Critique manga #015 – Given tome 1 et 2

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La musique fait partie intégrante de ma vie depuis ma plus tendre enfance. Elle ma forgée, acceptée et aidée. Alors, qu’en un média quel qu’il soit l’intêgre dans son écriture je suis toujours partante pour le découvrir. Parfois je suis déçue et parfois non. Après NANA, il y a plus de dix ans, c’est au tour de Given de me mettre une grosse claque et de me toucher au plus profond de mon âme. Mature, sensible, prenant sont les quelques synonymes pour décrire ce manga que je vous propose de découvrir.
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Merci à Guillaume pour cette découverte coup de cœur


Natsuki KIZU est une jeune mangaka née en 1992 qui s’est fait connaitre en 2013 avec son recueil (un dõjinshi) d’œuvres écrites reprenant les univers de Kuroko no Basket ou encore Haikyuu. La même année elle sort deux one-shots Yaoi intitulés Links et Yukimura Sensei to Kei Kun disponibles également chez Taifu Comics. Given est donc sa première histoire longue qui compte actuellement trois tomes au Japon et en France.

Dans Given on suit le quotidien ennuyeux et banale du lycéen Uenoyama qui après avoir tenté de trouver un coin tranquille pour piquer un roupillon, va se retrouver à apprendre à jouer de la guitare à Mafuyu. Cet amoureux de guitare et de basket ball va vite découvrir que sous son caractère effacé et solitaire, Mafuyu cache en réalité une profonde blessure que le temps ne semble pas arriver à guérir. Petit à petit, cet adolescent quelque peu perdu va s’intégrer au groupe de musique de Uenoyama et arrivera même à les éblouir de par son talent incroyable et bouleversant.

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© Natsuki Kizu 2014 Originally published in Japan in 2014 by SHINSHOKAN CO., LTD., Tokyo.

Alors, pour la petite histoire je dois vous dire que je n’avais pas l’intention de lire les deux tomes d’un coup en une seule soirée. Mais au fur et à mesure de ma lecture du tome 1, je me suis complètement investie dans l’histoire et dans l’univers musical de Given. À tel point que j’ai tout de suite enchaînée avec le tome deux quelques secondes après avoir refermé le tome 1. Si au départ, tout comme Uenoyama, l’air effacé et introverti de Mafuyu avait tout pour m’agacer, je suis finalement tombée en adoration devant lui. J’ai appris à le découvrir en même temps que les autres garçons du groupe, et qui eux aussi ont réussi à me charmer. Il est difficile d’expliquer clairement ce qui s’est passé avec ce manga, parce que cela a été un véritable coup de cœur.

Commençons d’abord par parler des personnages, sans évoquer Mafuyu. Nous avons donc Uenoyama guitariste de 16 ans vivant avec sa sœur. Ce dernier forme un trio composé deHaruki, 22 ans, et bassiste aux cheveux long et Kaji, 20 ans, batteur et leader du groupe. Chacun d’eux possède une personnalité bien distincte qui se ressent très nettement dans leurs comportements et façon de s’exprimer. Kaji étant le plus « adulte » mentalement et sur de nombreux autres points, ne manquera pas d’apporter de la sagesse aux situations. Kaji, lui, est plus enjoué et plus ouvert aux autres. À de nombreuses reprises le comportement des personnages, mais aussi l’univers et ambiance générale, m’ont rappelé NANA de Aï Yasawa. Alors comment ne pas avoir un coup de cœur pour Given ?

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À présent, parlons de l’ambiance générale. C’est un manga qui se veut mature traitant de thèmes douloureux comme le deuil et la difficile question de l’acceptation et de la culpabilité qui va avec. Mais aussi de l’amitié et de l’amour sans oublier la musique. Ces trois thèmes sont ce qui lie les sentiments et dialogues qui jonchent les pages de ces deux tomes. Il est impossible de ne pas être ébloui par la qualité des échanges, qui encore une fois m’ont fait penser aux fameux passages « Dis Nana, » qui débutaient (ou concluaient) le plus souvent les chapitres du manga de Yasawa. Le thème du deuil est toujours un sujet délicat à traiter car il peut être vécu de multiples façons. Ici, le manga arrive à l’ajuster de telle sorte qu’il st facile d’en comprendre les répercussions sur la vie des personnages concernés. Il n’est d’ailleurs pas nécessaire d’être une lumière en musique puisque les termes plus techniques sont expliqués à travers l’apprentissage de Mafuyu. La lecture n’est pas non plus dénué d’humour ce qui permet d’alléger le récit ici et là, en nous faisant sourire.

Le coeur est semblable aux cordes. Dans les moments trop durs et douloureux, ça fait mal comme si des cordes étaient tendues au maximum à l’intérieur de la poitrine, comme si elles étaient jouées jusqu’à leur limite. C’est parfois tellement fort qu’on se dit qu’elles sont devenues inutilisables. Pourtant, quelqu’un peut un jour les changer pour vous, en espérant que les blessures guérissent, ne serait-ce qu’un peu.

En lisant les deux tomes d’un coup on est frappé par les petites touches d’évolutions que la mangaka arrive à placer sans que cela ne paraissent précipités. L’arrivée de Mafuyu au sein du groupe va faire grandir chaque personnage en n’évitant pas de les secouer au passage. Uenoyama est celui qui en sera le plus affecté. Au fil des scènes et des dialogues, on en apprend un peu plus sur le passé de Mafuyu, qui d’un coup sans que vous ne le compreniez, vous touchera au plus profond de votre être. Je vous le garantis. Si le manga est un Yaoi sachez qu’il n’y a pas de scènes de sexe. Cela ne veut pas dire qu’il n’y en aura pas dans le futur, mais simplement que la mangaka a privilégié une histoire émotionnelle où les relations et sentiments se construisent à petits pas. Et très sincèrement, c’est ce qui encre encore plus ce récit dans notre réalité à nous. Vous pourriez très bien prendre les personnages et les remplacer par des filles, ou mixer les deux genres, les vécus et émotions seraient inchangés. Si je ne devais faire qu’un reproche au manga, se serait le fait qu’à certains moments durant le tome 1 je me suis sentie un peu perdu dans les nombreux échangent entre nos héros, mais cela n’a en rien gâché mon plaisir. D’ailleurs, ce ressenti ne s’est pas retrouvée dans ma lecture du tome 2, j’attribue donc cela au fait que l’on soit en train d’apprendre à connaître les personnages. 

Le coup de crayon de Natsuki Kizo se révèle efficace, fin et très beau. Les personnages sont reconnaissables et les expressions/regards qu’ils dégagent ajoutent de l’intensité. Durant les scènes de musique j’ai même eu l’impression de faire partie de la foule, où je pouvais ressentir les émotions que la mangaka a voulu faire passer. Les décors sont  l’image du reste : simple mais envoûtant. Comme pour mes précédentes lectures de chez Taifu Comics, l’édition est de qualité. La jaquette peut facilement se retirer pour ne laisser que la couverture mi rigide avec des illustrations bonus. La traduction de Margot Maillac est moderne, belle et compréhensible.

En conclusion, Given est un manga qui a su faire vibrer la corde de mon cœur avec ces personnages tendres et son univers musical très captivant. C’est visuellement réussi et doux, où l’on ressent la puissance des émotions. Une histoire universelle aux thèmes forts qui malgré le fait qu’elle n’en soit qu’à ses débuts n’a joué aucunes fausses notes à mes oreilles. Sans titre 3

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