Critique manga #009 – 7th Garden tome 1

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Depuis la nuit des temps, les anges et les démons font partie de l’imagerie populaire. Que ce soit dans les écrits et représentations bibliques, les histoires ne cessent de nous peindre ces êtres supérieurs comme les messagers du bien et du mal. Que l’on y croit ou non, ces êtres continuent d’alimenter la culture populaire. Du roman (Hush, Hush) au grand écran (Legion), en passant par la télévision (Supernatural) et les mangas, on n’a pas finit de voir des ailes et des cornes défiler sous nos yeux. Si les anges représentent le bien, 7th Garden pose la question de savoir qui est le plus dangereux entre les ailés et les damnés.

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Lire un extrait du tome 1

7th Garden est une série toujours en cours au Japon, écrite par Mitsu Izumi dont Delcourt /Tonkam vient de publier les deux premiers tomes. Izumi est une mangaka de 28 ans qui a vu sa carrière débuter en tant que dessinatrice sur Ano Hana, une histoire en trois tomes, chez Panini Manga. 7th Garden est donc la première série d’Izumi dont elle en écrit le scénario et dessine les planches.

L’histoire se déroule en l’an 718 dans un royaume où la célébration de Dieu et la crainte des démons existent. Pour protéger la population, il existe une armée de chevaliers dont le mot pitié ne fait pas partie de leur vocabulaire, chargée de mener des purges dans les villages. Le premier protagoniste que l’on rencontre est Awyn Gardner, un jeune jardinier qui fait partie des nombreux domestiques de Maryfield Hacki. Un jour en chassant une bête qui terrorise le village, le garçon va littéralement tomber littéralement dans un trou où sommeil une belle jeune femme emprisonnée dans du lierre. Telle une princesse endormie, elle se réveille mais aucun conte de fées ne va naître de cette rencontre. Non, la femme en question est en réalité un démon du nom de Wyrde. Et alors qu’une purge se déclenche dans le village du jeune homme, Wyrde va lui proposer de s’allier $ elle en échange de son âme, pour que Awyn puisse sauver la seule personne chère qui lui reste dans la vie…

Depuis toute petite, j’ai toujours adoré les récits qui mêlent anges et démons, de batailles entre le bien et le mal, parce que j’ai l’intime conviction que l’être humain possède une noirceur en lui, et qu’il suffit d’une situation ou sentiment pour que l’on oublie que l’on est bon. Il est facile de succomber à ses propres démons. Alors quand je me suis retrouvée en face de 7th Garden je l’ai pris par curiosité tout en me méfiant. Oui, souvent les histoires d’anges et de démons ne sont pas toujours des réussites. Je pourrais citer comme exemple le film Legion (2010), mais aussi le roman Hush Hush de Becca Fitzpatrick. Je ne savais pas à quoi m’attendre, et même à être déçue, Mais il n’en fut rien !

Non, ce premier tome de 7th Garden a réussi à retenir mon attention petit à petit, jusqu’à finir en apothéose sur un cliffhanger frustrant tant je veux en connaître la suite. Le récit pose les bases d’un univers Dark Fantasy qui arrive très vite à se démarquer de par les thèmes qu’il aborde comme celui de la religion. Ce dernier n’est pas qu’une trame de fond puisqu’il vient nourrir les personnages et les nombreux retournements de situations qui défilent durant la lecture. Il est intéressant de remarquer les similitudes entre cette religion ultime qui cherche à imposer ses choix et visions au peuple et les actions de certains dans le monde au nom d’une religion. Combien de fois nos ancêtres n’ont pas mené des guerres au nom d’un quelconque Dieu ? Beaucoup trop souvent. Ici, la mangaka propose de nous remettre en questions Est-il juste de ne porter en vénération qu’une seule religion, et d’imposer ses convictions aux autres ?

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En dehors des questions qu’elle apporte sur notre perception de la religion, la force du récit se situe aussi dans ses personnages. Si je m’attendais à tomber sur un Awyn plutôt imbus de lui-même de par la présence qu’il dégage dès les premières pages. Je me  suis finalement retrouvée face à quelqu’un de profondément tourmenté par son enfance marqués par des abandons successifs. Mais face aux autres, Awyn garde un visage jovial, laissant ses démons intérieurs ronger son cœur et son âme. J’ai été très touché par sa loyauté et affection envers sa maîtresse Maryfield. On remarque une grande nuance entre sa façon de s’adresser aux autres et à la jeune femme qu’il porte en adoration. C’est évident, et il le dit bien que c’est le seul être cher qu’il a encore dans sa vie. Il est donc totalement logique que face à l’idée de la perdre il se n’hésite pas à pactiser avec le démon. Wyrde est encore très mystérieuse. Tantôt sournoise tantôt frivole, elle est à la fois douce et dangereuse, telle les épines d’un rosier. Elle est également habitée par une profonde haine et soif de vengeance qui va, en s’alliant physiquement et mentalement à Awyn, pousser le jeune homme jusqu’à ses retranchements. J’ai trouvé leur lien très bien amené et crédible. C’est à la fois mystique et troublant de les voir ne faire qu’un. Je pourrais encore parler du reste des personnages, mais dans ce premier tome peu de choses ont filtré mais j’ai pu apercevoir des bribes de caractères très intéressants que j’espère découvrir davantage dans la suite.

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Passons aux dessins qui sont typique du genre Dark Fantasy, mais qui sont très abouti. Alors, je ne suis pas allée voir le travail de Izumi sur Ano Hana mais ici, je me suis prise une bonne claque. C’est efficaces, très dynamique, et les scènes d’actions sont superbement retranscrites et lisibles ! Le charadesign est très bon, les expressions des visages sont convaincantes et touchante. Si je devais émettre une critique se serait celle du physique des anges et démons femelles… pourquoi une poitrine aussi prédominante ? J’ai eu  l’impression de voir les poitrines du comics Witchblade de chez Top Cow. Même après quelques cases cela reste assez troublant, presque dérangeant. Surtout que je croyais que c’était uniquement Wyrde qui était dessinée comme ça, alors que non. Néanmoins, la suite des dessins est cohérente, et les décors sont riches sans user de détails qui viendraient alourdir le tout. Sans oublier que les décors sont riches sans user de détails qui viendraient alourdir la lecture. Surtout les premières pages  en couleurs qui sont magnifiques.

Pour terminer, petit mot aussi sur l’édition de Delcourt Tonkam dont la couverture sied à merveille aux illustrations de couvertures. Le manga se tient très bien en main, et est très bien édité.

En conclusion, ce premier tome de 7th Garden m’a totalement convaincue de par son scénario prometteur, dont les nombreux rebondissements et scènes d’action donnent une dynamique efficace au récit. Les dessins sont très bons malgré mon avis sur les « boobs ». Pour un premier manga en solo, Mitsu Izumi s’en sort aussi bien que les mangakas présents depuis plus longtemps dans l’industrie. C’est bien pensé, frais, moderne avec une touche de classique et très bien illustré. Une très bonne surprise donc, qui je le souhaite continuera de me faire passer un excellent moment en compagnie des démons qui ne savent plus vers quel saint se vouer.  18blancInfos BD (7)

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