de Londres avec son mari et ses trois enfants, et ce consacre pleinement à l’écriture. Ce que tu veux est son premier roman publié en France aux éditions Préludes puis au Livre de Poche. En mai dernier paraissait Dis-moi que tu mens (Lie With Me en VO) un autre thriller aux éditions Préludes.

Dans Ce que tu veux, on suit le personnage de Lizzie, une jeune femme qui a perdu son mari – Zach – dans un accident de voiture il y a un an. Après s’être rendu sur les lieux de l’accident pour y déposer quelques fleurs, la jeune femme va découvrir que quelqu’un d’autre est passé par là récemment. Surprise, elle y trouve un bouquet de fleurs et un mot signé Xenia. Mais qui est-elle ? Autant dire tout de suite que Lizzie n’en a pas la moindre idée. Son mari la trompait-elle ? Lui cachait-il quelque chose comme une double vie ? En dehors de la multitude de questions qu’elle se pose, la veuve ne peut s’empêcher de se sentir épier, et de constater que certains objets semblent se volatiliser. Ni une ni deux, Lizzie va mener l’enquête pour trouver les réponses à ses questions, et chercher à savoir qui était réellement son mari.

On est ici en présence d’un thriller dans la même veine que La fille du train de Paula Hawkins ou Les Apparences de Gillian Flynn. D’entrée de jeu, l’auteure prend un malin plaisir à parsemer au fil des pages la dose de suspens requise dans ce genre. La narration alterne moments au présent raconté par Lizzie, et moments dans le passé qui permet de présenter le point de vue de Zach. Avec ce dernier on découvre la rencontre entre les deux, le début de leur romance, les hauts et les bas, jusqu’au moment du mariage. Plus on lit les chapitres, plus certaines choses et détails commencent à devenir plus clairs, ce qui permet au lecteur de toujours se sentir concerné et d’avoir envie de connaître la suite. À travers les souvenirs de l’un et l’enquête et questions de l’autre, on est confronté à un couple presque fusionnel, voire trop. Ce genre de relation ne donne jamais rien de bon… entre manipulations narcissiques, jalousie, et peur de l’abandon, les rebondissements sont nombreux et n’ont de cesse d’aller en crescendo.

On peut aimer et détester quelqu’un. En même temps. Avoir tellement pitié de lui que c’est comme un coup de poing dans le ventre et lui en vouloir au point d’avoir envie de le frapper. Il peut être la meilleure chose qui vous soit jamais arrivée et la pire. On peut vouloir le quitter bien que le souvenir de sa peau, de la pression de ses doigts sur vos côtes vous coupent le souffle, même un an après.

Le style de Sabine Durant est agréable, compréhensible, fluide et arrive à instaurer une certaine angoisse. Je me suis parfois demandé si Lizzie n’était pas tout simplement folle… J’ai trouvé que son personnage n’était pas des plus attachants de par sa docilité, mais j’ai quand même éprouvé de la compassion envers elle. Si la narration n’a rien d’inédit, j’ai trouvé que l’approche psychologique était rudement efficace. Du coup, ma lecture a été vraiment intéressante.

Après, oui, il est clair que l’histoire rappellera forcément le livre de Gillian Flynn, mais j’ai trouvé que Durrant était un chouia plus convaincante que Flynn. Comme toujours il est flagrant de constater que l’on ne connaît jamais vraiment quelqu’un, même en partageant sa vie H24. Comme pour dans La fille du train, j’apprécie toujours autant de suivre des personnages à la psyché compliquée ou brisée, ce qui est le cas ici. La relation entre Lizzie et Zach semble des plus banales aux yeux de tous, alors qu’elle cache bien des secrets. Dans le récit on constante aussi que l’auteure met l’accent sur l’amour et ce que l’on peut accepter (de subir) au nom des sentiments et de l’autre. Comme souvent, les choses s’emmêlent les pinceaux, ce qui fait que le lecteur se retrouve à se poser de réelles questions sur la santé mentale de ces personnes. Personnellement, j’aime quand mon esprit ne sait plus à quel saint se vouer en lisant un thriller. Bien entendu, le tout reste compréhensible et devient de plus en plus logique au fil des pages qui se tournent toutes seules.

En conclusion, Ce que tu veux est un bon thriller agréable à lire, dont la relation du couple de protagonistes est compliquée, artificielle presque, mais très prenante psychologiquement. On y découvre les dérives de l’amour – ou ce qui y ressemble – des sentiments et insécurités que cela amène. Le style est efficace et accrocheur et ravira les amateurs de thriller psychologique comme moi. Un bon moment angoissant idéal pour les soirées hivernales. Sans titre 18Copie de infos (2)

5 réflexions sur “Critique #046 – Ce que tu veux de Sabine Durrant

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s