Critique #066 – Simetierre de Stephen King

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Êtes-vous du genre superstitieux ? Croyez-vous aux esprits des morts errant parmi les vivants, ainsi que ceux des animaux de compagnies ? Légende urbaine, croyance et superstition, Simetierre possède peut-être sa touche de fantastique et d’horreur, mais c’est bien l’âme humaine et leurs démons que ce livre explore.

 

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Stephen King est un romancier américain qui écrit des livres depuis sa plus tendre enfance, puisqu’il se retrouve très vite obligé de rester chez lui après des problèmes de santé. L’écriture devient alors un moyen pour lui de s’exprimer et de tuer la solitude. Le petit Stephen a baigné très tôt dans l’horreur que ce soit dans la vie réelle ou dans la fiction. Par exemple, il assistera impuissant à la mort d’un de ses camarades de jeu écrasé par un train, puis en écoutant l’adaptation radiophonique d’une nouvelle de Ray Dradbury, Mars is Heaven qui va le terrifier. Suite à de nombreux déménagements, c’est en 1958 que Ruth King, la mère de Stephen, lui offre sa première machine à écrire. Il va s’inspirer de bandes dessinées pour ses textes, notamment Les Contes de la crypte, mais aussi des films de science-fiction et d’horreur. Son premier roman, Carrie paraîtra en 1974, suivit de Salem, Shining l’enfant lumière (1977), Le Fléau (1978) et bien d’autres romans tant connus depuis.

Simetierre (Pet Cemetary) est paru pour la première fois en 1983, et deux ans plus tard aux éditions Albin Michel. Il a depuis été réédité en format poche dont la dernière version date de 2003 chez Le Livre de Poche. Le bouquin a bénéficié d’une adaptation en film par Mary Lambert, en 1989.

L’histoire de Simetierre est celle de Louis Creed, un jeune médecin de Chicago, venant tout juste de s’installer avec sa famille dans une charmante petite bourgade du Maine. Un jour, Jud Grandall leur vieux voisin, les emmène visiter le pittoresque cimetière forestier où des générations d’enfants ont enterré leurs animaux de compagnies. Mais plus au fond de la forêt s’me trouve un second où la magie vous ensorcelle de telle manière que plus rien n’est sous votre contrôle. Peu à peu la famille va se retrouver entraînée dans un drame cauchemardesque qui happera le lecteur.

Pour être honnête je lis très peu de Stephen King. Non pas parce que je ne n’aime pas son écriture, mais simplement parce qu’il y a trop de choix à disposition. Difficile alors de choisir un livre plutôt qu’un autre. Simetierre est un livre que j’ai lu il y a quelques années déjà, dont j’avais occulté le souvenir. Mais pourquoi donc ? Simplement parce qu’à l’époque il m’avait horrifié. De manière générale l’ambiance est très glauque et dérangeante. Comme à son habitude, surtout à ses débuts, King possède ce talent de savoir précisément quels mots utiliser pour nous raconter une histoire horrifique, voir un conte. Le rythme est lent comme souvent chez l’auteur, mais cela ne dérange en rien. Le récit est construit d’une forme intelligente et tout en suspens. Le sentiment de malaise et de tension grandissent au fur et à mesure que l’on avance dans la lecture.

Louis serra Ellie sur son cœur et continua de la bercer. Il savait, sans avoir aucun moyen d’en être sûr, ce qui la faisait pleurer ainsi: c’était le caractère irréductible de la mort, qui ne se laisse fléchir par aucun argument, pas même par les larmes d’une fillette, et qui est si cruellement imprévisible; et c’était aussi cette prodigieuse et funeste faculté qu’ont tous les humains de tirer de purs symboles des conclusions pratiques qui sont quelque fois belles et nobles et d’autres fois d’une noirceur terrifiante

Pourtant, les premiers chapitres laissaient présager une intrigue assez simpliste tournant autour de malédiction et de cimetière indien.  Non, ici la pièce maîtresse est le personnage de La Mort. On ne la voit pas, on ne peut pas la toucher, ni lui parler, mais elle est bien là du début à la fin. Comme une épée de Damoclès pesant sur la famille et sur nous par la même occasion. Bien sûr quand on évoque la mort on pense directement au deuil, et à toute la psychologie qui s’y rattache. Concernant les personnages, Louis et sa famille sont très proches de l’idée que l’on se fait de la famille typiquement américaine. Entre l’homme rationnel, réfléchi et très peu enclin à exprimer ses sentiments, et la femme qui en fait beaucoup trop niveau émotions, on est servi. C’est d’ailleurs le seul point négatif de ce récit selon moi. Du coup, si la lecture est très bonne on est parfois exaspéré face aux comportements de certains personnages. J’ai également apprécié le fait que la croyance en la médecine de Louis se heurte aux superstitions qui nourrissent la petite ville. Il est certainement le personnage le plus abouti comparé aux autres, malgré sa vision stricte des choses.

En conclusion, le côté fantastique de Simetierre, ici, est plus utilisé de façon secondaire, même si de nombreux passages sont très sombres. Stephen King a avant tout montré la déchéance de l’esprit humain. Une œuvre de cette plume si imaginative et efficace que je ne peux que recommander.  hjzggInfos roman (20)

8 réflexions sur “Critique #066 – Simetierre de Stephen King

  1. Bonsoir, je l’ai terminé hier et je suis mitigée… J’ai adoré l’atmosphère et les personnages et c’est vrai que le personnage féminin n’est pas mis en valeur (je m en rends compte en lisant ta chronique). Finalement, le plis dérangeant pour moi étaient leq descriptions à rallonge… Dans mes préférés j’ai quand même Sac d’os (le 1er que j’ai lu m’avait suivi très longtemps, surement parce que j’étais plus jeune) et Duma key, tu les as lus ? A bientôt ; )

    Aimé par 1 personne

    • Hello, merci pour ton commentaire! Oui effectivement il y a pas mal de descriptions, mais ça c’est propre à King je trouve. Et c’est vraiment dommage pour le perso féminin…du coup ça refroidi un peu au final.
      Sinon, non je n’ai pas lu Duma Key et Sac d’os. Lequel me recommanderais-tu le plus ?

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