Critique #051 – L’Ancre des rêves de Gaëlle Nohant

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Depuis la nuit des temps, la mer et les océans dissimulent bien des mystères que l’homme tente de percer à jour, quitte à en oublier que la nature prime sur nous. Ces grands espaces noirs et glacials regorgent de créatures et de légendes ancestrales qui voguent de génération en génération. L’ancre des rêves mêle habilement le royaume de la mer, les côtes bretonnes et l’univers des rêves…. ou plutôt des cauchemars. Munissez-vous de votre anorak le plus résistant et venez déterrer les secrets de la famille Guérindel.
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MERIC AU LIVRE DE POCHE POUR (5)

Merci à Anne de m’avoir fait voguer sur les flots de la mer déchaînée 


Gaëlle Nohant est une écrivaine française née à Paris, et ayant fait des études de Lettres. En 2007 sort son premier roman L’Ancre des rêves qui bénéficie ici d’une réédition chez Le Livre de Poche. Nohant est connue pour son deuxième roman La Part des flammes ayant remporté le prix des lecteurs de Le Livre de Poche en 2016. Son premier roman a également été récompensé par le prix Encre Marine. Elle vit actuellement à Lyon.

L’ancre des rêves a pour décors un petit village de la côte bretonne où chaque nuit les quatre garçons de la famille Guérindel sont en proie à d’effroyables cauchemars qu’ils se gardent de raconter à leurs parents. Étrangement, la mère Enogat, ayant une peur bleue de l’eau a toujours interdit à ses enfants de s’en approcher. Est-ce simplement pour les protéger danger que peut représenter cet mer noircie ou bien pour autre chose ?

Cette histoire qui pourrait parfois rappeler Moby Dick de Herman Melville mélange une multitude de genres allant de la simple histoire contemporaine au thriller, en passant par les légendes oubliées. Ici, on suit le quotidien des enfants Guérindel – Benoît, Lunaire, Guinoux, Samson – se livrent et se racontent mutuellement les peurs qui viennent les hanter pendant leur sommeil. Le plus grand de la fratrie n’a de cesse d’user de stratagème pour repousser l’heure du couché tant il veut échapper à ses terribles nuits qui viendront inévitablement gâcher sa nuit et celles de ses frères. Parmi les songes des petits, il y a ceux de Lunaire qui se voit emporté par les eaux noires avec pour seul témoin un trois-mâts lugubre hanté par ses hommes et son capitaine monstrueux. Même le petit Samson n’échappe pas à ses moments douloureux.  À chaque réveil les yeux des enfants sont remplis de fatigue, de peur et de résignation. Mais Lunaire, lui, se souvient de bribes de ses rêves et d’un nom : Morvan. Lasse et à bout, Lunaire va tenter, avec l’aide d’anciens du village, de percer le mystère qui entoure le danger de la mer pour ainsi effacer ses nuits troubles. 

Bien sûr les frères désiraient en secret s’approcher du roulis, sentir la langue brûlante des vagues à leurs chevilles, perdre leurs regards dans l’immensité turquoise, émeraude, marbrée d’algues tentaculaires. (..) La mer ne régnait pas seulement sur leurs nuits, elle était à la barre de leurs fantasmes adolescents.

Avec ce livre, le lecteur n’est pas non plus épargné puisque les descriptions des cauchemars des enfants sont si imagées que l’on s’en retrouve l’échine glacée. La plume de Gaëlle Nohant y contribue grandement. Son style très imaginaire arrive à s’enlacer avec la réalité, rendant les moments de l’inconscient encore plus vivant, poétique et sombre. L’atmosphère que dégage le récit est hypnotisant, comme les contes fantastiques que l’on aime lire. 

En conclusion, L’ancre des rêves est un conte fantastique écrit avec passion où les secrets de famille finissent toujours par vous rattraper. Entre mystère et l’univers décadent du rêve, Gaelle Nohant réussit à nous faire vivre son histoire à travers ces enfants qui représentent l’innocence entachée par les choix des adultes. Une lecture qui vous prendra dans les mailles de ses filets pour ne jamais vous lâcher.

17Infos roman (5)

 

 

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2 réflexions sur “Critique #051 – L’Ancre des rêves de Gaëlle Nohant

    • C’est très beau. Je le compare à Moby Dick de part les images que l’on a en têtes après les chauve mars des enfants. Ça parle beaucoup de la mer et de son côté mystique. Je ne connaissais pas la plume de l’auteure même si La part des flammes à été un coup de cœur pour beaucoup de lecteurs.

      Aimé par 1 personne

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