Critique #047 – Le tribunal des âmes de Donato Carrisi

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Après avoir secoué le monde du thriller avec Le chuchoteur, Donato Carrisi a continué à distiller son style en évoquant la ville de Rome, le bien, le mal, la corruption, le lien avec Dieu mais aussi en présentant des personnages aussi efficaces que bien construits. Le tribunal des âmes est un thriller aux nombreux rebondissements et au fil rouge multiple. 

 

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Donato Carrisi possède de multiples casquettes puisqu’il est non seulement romancier, mais aussi journaliste, dramaturge et scénariste. Né dans la province de Tarente, en Italie, Carrisi est juriste de formation spécialisé dans la criminologie et sciences du comportement. En 1999 il s’oriente vers l’écriture de scénarios pour la télévision mais aussi pour le théâtre. Son premier roman, Le chuchoteur, est directement inspiré de sa thèse sur un tueur en série italien, Luigi Chiatti alias le monstre de Folgiono, qui en 1992 assassina deux petits garçons de 4 et 13 ans. Actuellement il purge une peine de prison de 30 ans. Le Chuchoteur est donc son premier roman qui parut en 2009 et en 2011 au Livre de Poche. Ce roman donnera naissance à une saga littéraire qui met en scène Mila Vasquez, une experte dans les affaires d’enlèvement. En Italie, le livre se vendra à plus de 200 000 exemplaires, a remporté plusieurs prix et est édité dans douze pays. En 2013 paraît le deuxième titre, L’écorchée. Mais deux années avant, l’auteur se lança dans une nouvelle série mettant en scène un duo atypique Marcus et Sandra. Le tribunal des âmes en est le premier volet, suivit en 2014 de Malefico

La trame de Le tribunal des âmes se déroule à Rome, où Marcus un homme sans passé possède des qualités particulières. Il est capable d’analyser une scène de crime de façon unique et arrive toujours à y déceler des indices. Un an avant que ne débute le roman, Marcus est grièvement blessé et perd la mémoire. Depuis, il n’a de cesse de se demander comment il a développé ce « don » et pourquoi il est bien le seul à pouvoir élucider les crimes les plus mystérieux. C’est le cas pour celui d’une jeune étudiante, Lara, qui a été kidnappée. Le deuxième protagoniste est Sandra, une enquêtrice photo pour la police scientifique qui a perdu son mari photographe tombé du haut d’un immeuble. Sans raison particulière autre que le destin, les deux vont amener à se croiser devant le tableau Le Martyre de Saint Matthieu, un tableau de Caravage.

Le tribunal des âmes est le premier roman que je lis de cet auteur, même si je possède ceux que j’ai mentionné plus haut. Je l’avais commencé au printemps dernier, mais l’avais mis de côté  jusqu’à maintenant où je me suis enfin décidé à le terminer. D’entrée de jeu, je dois vous dire qu’il faut être très attentif durant la lecture, puisque la multitude d’intrigues sont parfois complexes et qu’il possible de s’en mêler les pinceaux… Le début du roman se concentre sur un autre personnage, Monica une interne en médecine appelée en urgence chez un homme qui a fait un malaise cardiaque. La jeune femme va vite se retrouver prise entre deux feux quand elle découvre un détail qui lui rappel le kidnapping et l’assassinat de sa sœur… Elle va alors devoir choisir entre sauver celui qui pourrait avoir tué sa sœur ou bien lui venir en aide. Ici, l’habilité scénaristique de Carrisi se démarque tout de suite, puisqu’on va vite découvrir que cette première scène est en lien direct avec le reste des intrigues, qui va voir nos deux héros se rejoindre.

La joie de la femme contrastait avec les lamentations qui provenaient des chambres des patients. En passant, le chasseur jeta un coup d’oeil à l’intérieur. Leurs occupants n’avaient plus rien d’humain. Les visages aussi blancs que leurs vêtements, le crâne rasé à cause des poux, sous l’effet des sédatifs, ils erraient nu-pieds, se cognant les uns aux autres comme des épaves à la dérive, chacun avec son bagage d’angoisse et de poison pharmaceutique. D’autres étaient attachés par des sangles en cuir à des lits trempés de sueur. Ils se démenaient en hurlant avec la voix des démons. Ou bien ils restaient immobiles, attendant une mort qui tardait. Il y avait des vieux qui ressemblaient à des enfants, ou peut être des enfants qui avaient vieilli trop vite.

Alors, je ne sais pas si l’auteur s’y prend de la même manière pour ses autres romans, mais apparemment de ce que l’on m’a dit c’est le cas. On est tout de suite emporté dans un méli-mélo de suspens, d’interrogations où le fil rouge se multiplie au fur et à mesure. Si une cacophonie est vite arrivée, Carrisi arrive à garder l’attention du lecteur en y insufflant ce qu’il faut de mystère et d’indices pour que l’on est envie de comprendre le schmilblick. Les personnages sont très bien développés, et même Marcus possède ses failles. Il est fascinant de voir comment il fonctionne pour comprendre les crimes que se sont déroulés il y a quelques heures ou des jours avant ! Il m’a très fortement fait penser à Monk, un personnage de fiction que j’affectionne particulièrement. Dans son travail, l’enquêteur est accompagné de Clemence un personnage que j’ai trouvé très sympathique et qui semble souvent servir de béquille à Marcus.

L’écriture de Donato Carrisi est fluide malgré la complexité de l’histoire, c’est accrocheur et percutant. On remarque très vite que l’auteur possède des compétences dans la science du comportement puisque ses personnages sont plus facilement reconnaissables à leurs caractères et psychologie qu’à leur physique. Il reste assez évasif sur l’apparence de certains, ce qui peut déstabiliser le lecteur puisque l’histoire regorge de personnages et que les récits s’entremêlent. C’est pour cela que je mentionne plus haut qu’il faut être attentif à chaque mot et scène décrite. Si dans un premier temps cela est difficile, on se prend très vite au jeu comme si nous aussi nous enquêtions.

Concernant le scénario il est important de noter que l’auteur s’amuse à nous mener plusieurs fois vers une piste, puis une autre, jusqu’à ce que le doute s’installe. Personnellement, j’aime quand un thriller me fait réfléchir et arrive à capter mon attention. J’ai également aimé en apprendre plus sur le passé historique de Rome, sa société secrète, sur les hommes qui l’on construite juridiquement, etc. Il est également question du bien et du mal, et de la frontière souvent floue entre les deux. 

En conclusion, Le tribunal des âmes est un thriller efficace, complexe et fascinant en de nombreux points. Néanmoins, il souffre quelque peu des multiples intrigues qui viennent embrouiller la lecture, et perdre le lecteur. Un véritable puzzle se forme sous nos yeux, dont chaque pièce est capitale pour achever le livre sur une fin bluffante. 

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Powell industries (7)

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