Critique manga #033 – Sangreal tome 1

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L’univers médiéval fait partie des lectures que je lis peu malgré l’amour que je lui porte. En effet, étant assez regardante sur la complexité du scénario je ne me laisse pas facilement séduire. Sangreal fait partie de ses œuvres qui proposent un bon postulat de départ mais qui souffrent de quelques maladresses, en cause, ici, l’écriture novice de son auteure. Pourtant, l’aspect et l’ambiance gothique ainsi que l’art divinatoire des cartes de tarot ont sût me charmer. 

 

Achetez le tome 1 de Sangreal sur le site des Éditions Kana ou sur Amazon.
Extrait du premier chapitre ici.

 

Ce titre fait partie de l’offre de lancement des nouveauté 2017 de Kana, ce qui fait que le premier tome et disponible au prix de 5.95 € jusqu’au 31.12.2017

kanadargaudsuisse

Merci à Stéphanie et Anne-Catherine pour cette immersion au cœur d’un conflit royal


Maru Terayama est une mangaka ayant fait ses début en 2014 après avoir remporté le prix Shinjin Komikku Taishô de l’éditeur Shôgakukan qui récompense un jeune auteur. Après avoir publié un premier récit dans le magazine Gekkanü Spirits en deux volets, c’est en 2015 qu’elle publie Sangreal (Sanguriaru: Ou e no Rashinbanen trois volumes chez Shôgakukan au Japon, et chez Kana en France dans la collection Big Kana. Afin de l’aider dans son travail, elle a fait appel à une voyante du nom de Yuki Tanami qui exerce depuis plus de 16 ans, lui servant ainsi de guide pour l’écriture des parties consacrées à la lecture des cartes de tarot.

L’histoire de Sangreal se déroule au Moyen Âge, où la princesse An du royaume d’Arabera qui depuis sa naissance porte un lourd secret sur ses épaules. Dès la première page on retrouve la jeune fille en plein cortège funèbre d’un énième membre de sa famille. En effet, depuis quelques temps déjà les têtes des hommes du royaume ne cessent de tomber sous le coup d’assassinats commandités, laissant la porte ouverte à une chasse de celui qui aura accès au trône après la mort du roi, qui se fait vieux. Dans les ruelles et au palais, les murmures ne lui donnant que trois mois à vivre font saliver les plus envieux au sein de la famille. Excédée par ses décès incessants et par la peur, la princesse An prendra la fuite dans les quartiers pauvres, où elle tombera sur Circé, tireuse de cartes de tarot. Elle implorera son aide afin de mettre un terme à ces complots et ainsi accéder au trône.  

Dès la rencontre entre Circé et An,  nous sommes embarqués dans une sorte de Games of Thrones où la lutte pour le trône sera sans pitié. Ici pas de Lanister ou de Stark car les complots se passent en interne entre les différents mâles de la famille. Cousin, oncles et autres se livrent une lutte secrète ou tout est permis. Durant la narration, on apprend que chaque roi bénéficie de l’aide d’un sage. Cette personne met alors sa force au service du roi, afin d’être ses yeux et ses oreilles pour le guider au mieux durant son règne, et aussi pour veiller à ce que rien ne lui échappe quand ce dernier n’est pas présent au château. La présence des cartes de tarot est un atout majeur dans le récit, qui lui confère alors une part d’originalité parmi les autres récits du même genre. Il y a également une autre particularité qui apporte un tournant dans le récit dès le premier chapitre, mais que je ne peux vous révéler puisque cela viendrait vous gâcher la lecture. Car, oui, de mon côté je n’ai pas vu la révélation venir. J’ai trouvé cela surprenant, sans pour autant que cela ne soit vraiment original. Non, comme je l’ai dit plus haut l’originalité de Sangreal réside dans le personnage de Circé et le mystère qui l’entoure. C’est une femme sensuelle, ambitieuse, et même si An lui fait confiance, le lecteur lui ne sait pas vraiment si elle a le meilleur intérêt en tête pour la princesse.

