Critique manga #035 – Ranma 1/2 – Édition Originale tome 1

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«  Ranma 1/2 moitié soleil et moitié pluie, Ranma 1/2, moitié lumière, et moitié nuit. Tu vas dans la vie, en t’amusant, de tes ennuis. Et tu éblouis, les amis de tout les pays. Qui es-tu Ranma, qui es-tu vraiment ? C’est le plus grand des secrets. Mais ça n’empêche, n’empêche pas pourtant tout tes amis de t’aimer ! » Voilà. À chaque fois que l’on me dit « Ranma » j’ai ce générique mythique qui en aura bercé plus d’uns. Mais, ici, nous allons parler du manga à l’origine de la série animée des années 90. Eh oui, parce que Glénat a eu la bonne idée de signer une réédition des plus réussie. Alors, laissez place à Ranma et sa bande, les héros les plus attachants au monde.

 

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Lire un extrait du tome 1 ici.

Rumiko Takahashi est une mangaka née en 1957 à Niigata au Japon. Si aujourd’hui les nouvelles générations ne la connaissent pas forcément, elle est pour les plus anciens une mangaka dont le talent et la renommée ne sont plus à prouver. Pourtant rien ne la destinait à exercer ce métier, puisque durant son enfance Rumiko ne portait pas d’intérêt à cet art, se contentant simplement de gribouiller pendant les cours. Ce n’est que lors de son passage à l’université qu’elle s’inscrivit dans une école de manga fondée par Kazuo Koike (Crying Freeman, Lone Wolf and Cub). Ses les  conseils de ce dernier elle commença à publier ses premières histoires courtes (Bye-Bye Road, Star of Futile Dust). Sa première histoire fut publiée en 1978 et avait déjà un ton comique propre à son style, en y mêlant de la science-fiction. La même année parue dans le magazine Shõnen Sunday trois autres histoires de sa plume. Plus tard, paru Urusei Yatsura (Lamu en VF) qui deviendra l’un des mangas humoristiques les plus appréciés au Japon.

Sa deuxième série Maison Ikokkoku (Juliette je t’aime en VF) fut sa deuxième série phare parue en 1980, et destiné à un public plus âgé que celui de Lamu. Le style romantique et adulte se marie très bien avec les attentes du publique, et que certains considèrent encore comme l’un des meilleurs mangas du genre. Dans les années suivantes elle se concentra surtout sur des histoires courtes, parfois plus sombre comme Mermaid Saga (Mermaid Forest). Mais c’est en 1987 que Rumiko Takahashi écrivit sa plus célèbre série Ranma ½ reprenant les codes de l’époque du shõnen d’arts martiaux. La série se termina en 1996 avec 38 tomes au total. Durant le reste des années 90, elle a sorti les séries Inu-Yasha (chez Kana) se rapprochant plus du style de Mermaid Saga mélangeant avec brio action, romance, fantasy, fiction historique et comédie. Depuis 2009, elle se consacre à la série Rinne disponible chez Kazé.

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Ranma ½ est l’un des premiers mangas que j’ai eu l’occasion de lire dans mon adolescence, et que j’ai donc décidé de redécouvrir à travers cette édition originale. À l’époque le manga était déjà aux éditons Glénat qui avait fait le choix, comme pour d’autres mangas, de publier l’histoire dans le sens de lecture occidentale, soit de gauche à droite. Il faut dire que Ranma fait partie des premiers mangas à avoir fait son entrée sur le marché français aux côtés de Dragon Ball et Kenshin. Pour dire vrai, à mes yeux Ranma 1/2 se vaut autant que ces deux œuvres, ou qu’un Akira. Ce sont des incontournables qui n’ont pas pris une ride. D’ailleurs la majeure partie du public français a connu le manga grâce à la série animée diffusée au début des années 90 dans le Club Dorothée, qui diffusait également Maison Ikkoku/Juliette je t’aime.

Le récit débute à Tokyo où vit la famille Tendô, propriétaire d’un dojo familiale. Le père, Soun, y habite paisiblement avec ces trois filles (Kasumi, Nabiki et Akane) depuis la mort de sa femme neuf ans auparavant. Un matin il reçoit une carte postale de son vieil ami Genma Saotome qui annonce sa venue en ville avec son fils Ranma. Heureux de l’apprendre, il va alors révéler à ses filles que l’une d’elles a été promise à Ranma. Étonnées, les deux aînées sont surtout soulagées s’apprendre que l’heureuse élue est la benjamine, Akane, 16 ans. Cette dernière n’en croit pas ses oreilles, et refuse catégoriquement. Il faut dire qu’Akane a les garçons en horreur. Mais son père ne l’entend pas de cette oreille, puisque si les deux enfants s’unissent il pourra ainsi poursuivre l’exploitation du dojo familial. Débarque alors un panda géant et une jeune fille. Et au grand désarroi de Soun, cette jeune fille n’est autre que Ranma ! Mais comment est-ce possible ? L’explication vient du fait que durant leur voyage en Chine, Genma et son fils sont tombés dans des sources maudites qui ont vu l’eau froide qu’elles contenaient transformer respectivement le père en panda et Ranma en fille. Afin de reprendre leurs apparences initiales, ils doivent être en contact avec l’eau chaude. C’est donc avec ces prémices assez farfelues que la mangama installe son récit.

