Critique #082 – Mon amie Adèle de Sarah Pinborough

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Prenez trois personnages. Un couple marié dit de parfait, et une jeune mère célibataire et vous obtiendrez un thriller surprenant. Un thriller ? Plutôt un triangle amoureux me direz-vous, hein ? Eh bien non. Mon amie Adèle est un thriller du début à la fin, un huis clos remarquable et imprévisible qui vous laissera sans voix grâce à sa fin à mille lieux de ce que pouviez imaginer. 

 

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Lire un extrait en cliquant ici

PRELUDES

Merci à Maud pour ce thriller psychologique à la #findeDINGUE


Sarah Pinborough est une romancière née en 1972 en Angleterre. Elle est auteure de plus d’une vingtaine de livres allant du thriller, fantaisy ou Young Adult. Par le passé elle a écrit pour la BBC, et collabore actuellement sur plusieurs projets originaux dans différentes compagnies de télévision. Ses récents écrits comprennent la romance dystopique The Death House, et le thriller adolescent 13 Minutes dont une adaptation verra prochainement le jour sur Netflix. En France, l’auteure est connue pour sa trilogie Tales from the Kingdoms comprenant Poison, Charme, et Beauté publiée en 2014 chez Milady.  Son dernier écrit destiné à un lectorat adulte est le thriller psychologique Mon amie Adèle (Behind Her Eye) publié aux éditions Préludes.

Mon amie Adèle est le genre de récit que j’affectionne particulièrement au même tire que La fille d’avant de J.P.Delaney ou La fille du train de Paula Hawkins. Dans cette histoire on suit trois personnages : Louise, Adèle et David. Mais l’alternance des chapitres se construit surtout autour des deux femmes. La première est une mère célibataire complètement assommée par la routine de sa vie qui consiste à travailler, s’occuper de son fils, et passer ses soirée seule. Pourtant un soir, comme elle le raconte à sa meilleure amie, elle embrasse un parfait inconnu dans un bar. L’excitation de faire quelque chose hors de son ordinaire à elle va pourtant lui jouer un tour, puisque l’homme en question est David, son nouveau patron. David est un psychiatre de renom et dévoué à sa femme…. Adèle. Elle, c’est la femme parfaite sous toutes les coutures, sauf qu’on sent vite que quelque chose ne tourne pas rond chez elle et qu’elle va tout faire pour devenir l’amie de Louise. Si vous pensez qu’un triangle amoureux va naître entre eux, vous vous trompez. Mon amie Adèle est plus complexe que ça, plus développé, sombre et adultérine.

Après un cours laps de temps d’adaptation à l’alternance des points de vue de chacun au fil des chapitres, le lecteur est complètement happé par cette histoire hors du commun. Les relations qui se tissent entre chacun d’eux en sont presque malsaines tant elles sont nourries par les secrets et les mensonges. Louise devient peu à peu sans s’en rendre compte le moustique pris dans la toile d’araignée de ce couple, mais surtout celle d’Adèle.

Sarah Pinborough construit sa narration entre passé et présent pour mieux donner de l’épaisseur à la psyché de ses personnages. Dès les premières pages on ressent une aura étrange émaner d’Adèle, qui arrive à attirer Louise dans sa sphère personnelle de façon subtile et très obsessionnelle. Et si, vu de l’extérieur, on se demande pourquoi la mère célibataire s’est laissée emporter dans cette amitié, les petites ficelles psychologiques qu’utilisent l’auteure sont convaincantes. Pour dire vrai, l’amitié entre la femme bafouée et la maîtresse est le point central du récit. Le reste du roman finit par tourner autour d’elles, comme si par cela l’auteure entraînait également le lecteur dans une spirale infernale dont l’issue est imprévisible.

Des questions, encore et toujours. Depuis qu’Adèle et David sont entrés dans ma vie, j’en suis encerclée. Elles ont remplacé les tentacules de mes anciens rêves. Elles s’accrochent à moi et, chaque fois que je crois m’en débarrasser, elles reviennent s’enrouler dans ma tête pour m’entraîner vers le fond.

C’est simple, plus on avance dans le roman, plus on sent un sentiment d’inquiétude monter en nous, et même si on souhaiterait que cela s’arrête on ne peut s’arrêter de continuer la lecture. Les questions face à ce tableau abstrait et sombre fusent dans notre cerveau. La caractérisation de chaque personnage est mené avec une telle dextérité que l’on ne peut que rester pantois devant une telle plume. Car oui, le style de Sarah Pinborough est prenant et haletant. Le personnage de Louise est clairement celui où le lecteur pourra s’identifier, ce qui mènera au fait que l’on ne pourra s’empêcher de souhaiter que la jeune femme se décide à partir loin de ce couple. Et puis que dire de la fin ? Simplement comme le dit le hashtag utilisé sur les réseaux sociaux : #findeDINGUE. Mais quelle fin ! Je ne peux en dire d’avantages, mais selon vos théories préparez-vous à vous les prendre en pleine figure et à rester la bouche tombante.

Petit mot concernant l’édition que je trouve à la fois sobre et complète. La couverture blanche avec ce rouge vif presque sanglant interpelle. Puis il a les dimensions du bouquin qui rende l’objet plus grand qu’un format poche mais moins haut qu’un grand format. C’est très agréable en main, et on peut le transporter facilement avec nous. 

En conclusion, Mon amie Adèle est à juste titre l’un des thrillers les plus efficaces que j’ai pu lire cette année. Si vous avez aimé les œuvres citées au départ, sachez que l’histoire de Sarah Pinborough est du même calibre tout en flirtant avec un “je-ne-sais-quoi-en-plus” que je préfère taire pour ne pas gâcher votre lecture. Rythmé, inquiétant, intelligent et troublant. Un véritable page-turner dont vous vous souviendrez longtemps après l’avoir refermé. 

Thanksgiving (1)

Infos roman

6 réflexions sur “Critique #082 – Mon amie Adèle de Sarah Pinborough

  1. Intelligemment construit, le récit prend de l’ampleur au fur et à mesure que les pages défilent et que la vérité se met peu à peu en place jusqu’à devenir haletant dans les derniers chapitres qui démêlent l’écheveau de l’intrigue de manière brillante. Pour une fois, le message de l’éditeur qui promet une fin inattendue n’est pas fallacieux !

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  2. Pingback: Club des lecteurs (mars – juillet 2018) – Les pages qui tournent

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