Critique anime #004 – Les Enfants Loups

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Si en ce lundi j’ai décidé de vous parler de cet anime c’est pour deux raisons : La première est qu’il se doit d’être vu par petits et grands, et la deuxième parce que malheureusement la mangaka en charge des dessins de la version manga, est décédée ce weekend des suites d’une insuffisance cardiaque survenue en juillet dernier. C’est donc le cœur lourd que je vais vous parler de cette œuvre.

 

Cet article est en hommage à Yu qui m’aura fait rêver de par la beauté de ces dessins et son univers. Mes pensées vont à son mari, famille et proches. 

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Les enfants loups, Ame & Yuki est un film d’animation japonais réalisé par Mamoru Hosoda (La Traversée du temps, Summer Wars, Le Garçon et la Bête) également le scénariste du manga. En tant qu’animateur, Hosoda a participé à plusieurs séries devenues cultes depuis comme Dragon Ball Z, Slam Dunk et Sailor Moon. Par la suite il passera du côté de la réalisation avec deux films Digimon, un film dérivé de One Piece, avant de passer en free-lance pour les studios Madhouse. Il fut même pendant un temps missionné par le Studio Ghibli pour présenter un concept de leur film Le Château Ambulant, avant d’abandonner n’ayant rien trouvé qui plaise aux studios.  Les Enfants Loups verra le jour sur les écrans de cinéma, en 2012. Dès sa sortie, le film remporta un très large succès et reste encore aujourd’hui comme une référence en animation japonaise de qualité. 

L’histoire est celle d’Hanna (fleur) une jeune étudiante qui va tomber amoureuse à l’université d’un de ses camarades, Ookami. Lui, il est beau, grand, mince, discret et timide mais aussi attentionné. Pourtant, il porte un lourd secret : il est le dernier d’une race d’hommes-loups. Hanna, elle, elle s’en moque, elle l’aime comme il est. Mais quand l’élu de son cœur disparaît de façon brutale, Hanna va se retrouver seule à élever deux enfants à moitié loup et humain : Yuki (neige) et Ame (pluie). Afin de protéger ses enfants du regard des autres, elle décide de quitter Tokyo pour s’installer à la campagne aux abords d’une forêt aux multiples secrets.

Si le scénario commence de façon classique, à savoir par une histoire d’amour sur les bancs de l’école, il possède une beauté qui lui est propre et qui ne cesse de faire appel à notre côté nostalgique d’enfant. La suite elle ne va cesser d’explorer des thèmes tout aussi puissants que difficiles comme le deuil, l’abandon, ou encore des schémas de vie comme la famille monoparentale et toutes les complications que cela implique (le manque d’argent,…). Ici, Hanna se retrouve non seulement à devoir éduquer deux enfants, mais des enfants qui sont nés avec le génome loup de leur père.   

Durant le visionnage du film on est frappé par la beauté des scènes et par la cruauté de certaines. Le premier exemple qui me vient à l’esprit est la scène où l’on voit le père se faire repêcher par les éboueurs et jeté comme un vulgaire détritus sous les yeux d’Hanna. Il y aussi toute la phycologie de l’œuvre qui passe par divers degrés de lectures. La famille est un élément clé, avec la mère qui n’a de cesse de se sacrifier pour ses enfants et de vouloir leur inculquer des valeurs importantes. Les deux petits sont d’une nature que tout oppose. Yuki est turbulente et exubérante avec un appétit féroce, alors qu’Ame est plutôt discret, réfléchi et un très petit mangeur. Ces trois êtres vont devoir non seulement se construire mais aussi apprendre à s’intégrer au village sans que l’on ne soupçonne la nature des enfants. La question du partage est importante de par la bonté de certains habitants qui aideront la jeune mère, entre des échanges, l’apprentissage de la culture de la terre, etc. Il a aussi l’intégration des enfants dans le milieu scolaire qui ne sera pas des plus faciles, et qui apportera son lot de surprises et de peur. Les échanges entre Yuki et le jeune Sõhei – camarade de classe – sont sobres mais émotionnellement très parlant.

La particularité du scénario vient de la finesse de son écriture qui misent sur les émotions et l’apprentissage de la vie par les enfants-loups, qui ne cesseront de s’aimer et de se chamailler tant ils sont différents. L’un et l’autre grandisse avec leurs convictions, leurs rêves et espoir. L’amour vient aussi frapper à leurs petits cœurs, mais de façons bien distinctes. Chaque moment dégage une sensation différente, comme si plusieurs messages venaient s’entrechoquer pour n’en former qu’un seul dans notre esprit. Bien sûr, chacun aura sa propre pensée face à une même scène, et c’est ce qui fait l’intelligence du récit.

 

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Le message de la transmission et de l’héritage passe non seulement par le souvenir du père des enfants que possède Hanna mais aussi par toute une mythologie construire autour de la forêt et du loup. En effet, il suffit de regarder notre société actuelle qui a peur du loup au vu des dégâts qu’il peut engendrer dans un troupeau par exemple, ou encore de son image tirée des contes (Le Chaperon Rouge, Pierre et le Loup) mais aussi du mythe du loup-garou. Peur, dégoût et haine.

L’animation est d’une beauté et d’une douceur mettant l’accent sur la nature et les sentiments. Chaque objet et détail est décrit avec une précision étonnante, et la partie présentant la campagne et la forêt est à couper le souffle. C’est simple, on n’a de cesse de s’en prendre plein les yeux. Chaque dessin de Yoshyuki Sadamoto a été sublimé par la réalisation et le travail du Studio Chizu.  Le caradesign est extrêmement fidèle à celui du manga et les fans de l’œuvre papier ne pourront qu’aimer de voir l’histoire s’animer sous leurs yeux. Le côté innocent et joviales qui découlent des traits et de l’ensemble des dessins est en contraste direct avec la maturité des thèmes traités. 

En conclusion, Les Enfants Loups est une œuvre qui non seulement fera rêver petits et grands, mais qui les bouleversera aussi. Le vocabulaire utilisé est tout à fait compréhensible au jeune public, même si certaines scènes dramatiques pourraient bien en heurter. Et d’autres ne pourront retenir leurs larmes devant ce chef-d’œuvre de l’animation japonaise qui n’a rien a envier à leurs cousines américaines ou européennes. C’est puissant, somptueux et porteur de messages universels.

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Le film a été adaptée en manga (trois tomes) et en un roman. Chacun des ouvrage peut être trouvé chez Kaze

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5 réflexions sur “Critique anime #004 – Les Enfants Loups

  1. Il faut que le regarde. Cet animé a l’air sublime.
    Il n’y pas si longtemps, j’ai regardé « Your Name ». Une beauté.
    Ca m’a donné encore plus envie de visionner des animés 🙂

    J'aime

    • Your Name j’ai essayé le tome 1 en manga, et je n’ai pas vraiment accroché après deux chapitre.s Mais on ma conseillé de privilégié l’anime à sa version papier, et c’est ce que je vais faire. Oh Les Enfants Loups faut le voir, c’est beau malgré que ce soit un crève cœur.

      Aimé par 1 personne

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