Critique #074 – La femme d’argile et l’homme de feu de Helene Wecker

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Embarquez dans un New York où la magie et le mystique sont possibles. Deux êtres vont voir le destin les rapprocher dans un monde dont ils n’en connaissent pas les rouages. Entre philosophie et réalisme, Helene Wecker propose ici un début de saga très prometteur à l’imagerie magnifique.
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Helene Wecker une auteure américaine originaire de l’Illinois qui décroche son diplôme en Anglais au collège Carleton dans le Minnesota. Après cela elle travaille dans le marketing et la communication à Minneapolis et Seattle avant de décider de se consacrer à son premier amour : l’écriture. Elle déménage alors à New York pour poursuivre un master en écriture de fiction à l’université Columbia. Son premier roman, Le Golem et le Djinn (The Golem and the Jinni) paraît en 2013 chez HarperCollins, et est édité en France par Robert Laffont (2015), puis chez Bragelonne l’année suivante. Il est sortie en format poche chez Pocket le 16 novembre dernier sous le titre de La femme d’argile et l’homme de feu. Helene Wecker vit actuellement près de San Francisco avec son mari et sa fille, et travaille sur le tome deux de la saga qui paraîtra en 2018.

La femme d’argile et l’homme de feu est un roman mélangeant le genre historique à des éléments de la fantaisy, avec des créatures magiques dans le New York du XIXème siècle. C’est plus exactement en 1899, que le roman prend place. Chava, un golem fait d’argile ayant l’apparence d’une femme, se réveille au fond d’une malle dans un paquebot en partance vers New York. Créée pour servir son Maître, elle se retrouvera finalement seule sans que cela n’ait été prévu. Nous avons ensuite Ahmad, un djinn enfermé depuis mille ans dans un flacon qui va se voir libérer de sa prison de verre par accident. Malheureusement pour lui il est encore pris au piège dans un corps humain. Livrés un peu à eux-mêmes, ces deux créatures mystiques vont voir leurs chemins se croiser, et tenter de tirer profit de la condition de l’un et l’autre. Toutefois, un détail n’a pas été pris en compte dans leurs plans : le destin.

Ce titre et une histoire que j’ai lu lors de sa sortie chez Bragelonne mais qui a très peu fait parler d’elle. Et à tort, puisque ce texte est rempli de merveilles. En effet, l’histoire imaginée par Helene Wecker est un véritable conte digne des récits des frères Grimm ou des contes des 1001 nuits. Je me souviens qu’en le découvrant je ne m’attendais pas à voir une telle poésie couchée sur les pages. L’univers est vraiment très imagé, et il n’est pas difficile de laisser les mots prendre forme dans notre esprit pour se représenter tel ou tel décors. Le New York de cette époque est beau, magique et imprévisible.

– Donc, il n’existe aucune preuve. Peut-être les humains ont-ils créé leur Dieu de toutes pièces, mais est-il moins réel pour autant ? Prends ce monument, par exemple. Ils l’ont créé et maintenant, il existe. 
– N’empêche, il n’exauce pas de vœux et ne sert à rien, objecta le djinn. 
– Entendu, admit-elle. À ceci près qu’il suscite en moi une forme d’émotion. Et c’est peut-être sa finalité.

Ici, l’auteure prend le temps d’installer son plan et la mythologie des personnages. Les créatures djinn ou golem sont nourrit de façon charmante et très prenante. On y apprend de bien belles choses intéressantes comme par exemple, si la golem ne se trouve pas un Maître très vite elle finira par perdre la raison. Ou bien encore, que les djinn sont tellement curieux qu’en s’aventurant dans le corps des humains ils s’y retrouvent souvent coincés et se mettent alors à tourmenter l’esprit de l’homme. Avec toutes ces choses, pas étonnant que les humains aient pris peur et ont dû faire en sorte de trouver des moyens de se protéger d’eux. Du coup, depuis aucun être magique ne doit se révéler aux yeux des hommes sous peine de finir condamner. 

La femme d’argile et l’homme de feu est une histoire qui prend son temps pour se raconter. Le lecteur est invité à découvrir ses deux êtres étranges en même temps qu’ils apprennent eux-mêmes à survivre dans ce paysage inconnu. D’une certaine manière, on peut y voir des points en commun avec notre société où des milliers de personnes arrivent dans un nouveau pays sans avoir le moindre point de repère. Si le récit possède son charme indéniable, il souffre toutefois de quelques longueurs qui ont fait que j’ai mis plus de temps que je ne l’avais imaginé pour le terminer. Les rebondissements ne sont pas nombreux, mais l’auteure vise clairement les moments plus tendres et humains pour nous garder captif de son univers ensorcelant.

La plume d’Helene Wecker est complexe mais accessible. L’auteure s’amuse entre les moments aux présents et aux passés, ce qui pourra en dérouter quelque uns. Pourtant, cela reste cohérent et fluide. Clairement on se doit de rester attentif durant la lecture, mais on ne s’y sent pas forcé. Le vocabulaire est riche et colle très bien aux tableaux de la ville. Tantôt lumière, tantôt obscurité, les rues de New York n’ont jamais été aussi magiques.

En conclusion,La femme d’argile et l’homme de feu est le premier tome d’une future saga dont l’univers fantasmagorique séduira les amoureux de fantaisy.  L’imagination d’Helene Wecker se fond totalement dans notre réalité, et nous laisse béa d’admiration par autant de beauté.

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