Critique manga #051 – Fire Punch tome 2 et 3

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Il fait froid, le soleil se fait timide, les journées sont plus courtes, mais heureusement Fire Punch est là pour réchauffer l’atmosphère malgré son environnement glacial. Les tomes 2 et 3 du titre de Tatsuki Fujimoto est une claque en pleine face qui fait du bien. Scénario imprévisible et personnages aussi violents qu’humains, Fire Punch a tout pour plaire. 

 

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Lire ma chronique du tome 1

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 Merci à Anita pour ces deux nouveaux tomes qui font office de coup de poing en pleine face


Tatsuki Fujimoto est un mangaka japonais né dans la préfecture d’Akita, qui s’inventa dès le collège un magazine de prépublication de manga. Il se mit à le gérer intégralement de manière fictive, présentant jusqu’à sept récits en parallèle. Ce sont deux d’entre eux qui serviront de mise en appétit à Fire Punch. En 2014, il fait ses débuts dans le magazine Jump SQ avec Koi no Mômoku. Avant la publication de Fire Punch en 2016 dans les pages du Shunen Jump +, il a travaillé sur Yogen No Nayuta, Shikaku, Sasaki-kun ga Judan Tometa et Me wo Sametara Onnanjoko ni Natteita Byou. Au Japon Fire Punch en est à son septième tome relié, et à son troisième en France aux éditions Kazé.

Après un premier tome introductif de bonne qualité, mais encore empreint de mystères, l’ambition de Fire Punch prend vraiment son envol dans ce tome 2 et 3. Commençons d’abord par le tome 2 qui ouvre une porte sur un côté complètement délirant ou clairement l’auteur se fait plaisir avec l’arrivée du personnage de Togata, une amoureuse absolue du septième art qui s’est mise en tête de filmer le parcours de Agni. La première partie du tome est là pour nous présenter cette jeune femme totalement imprévisible qui a été biberonné aux films, toutes époques confondues. Ainsi il est fun de retrouver des allusions à certains titres comme Toy Story, Maman j’ai raté l’avion ou encore à l’actrice Emma Watson. C’est une trame qui semble décousue par rapport à la violence de Fire Punch, mais nécessaire à la compréhension de la psyché de Togata, mais aussi à la folie qui peu à peu s’emparer des hommes. Agni est bien entendu présent mais sa quête de vengeance est reléguée  au second plan ce qui donne une narration différente mais tout aussi maîtrisée.

Agni, notre homme torche, devra son salut notamment à Togata avec qui il passera un marché afin d’arriver à anéantir le responsable de la mort de sa sœur, Doma. Accompagnée de Neneth, Togata se met alors à enseigner les arts martiaux et techniques de défence à Agni pour qu’il soit prêt à affronter Doma. À mes yeux toute cette phase de préparation me rappelle les entraînements de Rocky dans le film du même nom porté par Silvester Stallone dans les années 90. Il ne serait pas surprenant d’apprendre que Tatsuki Fujimoto soit un amoureux de cette saga, ou même celle de de Karaté Kid. Si Agni possède presque un statut de « seigneur » aux yeux de ceux qu’il sauve, face aux connaissances de Togata il fait figure de novice, presque naïf. Le caractère de chacun apportera un aspect comique au tome, ce qui donne quelque chose d’originale quand on voit le contexte très sombre de Fire Punch. La folie de Togata poussera le lecteur à se poser des questions sur elle, notamment si elle est digne de confiance ou non. En parallèle on retrouve le jeune Sun, ayant été capturé en fin de tome précédent, et qui avait révélé la capacité rare de produire de l’électricité. Il se voit alors réduit en simple “source de carburant” pour assurer la survie de la ville de Behemdolg. Le mangaka prend la peine de nous présenter comment fonctionne la cité, traitement dérangeant mais qui n’est pas sans rappeler l’esclavage de notre réalité à nous.

Dans le tome 3, le plan final de Togata semble toucher à son but, mais c’est sans compter sur la part d’humanité qui réside encore en Agni. Victime d’hallucinations lui montrant tantôt sa famille tantôt lui enfant, il verra sa quête de vengeance remise en question. Cette confrontation avec son “moi” du passé est très enrichissante pour la narration et l’image du personnage. L’action est plus présente que dans le tome précèdent, et laisse Agni revenir sur le devant de la scène. Toutefois, le mangaka n’oublie pas de constamment nourrir les intrigues de fond, rendant la lecture très prenante. En effet, les pages se tournent tellement vite que l’on est frustré quand la dernière arrive.

Plus le scénario avance plus il est évident de percevoir que la simple idée d’un homme qui cherche à se venger de celui qui lui a tout pris, n’est pas la véritable force du récit. Fire Punch traite de plusieurs thèmes tous en lien avec l’humain et la définition propre du mot. Les personnages qu’ils soient bons ou méchants possèdent tous une notion différente du bien et du mal. Au-delà de la question de survie en milieu hostile, on peut facilement découvrir qui était quelqu’un de foncièrement bon ou de mal avant la catastrophe. L’environnement apocalyptique de ce désert de glace n’est qu’un prétexte pour laisser libre cours aux noirs désirs de certains d’entre eux. Il y est aussi question de la religion et de la perception de l’Homme à vouloir croire en une entité supérieure afin de garder espoir. Sun est le parfait exemple pour parler de l’espoir puisque malgré sa condition il ne cesse de croire en Agni, comme si ce dernier était le messie envoyé pour les sauver.

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Du côté du dessin s’est violent, parfois sombre et très porté sur l’action. Les nombreux plans sur le visage et le regard de braise (ahah) de Agni nous décrivent bien les tourments qui peuvent habiter le personnage. Le trait est fouillé et droit dans sa structure, se montrant plus incisif durant les grandes scènes de bataille. Le seul point faible ici selon moi, relève de la trop forte ressemblance physique entre Togata et Neneth.

En conclusion, après seulement trois tomes il est clair que le scénario imaginé par Tatsuki Fujimoto peut aller dans n’importe quelle direction. Après un tome 2 s’engageant sur une route plus délirante mais tout aussi efficace, le tome 3 revient sur ses bases tout en y incluant des éléments plus philosophiques en rapport avec notre monde, laissant ainsi le lecteur se faire sa propre idée sur les différents thèmes. Page après page, Fire Punch s’annonce comme une des belles surprises de cette année 2017.

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