Critique manga #037 – Fire Punch tome 1

titre manga (31)
Depuis sa sortie en juin dernier, Fire Punch n’a de cesse de faire parler de lui parmi les lecteurs de mangas. Au vu de la grande popularité du titre, il aurait été dommage que je ne m’intéresse pas plus à cette oeuvre. Mais comme toujours dans ce genre de cas je m’y lance à reculons tant la peur d’être déçue est immense. Alors, Fire Punch vaut-il le coup qu’on se penche dessus ?

 

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Lire un extrait du tome 1 ici.

Tatsuki Fujimoto est un mangaka japonais né dans la préfecture d’Akita, qui s’inventa dès le collège un magazine de prépublication de manga. Il se mit à le gérer intégralement de manière fictive, présentant jusqu’à sept récits en parallèle. Ce sont deux d’entre eux qui serviront de mise en appétit à Fire Punch. En 2014, il fait ses débuts dans le magazine Jump SQ avec Koi no Mômoku. Avant la publication de Fire Punch en 2016 dans les pages du Shunen Jump +, il a travaillé sur Yogen No Nayuta, Shikaku, Sasaki-kun ga Judan Tometa et Me wo Sametara Onnanjoko ni Natteita Byou. Au Japon Fire Punch en est à son septième tome relié, et à son troisième en France aux éditions Kazé.

Fire Punch est une histoire sombre destinée à un public avertit. On y suit un frère et une sœur, Agni et Luna, tentant de survivre dans un monde qui s’est vu transformer en glace par une sorcière. Depuis, la Terre est recouverte d’un manteau de neige et de glace qui ne laisse place à aucune vie. Mais Agni et Luna ne sont pas comme les autres. Ils possèdent des pouvoirs surnaturels qui leur permettent de voir leur corps se régénérer quasi instantanément après avoir été blessé ou après la perte d’un membre. Afin d’aider les habitants du village, les deux adolescents n’hésitent pas à se mutiler et trancher des membres de leurs corps pour pouvoir donner de la viande au villageois. Conscients de la provenance de cette source de nourriture, certains acceptent tandis que d’autres refusent et se laisse peu à peu aller vers la mort. Mais un jour alors que Agni est partie chasser le gibier, des militaires de la ville de Behemdorg envahissent le village afin d’y trouver des vivres avant de repartir chez eux. C’est alors qu’ils vont découvrir les restes humains que les habitants gardent chez eux. Horrifié par ces actes de cannibalisme, Doma, le commandant du bataillon lancera une punition à la hauteur de leur péché. De son pouvoir, Doma enflamme le village et ses habitants, tout en proposant à Agni de rejoindre les rangs. Ce dernier refusant il se retrouve lui aussi brûlé, tout comme sa sœur Luna. Ne pouvant éteindre les flammes qui les consument, Luna ayant un pouvoir de régénération plus lent succombera, alors qu’Agni lui vit un véritable calvaire. Mais sous les derniers mots de sa sœur lui demandant de vivre, Agni luttera contre le feu le consumant et son pouvoir afin de trouver un juste milieu. Après des années d’errance et de souffrances, Agni devenu une véritable torche humaine n’a plus qu’une seule idée en tête : venger le meurtre de sa sœur.

Ce premier tome pose les piliers d’un récit très bien pensée et aux personnages écrit de façon à les rendre crédibles, humains et inhumains à la fois. En effet, avec Fire Punch nous avons le droit à deux version de l’humanité : la plus aimante – celle qui tente de survivre, et la plus cruelle – celle qui persécute. Chaque acte de ces bourreaux est cruel, pervers et poussé à l’extrême. Et si au départ on trouve cela surprenant, on se dit qu’en milieu hostile et pour survivre (ou par déviance) certains êtres humains seraient capables des pires atrocités. C’est de cette façon que le scénario de Tatsuki Fujimoto s’inscrit dans ces œuvres dystopique qui font froid dans le dos. C’est réel sans l’être tant on ressent la noirceur de ceux qui n’ont plus aucun lien avec leur humanité.

Les personnages sont tout aussi bien écrit que le scénario, puisque l’on a d’entrée de jeu deux adolescents dont l’innocence a été volée il y a bien longtemps. Agni étant l’ainé se souvient du monde d’avant la malédiction. Le soleil, les ballades avec ses parents, les baignades dans l’eau à la bonne température, etc. Sa maturité se distingue très bien parmi ses paroles, pensées et ses actes. Depuis la mort de leur parents après la naissance du monde de glace, Agni s’est juré de protéger celle qu’il aime par-dessus tout : Luna. C’est ainsi qu’à plusieurs reprises il refuse que sa sœur ne souffre en se mutilant un membre. Il préférera se mutiler deux fois plus plutôt que de la voir vivre le martyre. Agni est typiquement le genre de personnage avec qui on compatit et qu’on souhaite voir arriver à ses fins. Luna elle, est plus fragile de par son âge mais possède déjà un grand esprit. Par exemple, elle se soucie de ce qui adviendra des humains après que la mort les aura tous emportés. En somme, ce frère et cette sœur sont deux adultes dans un corps d’enfant. Du côté des méchants Doma pense que vu le haut poste qu’il occupe tout lui est dû et que personne ne peut le contester. Dans ce tome un il n’appairait que peu de fois, mais reste tout de même présent puisque son ombre plane sur Agni tout le long du récit. Je souhaiterais vous parler du reste des personnages, mais je ne le ferai pas car cela reviendrait à vous gâcher votre lecture et qu’il serait vraiment dommage que vous ne découvriez pas les rouages de cette mécanique que représente Fire Punch.

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Graphiquement le manga se tient très bien. Le trait de crayon de Tatsuki Fujimoto est nerveux, dur, et tranchant. Ici, pas de mignonneries pour le plaisir, non, si le récit se construit autour d’un scénario glacial, le décor se doit de l’être tout autant. L’univers se veut sauvage, hostile et angoissant. Les différents personnages possèdent des émotions vivantes même quand celles-ci se rapprochent de la mort. Les regards peuvent passer du vide au chaud en un instant, et c’est saisissant. L’apparence d’Agni en homme torche se rapproche plus de celle d’une divinité grecque imposante dont la rage et la puissance se traduisent dans ses mouvements.  

En conclusion, Fire Punch est un manga qui se doit d’être lu par un public averti en ayant conscience que le monde des bisounours n’existe pas. Le récit imaginé par Tatsuki Fujimoto est si prenant que l’on ne voit pas les pages défiler. Il est d’ailleurs frustrant d’arriver en fin de tome, surtout au vu des nombreuses possibilités qu’offre la suite. La violence du titre frappe comme un coup de poing, et on ne peut qu’être répugné par le comportement de certains hommes. Et si ce n’est pas un coup de cœur pour ma part, je suis consciente de ne pas être à l’abri d’en avoir un à la lecture des autres tomes. Après ce premier volet, on comprend facilement pourquoi le titre bénéficie d’une telle popularité.Sans titre 3Infos BD (47)

 

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