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Le scénario de Rumiko Takahashi à pour but de faire passer un bon moment au lecteur entre situations rocambolesques, drôles et qui prêteront à sourire. Il est très facile de se laisser porter par la plume et le trait de la mangaka. Le charme du récit réside dans la faculté de l’auteure d’intégrer différents personnages au fil des chapitres, qui deviendront tout aussi attachants que Ranma et les autres. La personnalité, qualités et défauts de chacun donne cette part de sensibilité au titre qui fait qu’on aime réellement les voir interagir entre eux. Il y également pas mal de scènes loufoques comme par exemple, Akane un brin « garçon manqué » qui se doit de battre chaque matin tous les garçons de son lycée. Si elle échoue elle devra de sortir avec l’un d’eux. Si cela peut paraître absurde, sachez que c’est bien le cas, mais que c’est tellement divertissant que l’on ne s’en lasse pas.

Du côté des personnages présents jusqu’ici il y a donc Ranma un garçon plutôt têtu, très fort en arts martiaux et qui n’a aucune envie de s’unir à Akane qu’il ne trouve pas assez féminine. Et ça tombe bien, car elle aussi n’a aucune envie de l’épouser. Du haut de ses seize ans, Akane est une jeune fille qui aime aussi les arts martiaux, et être libre de ses choix et de ses mouvements. Si d’apparence elle possède un tempérament de feu, elle n’en cache pas moins une sensibilité face aux propos des autres. Dans ce premier tome apparaît aussi Ryôga, ancien élève du lycée d’où vient Ranma qui a décidé de se venger de lui pour une raison bien précise… pour deviner laquelle il vous faudra lire le tome. À de nombreux moments il ira provoquer Ranma en duel, mais n’ayant pas un grand sens de l’orientation il ne cessera de se perdre et d’arriver bien des jours après. Le côté comique est encore plus amplifié avec le personnage de Kuno, membre du club de kendo du lycée, qui prendra alors Ranma en grippe quand il saura qu’il est destiné à épouser Akane, sa bien-aimée.  C’est ce genre de petites loufoqueries qui font réellement le sel et le poivre de ce titre. Chez les adultes,  les deux pères de famille ne sont pas des plus futés. S’ils semblent posséder une grande patience, ils n’en sont pas pour autant capables de savoir comment gérer leurs enfants.

Si la relation entre Akane et Ranma est tendue, certains moments lèveront le voile sur des échanges plus amicaux et tendres. Arriveront-ils à s’entendre et se marier ? Réponse délicate quand en plus de leur aversion commune, Kuno et Ryôga viendront compliquer les choses entre eux. D’autres situations conflictuelles viendront nourrir ce premier tome, comme par exemple la simplicité d’esprit de Kuno, les running gag de Genma qui transformé en panda tente malgré son apparence de se comporter comme un homme, ou bien encore le côté impulsif d’Akane toujours prête à en découdre si un homme lui fait desreproches. 

 

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La patte graphique de Rumiko Takahashi est classique mais possède son charme. D’ailleurs il est facile d’identifier ses séries de par ses traits reconnaissables par centaines, et qui malgré 30 ans après continuent de fonctionner et de ne pas prendre (trop) de rides. C’est fluide, agréable à l’œil, mignon et sérieux à la fois. Du côté de cette nouvelle édition sachez qu’elle est l’équivalent de 2 tomes simples. La couverture à l’effet verni est magnifique avec ses couleurs et rend totalement hommage au titre. Pour cette réédition, Glénat a eu la merveilleuse idée de revoir sa traduction pour être au plus près de l’édition originale, montrant ainsi toute la palette de Rumiko Takahashi. Elle est l’œuvre de Fédoua Lamodière dont le talent n’est plus à prouver puisqu’on lui doit la traduction de Dragon Ball, Seven Deadly Sins, The Ancient Magus Bride, Barakamon ou plus récemment Les mémoires de Vanitas. Et en toute fin de tome vous pourrez retrouver une interview exclusive de l’auteure qui sera à découvrir au fil des tomes. 

En conclusion, si vous ne connaissez pas encore ce classique de l’univers des mangas, il n’y a pas meilleur moment que celui-ci avec cette édition de qualité rendant enfin justice à ce titre divertissant et aux personnages plus qu’attachants. Il ne serait pas étonnant qu’ils finissent par devenir vos meilleurs amis…

17/20

Infos BD (44)

 

6 réflexions sur “Critique manga #035 – Ranma 1/2 – Édition Originale tome 1

  1. Merci pour ton article! cette réédition me fait beaucoup envie, mais je ne pense pas l’acheter, car je viens de finir de compléter la 1ere édition des Ranma 1/2 il y a peu de temps (38 tomes!!).

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    • Ah oui je comprends tout à fait, si tu l’as en entier dans son éditions simple pas besoin de prendre la nouvelle, sauf si elle tombe en lambeaux xD
      Je suis très contente que Glénat ressorte le titre, il mérite d’être connue, et en relisant j’étais surprise de constater qu’il reste toujours aussi frais !

      Aimé par 1 personne

  2. Je dois vite acheter cette nouvelle édition ! Car pendant des années j’ai galéré à me procurer les anciennes éditions en bonne état car la plupart étaient abîmés c’était laborieux 😦 là c’est enfin l’occasion de me replonger dans cette série. j’avais bien aimé l’animé donc je veux apprécier sa version papier avec toutes ses lettres de noblesse.^^

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