Critique manga #018 – Bungô Stray Dogs tome 3 et 4

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L’univers de Bungô Stray Dogs mêle habilement le contemporain tout en intégrant des références littéraires du monde entier. Entre Sherlock, Christie et bien d’autres, l’équipe d’enquêteurs aux pouvoirs aussi surprenants que particuliers ne manquent pas d’humour, de sérieux et de réussite. 

 

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Ma chronique du tome 1 et 2

ototo

Merci à Guillaume de me permettre de continuer à enquêter auprès de nos détectives


Avant de vous donner mon ressenti sur ces deux tomes, faisons une courte présentation. Cette série est écrite par Kafka Asaigiri et dessiné par Harukawa 35. Au Japon, le manga est publié depuis 2013 et compte déjà treize tomes. Si le titre commence à se faire une petite place sur le marché français, sachez qu’au Japon le succès du titre n’est plus à prouver puisqu’il a eu le droit à une adaptation en anime de deux saisons, une OAV et qu’un film a été annoncé pour 2018.  

Après deux très bons tomes servant d’introduction à l’univers et aux personnages de Bungô Stray Dogs, le tome 3 se concentre plus sur les conflits et les scènes d’action. D’un côté nous avons la Mafia qui cherche toujours à capturer Atsushi pour « un gros poisson », et Dazai qui fait face à son passé bien particulier. Dans le tome 2 nous découvrions le personnage de Kyôka que Atsushi semble vouloir protéger face à la Mafia. En effet, cette dernière risque de ne pas être tendre avec elle puisqu’elle n’a pas mené sa mission à bien. La jeune fille assez discrète finit par se révéler un peu plus face à la gentillesse de notre tigre-garou, sans que l’on ne sache jusqu’au dernier moment si elle est digne de confiance ou non. Comme je l’ai dit plus haut les conflits sont assez nombreux que ce soit du point de vue moral et logique entre les membres de l’Agence ou ceux de la Mafia. On assiste ici à un parallèle intéressant qui met l’accent sur le fait que l’on soit au service du bien ou du mal, on connaît tous les mêmes déboires au niveau de la compatibilité de chaque membre.

Dans ces deux tomes, la galerie des personnages s’agrandit sans pour autant que le lecteur se ne sente inonder par trop d’informations. Au contraire, chaque nouvel arrivant apporte un attrait de plus au scénario qui ne cesse de montrer à quel point il a été pensé en amont. On notera l’arrivée de Chûya, l’un des meilleures membres de la Mafia mais qui possède des failles psychologiques. Mais les plus marquants de tous sont sans aucun doute ceux de la Guilde avec dans les rangs : Dame Agatha Christie, Fiodor Dostoïveski, et Francis Scott Key Fitzgerald qui sont de gros clins d’œil à trois des plus grands écrivains du monde de la littérature. Je dois dire que j’ai tout simplement adoré leurs arrivées et n’ait pu m’empêcher de sourire en les voyants.

Pourtant, même si ces personnages arrivent et vont très certainement devenir très prédominants, le mangaka n’a pas pour autant oublier les protagonistes présents depuis le début. J’ai été ravie de voir le patron slash directeur de l’Agence, Fukuzawa, qui montrera que malgré les conflits c’est toujours lui qui a le dernier mot. On assiste également à des flashbacks furtifs sur Dazai qui viennent légèrement éclaircir le mystère autour de son passé, et il me tarde d’en découvrir plus sur lui. Il y a aussi le grand méchant Akutagawa qui montrera sa noirceur et jalousie la plus profonde envers Atsushi et Dazai. Et si on entrevoit un élément de réponse, il se peut que la cause en soit plus grande.

Dans le quatrième tome, les scènes d’action et de combat ralentissent quelque peu pour laisser place à la psychologie et la découverte d’autres personnages. Nous avons d’abord Kenji, un jeune garçon issu de la campagne qui n’a jamais mis les pieds en ville et qui possède une grande naïveté. Son introduction apporte une grande part d’humour qui avait été moins présente dans le tome précédent, et c’est un plaisir de voir sa frimousse et son chapeau de paille. Puis, entre Lucy Maud Montgomery qui apporte un côté glaçant, malsain et lugubre à ce tome. Même si dans mes chroniques précédentes je ne vous je n’ai jamais parlé du pouvoir des personnages, je ne peux résister à l’envie de vous parler de celui de Montgomery. Pour la petite histoire, ce personnage est inspiré de de la romancière canadienne à qui l’on doit le célèbre Anne…la maison aux pignons verts. Dans le manga, son pouvoir se révèle être celui de d’être capable contrôler une sorte de grande poupée mi-vaudou mi-chiffon appelé Anne qui arrête le temps et créée une sorte d’espace ou personne ne peut s’enfuir. Dans cet espace restreint il y a une porte où se cache Anne qui a pour passion de kidnapper les personnes et les enfermer dans sa maison pour « jouer avec elle.  » Flippant non ?

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Si je vous ai parlé du pouvoir de Montgomery, c’est simplement pour vous montrer à quel point Kafka Asagiri arrive à réinventer de nouvelles versions des auteurs japonais ou étrangers, en leur injectant soit une part d’ombre, soit en mettant en avant les facettes les plus connus de l’auteur. Le développement de l’intrigue continue, notamment en découvrant ce qui amène la guilde dans la ville et le niveau de tension qui risque bien d’exploser dans les prochains tomes. Le mangaka est tellement à l’aise avec ses idées qu’il n’hésite pas à nous présenter Higuchi, coéquipière d’Akutagawa, sous une lumière différente rendant l’empathie possible avec elle. Au fil des pages, on se rend compte que les points communs entre l’Agence et la Mafia sont nombreux et même si on adore Dazai et le reste de la bande, on arrive à s’attacher à ceux de la Mafia, alors que ce sont des méchants ! Mais, avec la Guilde qui rôde et qui n’a pas dit son dernier mot, je sens qu’il va être de plus en plus difficile de dire qui sont vraiment les vilains de l’histoire…

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Les dessins de Harukawa 35 sont toujours aussi énergiques, fournis sans trop l’être au risque d’étouffer son propre trait. Que ce soit les décors, les mouvements et le découpage des cases tout est très réussi notamment les expressions des visages. Les jeux d’ombres et de lumières sur les actions ou scènes avec Montgomery apportent une couche supplémentaire au sentiment sinistre des moments en question.

En conclusion, si le tome 3 de Bungô Stray Dog est très centré sur l’action, j’ai été ravie de revenir à une action moins présente dans le tome 4. Ceci permet au lecteur de s’investir dans l’intrigue et de sentir que le scénario s’étoffe au fur et à mesure. Entre son côté dramatique, abstrait et humoristique, Bungô Stray Dogs persiste dans son but premier à savoir offrir une œuvre de qualité aux lecteurs.

17/20

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