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An est une jeune femme qui ne supporte plus de voir sa famille s’entre-tuer. Ayant grandi sous la protection de sa mère, depuis sa mort elle se sent comme abandonnée et sans réelle opportunité de futur autre que d’être une simple femme. Le roi, même s’il apparaît peu, semble être quelqu’un de froid et austère ne portant aucun amour ou regard bienveillant à sa fille. Si ce dernier vient à mourir, c’est son neveu Felipe qui viendrait alors à porter la couronne. En deuxième position dans l’ordre de succession il y a Ricardo, un autre neveu. Dans l’entourage proche, nous avons également Louis le serviteur de An, qui ne veut que sa sécurité. Mais Louis est-il de bonne grâce, ou cache-t-il une sombre ambition lui aussi ? Je rajouterai aussi que An reste encore un personnage peu développé qui se contente de se plaindre même si intérieurement on sent qu’elle veut changer les choses. Il est assez difficile de savoir vers qu’elle ligne d’écriture se dirige l’auteure la concernant, puisqu’elle est tantôt courageuse et tantôt peureuse. 

N’écoutant que son désir de changement, An va s’imposer à la cour quitte à mettre sa vie en danger, puisque les représailles ne vont pas se faire prier. Guider et protéger par les bons conseils des cartes de Circé, elle va alors se lancer dans la course au trône. Ayant grandi sous la coupelle protectrice de sa mère, la reine, An est une personne assez introvertie qui redoute souvent le pire. Pourtant en son cœur s’agitent les flammes d’un feu immense qui ne demande qu’à se propager et brûler ainsi de courage l’être de An. Au fil des pages, le récit se tourne vers quelque passage mystique de par le tirage des cartes de Circé, ses prédictions et conseils. Si en tant que sage Circé bénéficie de la protection de An qui brigue la couronne, elle va se retrouver confrontée au sage actuel du roi de Arabera, un dénommé Doloris. Sa présence est pour le moment minime, mais il est probable qu’il vienne à jouer un rôle plus important dans la suite. En tout cas, le mystère reste aussi entier autour de lui que de Circé.

 

 

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Du point de vue graphique, les dessins sont beaux mais parfois maladroits. Les traits et le style se rapproche de la vision gothique, noble et sombre. Les décors sont majestueux et très fournis en détails, tout comme les costumes. Le visage des personnages oscille entre le très bon et le moins bon. On relève d’infimes maladresses (des yeux qui louchent, des bouches un peu difformes), certainement dû au fait que ceci soit le premier travail de Maru Terayama. Quant aux expressions elles s’accordent avec les sentiments de peur, de mystère et de chagrin des personnages. Dans les quelques scènes de nu, Terayama arrive à affiner son trait pour donner une belle part de sensualité sans être obscène. Dans l’ensemble, les planches se lisent très bien, et on est facilement happé par le ressenti lugubre qui ressort des pages.

Au niveau de l’édition, Kana a fait du bon travail, malgré l’image d’illustration de couverture qui n’est pas forcément des plus agréables. Oui, la maladresse du trait de l’auteure est ici encore voyante alors qu’à l’intérieur le rendu est nettement supérieur. J’aime beaucoup la police d’écriture utilisée qui lui confère cet aspect gothique et soigné. La partie bonus est un très bon point puisqu’elle propose de découvrir les mythes qui se sont construits autour des cartes de tarot présentés dans ce tome. La traduction de Pascale Simon est dans la lignée de ses travaux précédents sur les titres Montages, Gin Tama, Nuisibles, Entre toi & moi, ou encore Black Butler.

En conclusion, le scénario de Sangreal : Road of the King imaginé par Terayama tient la route pour un premier tome, même s’il souffre de quelques défauts notamment au niveau de certaines ficelles scénaristiques et des approximations dans certains traits. La partie tarot fonctionne très bien et on est facilement curieux de savoir comment An va faire pour accéder au trône, ou si elle périra sous le coup des assassins envoyés pour elle et sa famille. L’ambiance générale a plutôt bien fonctionné de mon côté ce qui me donne envie de connaître la suite, en espérant toutefois que le personnage de An trouve un peu plus de vigueur.

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2 réflexions sur “Critique manga #033 – Sangreal tome 1

  1. Le contexte de ce manga me tente bien ainsi que l’intrigue! C’est vrai que les dessins me tentent moins bien que, comme tu dis les décors ont l’air superbes (comme l’exemple que tu as mis avec la procession) et très sombres. Hop, dans ma WL! 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Oui le contexte est très bon, après il y a quelques maladresse mais j’ai passé un bon moment et je suis curieuse de voir l’évolution. Je ferrais une review sur le tome 2 qui sort début décembre. Et merci ! 🙂

      Aimé par 1 personne

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