Critique #056 – Le Piège de Mélanie Raabe

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Après un traumatisme l’être humain réagit de manière différente selon les personnes atteintes. Certains arrivent à surmonter et aller de l’avant, alors que d’autres s’enferment dans une sorte de cage émotionnelle et psychologique intérieure jusqu’à parfois renier le monde extérieur. Dans Le Piège, Mélanie Raabe nous enferme à notre tour dans un huis clos saisissant.
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Merci à Anne pour ce huis-clos glaçant


Mélanie Raabe est une auteure d’origine allemande née en 1981 dans la région de Thuringe. Ses études elle les plaçe sous le signe de la sociologie des médias et de la littérature. En 2011, elle écrit une nouvelle « Die Zahnfee » avant de s’attaquer à son premier roman, Le Piège, en 2015. Depuis, le récit s’est décliné en une vingtaine de langues à travers le monde. Raabe vit actuellement à Cologne où elle endosse la double casquette de journaliste et d’écrivaine.   

Le Piège est un livre dont l’ambiance huis clos ne cesse de prendre de l’envergure au fil des pages. On y suit Linda Conrads, une auteure à succès qui vit recluse avec son chien entre quatre murs. Ses seuls contacts avec le monde extérieur sont par le biais de son assistante et de son éditeur. Cette situation, Linda l’a adopté à la suite de l’assassinat de sa sœur dont elle a entraperçu le visage du meurtrier. Mais impossible pour elle de pouvoir l’identifier. Depuis, elle essaye de se reconstruire petit à petit à travers l’écriture avec pour fond une vie plus que monotone. Mais sans le vouloir le monde de Linda va vite basculer après qu’elle ait vu le meurtrir (Victor) devenu journaliste à la télévision. N’ayant aucun doute sur ce qu’elle a vu, Linda va décider de lui tendre un piège à l’homme. Elle va alors écrire un roman ou plutôt un thriller, où elle raconte le drame de sa sœur. Le but ? Pouvoir décrocher une interview avec cet homme, et seulement lui.

Je ne vais pas vous cacher que de mon ressenti le début du roman paraît long, mais à bien y réfléchir après lecture on ne peut s’empêcher de se dire que ce fut intentionnel de la part de l’auteure. En effet, si Linda vit enfermée chez elle depuis onze ans avec la même routine et les mêmes questions qui la hantent, il est possible que Raabe ait voulu nous communiquer ce sentiment de lassitude. Voir de résignation. Puis, au vu du style d’écriture de l’auteure qui est à la fois oppressant et prenant, on se laisse très vite envahir par cette sensation de suffocation. Bon, vous me direz c’est un thriller. Mais ce ne serait pas la première fois qu’un thriller ne tienne pas sa promesse… mais ici rien de tout ça.

Mon monde tressaille. Je ne comprends pas ce qui se passe autour de moi mais mon lit tremble, les étagères de livres se mettent à chancelier et finissent par s’effondrer. Des cadres tombent des murs, du verre se brise, des fissures se forment au plafond, d’abord très fines, puis larges comme le doigt. Les murs s’écroulent, le bruit est indescriptible et pourtant tout est silencieux, complètement silencieux.

La narration de Le Piège se présente de deux façons. La première est que la narration est à la première personne avec Linda où l’on n’a facilement accès à ses pensées, parfois brumeuses. La seconde est celle de l’utilisation des extraits du thriller qu’écrit la romancière fictive. Et pour bien aider à faire la distinction entre les deux, la police d’écriture change. C’est donc un thriller dans un thriller. Et rien que par cette dernière phrase, vous avez toute la complexité et ambition du roman de Mélanie Raabe qui ne cessera pas de balader le lecteur. Le personnage de Linda est psychologiquement affecté par la mort de sa sœur, où l’impuissance et la culpabilité la rongent. Elle est de ces personnages fractionnés qui semblent ne plus être en état de penser de façon rationnel. Car, oui, plus on avance dans l’histoire plus on se demande si elle n’a tout simplement pas basculé dans la folie. Dans cette quête de vengeance et de soif de vérité, Linda va agir de façon méticuleuse, voit obsessionnelle pour ne rien laisser au hasard afin de piéger le tueur de sa sœur. C’est intelligent, glaçant et saisissant de voir cette femme agir mais aussi sombrer peu à peu dans quelque chose d’imprévisible. Arrivera-t-elle à ses fins en démasquant cet homme qui a détruit sa vie ? 

En conclusion, Le Piège présente tous les ressorts mécaniques d’un thriller prenant flirtant fortement avec le huis clos, qui devrait plaire à tous ceux qui ne savent plus à quel sein se vouer. Le récit laisse planer le doute sur l’état mental de la Linda créant ainsi une incertitude chez le lecteur. Un thriller qui sera aussi bien un piège pour elle que pour nous.17/20

Infos roman (10)

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