Critique #050 – Les Brillants de Marcus Sakey

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Le Meilleur des Mondes de Aldous Huxley voyait la science-fiction modifier notre monde afin d’offrir à l’homme un autre futur. Les « sauvages » étaient cantonnés dans des réserves, tandis que s’élevait une nouvelle espèce in vitro, les Alphas. Les Brillants en reprend le concept et le pousse encore plus loin. Quand la brillance d’êtres « anormaux » devient légion, la probabilité de tomber sur un être diabolique est aussi grande que la statue de la liberté.
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Les Brillants (Brillance en VO) est le premier tome d’une trilogie écrite par Marcus Sakey, un Américain né dans le Michigan en 1974. Entre 1992 et 1996 il fait des études supérieures en communications et en sciences politique à l’université, avant de travailler dans une entreprise de conception graphique à Atlanta. Il passera quinze ans dans le milieu de la publicité et du marketing, se marie et part s’installer avec son épouse à Chicago. Il passera l’année suivante  étudier pour décrocher une maîtrise de spécialisation en création littéraire. En 2007, sort son premier roman Désaxé (The Blade Itself) disponible chez Le Cherche midi. Cinq autres romans indépendants sortiront entre 2008 et 2011. Mais c’est avec Les Brillants qu’il se fit une plus grande place parmi le milieu littéraire, dont les droits d’adaptation au cinéma ont été achetés par Legendary Pictures pour 1.25 millions de dollars. Malheureusement, le projet comptant Will Smith au casting ne se fit jamais, ce qui permit à Sakey de récupérer les droits de son histoire, qu’il développa en trilogie dont les suites s’intitulent Un monde meilleur et En lettres de feu.

L’histoire de ce premier tome, que je vous propose de découvrir, est un thriller policier, ou polar si vous préférez, se déroulant dans plusieurs endroits des États-Unis. Dans ces lieux existent des personnes dotés de certains dons exceptionnels qui leur permettent, par exemple, de voir en un clin d’œil les secrets les plus sombres de chacun, ou encore de devenir invisible. Ces êtres sont appelés les Brillants, et depuis les années 1980, 1% de la population naît avec ces capacités que personnes ne peut expliquer. Nick Cooper en fait parti. Cet agent fédéral possède le don de pouvoirs traquer les terroristes. Et il a pour mission de capturer le Brillant le plus dangereux du pays, qui tente de provoquer une guerre civile entre les « normaux » et les « surdoués ».

Des êtres dotés de capacités extraordinaires qui vivent au milieu des humains ? Hm, cela rappelle grandement les X-Men de chez Marvel. Mais je vous arrête tout de suite, c’est bien le seul point commun qui existe entre les deux univers. Les Brillants part d’une similitude à un autre récit, mais arrive à proposer un univers tout aussi riche et puissant que celui des mutants, et ce pour plusieurs raisons. La première réside dans son protagoniste principal, Nick, qui travaille depuis des années pour le DAR (Département Analyse et Réaction) appartenant au gouvernement chargé de traquer ceux qui ne sont pas « normaux. » et hors de contrôle. Convaincu d’être du bon côté de la barrière et de protéger le peuple, Nick va très vite voir ses convictions remises en question quand il se retrouve à poursuivre le terroriste « brillant », John Smith. Ce dernier prépare avec l’aide d’autres Brillants une attaque sans précédent qui n’épargnera personne. Ne pouvant compter sur ceux qui l’emploient, Nick va passer dans la clandestinité afin de remonter la filière et trouver des réponses à ses questions.

– C’est comme demander pourquoi un Blanc marcherait au côté de Martin Luther King. J’apporte mon aide parce que c’est la chose juste à faire. Les Brillants sont des êtres humains. Ils sont nos enfants, nos frères et sœurs, nos voisins. Vous voulez les étiqueter, les traquer et les exploiter. Et ceux que vous ne pouvez pas contrôler, vous les tuez. Voilà pourquoi.

Ce qui fait le charme du personnage de Nick, est le fait qu’il a lui aussi des faiblesses malgré ses capacités. Père de famille divorcé, Nick ne trouve refuge que dans son travail car il est convaincu que ce qu’il fait est juste pour le futur de ses enfants. Pour l’épauler il peut compter sur Quinn, ami loyal et professionnel. Mais comme dans tout bon univers de « super-héros » il existe non seulement un ennemi (Smith) mais aussi un rival. Ce dernier porte le nom de Dickinson, et est agent tout comme Nick. Lui, je vous le dis direct, il est insupportable et on a souvent envie de lui en coller une. Son objectif ? Devenir le meilleur et éliminer Marcus… quitte à ce que cela se fasse dans le dos de ce dernier. J’ai aimé découvrir le fonctionnement de l’agence, et surtout de voir travailler Nick au quotidien. Si on peut penser que cela peut s’avérer vite ennuyeux, il n’en est rien. Marcus Sakey réussit à enrichir son récit par des questions très pertinentes.

Par exemple, que ferions-nous si un tel monde alternatif au notre existait ? Imaginez, un monde où un évènement aussi effroyable et marquant que le 11 septembre n’a pas eu lieu, où la plupart des guerres actuelles n’existent pas, et où les gens ont une confiance totale en la justice et la politique. Cela relève de l’utopie, je conçois. Mais il est extrêmement intéressant de voir que quelque chose comme l’homophobie n’existe pas, et que personne n’a peur de son voisin. Et ne parlons même pas de la technologie qui tient une place aussi importante que les personnages de l’histoire. Sur de nombreux points et questions, le roman s’inspire clairement de Le Meilleur des Mondes de Huxley, qui reste le roman de référence sur la conception d’une humanité « perfectionnée » à l’extrême.

On découvre très vite que les choses ne sont pas aussi fiables, à la manière de la série d’animation Psycho-Pass où le gouvernement n’est pas blanc comme neige. Le récit comporte tout de même quelques petites faiblesses, comme certains éléments sur les personnages trop caricaturaux à mon goût (les X-Men le sont aussi hein…), et quelques longueurs ici et là viennent freiner l’action. Mais même si le scénario reste classique, les rouages qui font fonctionner l’ensemble ont réussi à me captiver dès le début

En conclusion, Les Brillants propose un récit fort en tension qui ne laissera pas les amateurs de thrillers/polars et de science-fiction indifférents face aux multiples rebondissements. Si vous aimez les X-Men mais êtes allergiques aux costumes de spandex et autres, alors l’univers plus « réaliste » de Marcus Sakey devrait vous plaire. 

17Infos roman (4)

2 réflexions sur “Critique #050 – Les Brillants de Marcus Sakey

    • Au plaisir! C’est un univers très bien construit, et si en plus tu aimes les sortes de gros complots ou les enquêtes complexes, cela devrait te plaire! Essaye déjà l’extrait, moi c’est ce qui m’a convaincu de me le procurer^^

      Aimé par 1 personne

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