Critique manga #019 – Love Stories tome 1

titre manga (15).pngQue l’on soit petit ou grand, mince ou rond, homme ou femme, la société aura toujours la fâcheuse tendance à nous juger, nous cataloguer et nous mettre à l’écart. Cette constatation est d’autant plus vraie lors de la période de l’adolescence et du passage à l’âge adulte. Entre amours, sexualité, tolérance et apprentissage, Love Stories possède un scénario mature et plein de vie et aux personnages sensibles et vrais.

 

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Merci à Guillaume pour cette lecture mature et sensiblement vraie 


Tagura Tohru est une illustratrice qui a su exposer son talent sur de nombreuses couvertures de romans, dans les CD de dramas du label IM. Entre 2009 et 2010, elle s’est occupée du character design des personnages du manga Are You Alice ?, puis du one-shot Cello Mellow. Avec Love Stories elle signe ici sa première série en relié en tant que scénariste et illustratrice. Pour le moment, la série ne compte qu’un tome au Japon et en France, et selon ses dires il devrait être terminé en trois tomes.

Love Stories est le genre de yaoi que j’apprécie parce qu’il fait appel à la psychologie des personnages avant tout. Comme dans chaque œuvre c’est ce qui arrive à me faire entrer dans l’histoire et à créer un lien avec untel ou un autre. De ce point-là, la mangaka réussie pleinement à me satisfaire puisque nos deux principaux héros, Yuiji Hasegawa et Yamato Yoshinaga, sont à la fois touchants et complexes. Hasegawa est un jeune homme intégré, sportif à ses heures, amical et qui a une petite amie. Très vite il va s’apercevoir que Yoshinaga semble lorgner sur un de ses amis, Kyôsuke. Ce dernier lui est plutôt du genre insouciant, amoureux des idoles (que l’on voit au Japon) souhaite se trouver une copine. Alors que Hasegawa se méfie de Yoshinaga, la situation va évoluer tout doucement avec la création d’un groupe d’étude entre les différents élèves de la classe. À travers cette bande d’amis et ces deux jeunes hommes, la mangaka écrit à la fois un message de tolérance et universel. Si la sexualité des deux est différente, les questionnements à ce sujet sont les même pour chacun d’eux. Hasegawa se demande s’il est attentionné envers sa copine ou s’il devrait faire plus d’efforts tout en se préoccupant  de Yoshinaga puisqu’il a découvert sans le vouloir son secret. De son côté Yoshinaga a l’impression de mentir à celui qu’il considère comme son meilleur ami, Seki et à lui-même également. S’il ne vit pas cacher, il ne vit pas sa sexualité au grand jour.

Au fil des pages, on découvre les incertitudes de cette bande d’amis aux personnalités diverses, mais qui possède une sincère complicité malgré le jardin secret de chacun. J’ai trouvé agréable d’avoir la meilleure amie et confidente féminine numéro un de Yoshinaga, Shibata, qui joue très bien son rôle d’ami. En fait, tout le long je n’ai pu que constater que chacun d’eux pouvait compter sur leurs amis respectifs et communs pour les aider, écouter et s’amuser. Leurs échanges sont drôles, familiers, sincères et remplis d’une certaine de je-ne-sais-quoi de communicatif. Si au départ, Hasegawa était plutôt gêné de savoir le secret de son nouvel ami, il va très vite apprendre à devenir un confident qui n’aura de cesse de le conseiller au mieux sans pour autant prendre des décisions à sa place. Ayant le cœur plus léger et le sentiment d’être accepté et surtout épaulé, Yoshinaga va peu à peu essayer d’être plus en concordance avec lui-même. Mais ce n’est jamais chose simple. En effet, dans une société où le regard des autres est souvent critique et sévère, l’angoisse de se voir stigmatiser et rejeter est immense.

Avec de tels personnages, il est impossible pour le lecteur de ne pas s’attacher à l’un d’eux. La mangaka arrive à placer les deux protagonistes sur le même pied d’égalité quelle que soit leur orientation sexuelle, car ce qui compte ici c’est la difficulté de chacun dans sa vie personnelle, son rapport à soi et aux autres. L’auteure a également veillé à mettre en avant les pensées des deux protagonistes ce qui permet de se rendre plus facilement conte de leurs tourments.

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Les dessins sont doux et harmonieux. Les traits et expressions des visages sont agréables et soignées. Il s’en dégage une sensibilité particulière rendant l’atmosphère encore plus aboutie. Toutefois, je ne peux passer outre le fait que sur les premières pages j’ai eu du mal à différencier Yoshinaga et Hasegawa tant ils se ressemblent physiquement. Mais pas la suite, cela ne m’a plus posé problème et j’ai vite su les reconnaître.

En conclusion, en ouvrant Love Stories vous y trouverez un récit mature sur la vie quotidienne de jeunes gens doivent faire de leurs mieux pour affronter les obstacles qui se dressent face à eux. L’acception de soi et de l’autre, de ce qui est normal ou non, les thèmes et sous-thèmes sont nombreux mais traité de la même façon à chaque fois. Ce n’est en rien un récit moralisateur ou qui dira mettra plus l’accent sur un côté ou à un autre. C’est objectivement neutre, humain et très bien géré. Il me tarde donc de découvrir ce qui adviendra de ce groupe d’amis. 

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