Critique manga #027 – Après la pluie tome 3

titre manga (23)
L’odeur de l’herbe mouillée après la pluie est un moment difficile à décrire tant elle inspire la liberté et la plénitude. Ce nouveau tome de Après la pluie c’est un peu ça. On se laisse porter au gré du quotidien de ces êtres si simples et complexes, qui ne sont que le miroir de gens comme vous et moi. Entre amour et amitié, Après la pluie dégage une maturité subtile et douce. 

 

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Mon avis sur le tome 1 et 2, ici.

kanadargaudsuisse

Merci à Stéphanie et Anne-Catherine pour cette douce lecture sous un parapluie


Après deux tomes remplis de moments philosophiques sur la vie et le temps qui passe, ce troisième tome démarre là où nous avions laissé précédemment notre héroïne. En effet, en fin de tome 2, Akira s’était retrouvée dans une situation franchement gênante. Après le tumulte de ce moment délicat passé, la mangaka Jun Mayusuki continue de nous conter le quotidien de Akira et de son entourage.

Si le récit se révélait plutôt calme dès le départ jusqu’à la moitié du tome 2, ce tome trois possède plus d’énergie et creuse un peu plus les personnalités de chacun, ainsi que leurs passés. On est heureux de retrouver l’innocence et les grands yeux de Yûto, fils de Masami Kundo, notre quarantenaire divorcé. Dans ces pages, ce dernier se dévoile un peu plus pour notre plus grand plaisir. On apprend ainsi à le connaître et passer outre son statut de gérant de restaurant maladroit. Ici, Masami prend une figure plus mature et spirituelle de par son vécu et sa passion pour la lecture. J’ai trouvé que le lien qu’il crée avec Akira, grâce à sa lecture de Rashõmon, une nouvelle écrite par Akutagawa Rynosuke. On assiste à un échange délicat et beau, où il n’existe aucune arrière-pensée, et on se retrouve même à espérer qu’un amour puisse germer entre eux. Car si c’est le cas, nul doute qu’il sera sérieux et valorisant pour chacun. Mais pour le moment, Masami ne cesse de faire comprendre à la jeune lycéenne qu’un amour est impossible, sans pour autant la brusquer. Akira, elle, ne baisse pas les bras et continue sur sa lancée en voulant apprendre à le connaître. Ses tentatives de rapprochement ne sont en aucun cas abusives ou intrusives. Le fait que Akira soit discrète dans ses actions apporte une belle écriture au personnage, qui en devient touchant.

Parmi les autres protagonistes, j’ai adoré que l’on se concentre un peu plus sur Haruka, ancienne amie de collège d’Akira avec qui elle pratiquait la course. On assiste à leur rencontre, à la jovialité sur le visage d’Akira. Ce moment furtif de retour en arrière se tient sur deux pages qui en disent long sur cette amitié qui s’apprêtait à éclore. Du coup, on ne peut qu’en redemander pour la suite. Le reste du chapitre continue sur sa lancée en jouant sur le contraste du présent où leur amitié n’est plus. Haruka se révèle sincèrement émouvante dans ce chapitre, et ont ressent facilement toute la nostalgie et la peine qui l’habite. C’est assez magnifique de constater que l’auteure n’a pas besoin de beaucoup de mots pour que les sentiments de chacun se ressentent à travers les pages. Les dessins affinés et doux sont là pour nous guider et prendre la place des mots.

 

Le personnage de Akira évolue beaucoup plus dans ce tome, selon moi. On la voit se tracasser avec des choses de son âge comme un bouton apparut du jour au lendemain sur sa joue, le sentiment d’avoir perdu une partie de soi après avoir dû renoncer à la course, et le fait qu’elle ne sache pas quel chemin prendre pour son avenir. Comme je  l’ai dit au début, ce manga parle de beaucoup de choses comme l’amitié, l’amour, le regard des autres, le quotidien, et surtout du temps qui passe. Akira et Matsumi en sont conscients sans vraiment se l’avouer. Les regrets s’installent dans leurs vies tout en ayant droit à de nouveaux moments de joie. Mais comme dans la vie réelle, le quotidien les rattrape et surtout la différence d’âge entre eux deux est toujours présente. Détail sans importance pour Akira mais bien marquant pour Matsumi. À ses yeux, cela représente une limite à ne pas franchir, car si il le fait, ne perdrait-il pas lui aussi une partie de lui-même ? C’est en tout cas ce que l’on vient à se demander durant la lecture.

Sans titre 1

© 2014 Mayuzuki Jun, Shogakukan

Les dessins sont toujours aussi beaux, mélancoliques et vibrants. Mayuzuki arrive à communiquer son histoire au lecteur avec efficacité et délicatesse. Les décors jouent un rôle fondamental dans la représentation de l’histoire, puisqu’ils peuvent être tantôt minimalistes pour ne pas enlever de la profondeur aux personnages, et être plus présent pour accentuer les moments plus calmes où les mots ne sont pas nécessaires. L’éditon de Kana est vraiment très belle, surtout au niveau des couvertures où l’on sent que le récit parle de lui-même.

En conclusion, ce tome 3 de Après la pluie marque vraiment d’une pierre le récit à travers le développement de ses personnages, et on se rend vite compte que chacun d’eux peut à n’importe quel moment devenir important et se démarquer des autres. Une lecture tranche de vie où l’on peut facilement s’identifier. C’est subtile, sensible et aussi agréable qu’un rayon de soleil nous caressant le dos un jour d’automne.

17/20Infos BD (30)

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