Critique manga #060 – Capitaine Albator Dimension Voyage tome 1, 2 et 3

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«  Albator, Albator, du fond de la nuit d’or, Albator, Albator, de bâbord à tribord tu veilles sur la Galaxie, sur la liberté aussi. Albator, Albator, le corsaire de l’espace « … ok j’arrête ! Ce n’est pas forcément le générique animé français le plus populaire, mais les plus anciens d’entre nous l’ont déjà entendu au moins une fois. Albator fait partie de ces franchises aussi anciennes que les Dragon Ball, Ranma, ou Olive et Tom à avoir bercer les enfants de toute une génération. Mais avant cela, Albator c’était avant tout un manga des années 70. Avec Dimension Voyage la franchise entre dans ce que l’on appelle un « reboot » s’adressant aux fans et aux novices. 

 

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Un pack 3 en 1 a été publié par Kana au prix de 14.90 €, soit le tome 1 gratuit. Commander sur Amazon.

kanadargaudsuisse

Merci à Stéphanie et Anne-Catherine pour cette plongée nostalgique mais moderne


Leiji MATSUMOTO est un mangaka né en 1938 sur une île de la préfecture de Fukuoka. Fils d’officier dans l’armée de l’air impériale, son premier contact avec l’univers du dessin passera par la découverte des mangas d’un des ténors, Osamu TEZUKA. Également bercé par les premiers films animés de Disney, Leiji va à l’âge de neuf ans réaliser ses premières bandes dessinées. À quinze ans il remporte le concours du magazine Manga Shônen avec son premier vrai manga, Mitsubachi no Bôken, et devient par le destin l’assistant de Tezuka lui-même. Continuant de progresser dans son trait, il créera plus de trois ans plus tard sa première œuvre de science-fiction, Sexaroïd. En 1972, Otoko Oidon remporte le prix du manga Kodansha, et va par la suite avoir une vitesse de publication incroyable surtout dans le shonen mangas avec Galaxy Express 999, Albator, ou Yamato, pour ne citer que ceux-là. Portée à l’écran dans une série d’animation arrivée chez nous dans les années 70/80, grâce à Récré A2 sur Antenne 2 (ancien France 2), Albator n’est plus un héros que l’on présente. La partie graphique est assurée par Kouiti SHIMABOSHI, dont Albator Dimension Voyage est son premier travail, sur cette série en toujours en cours avec 8 tomes.

À l’origine, l’histoire débute en 2964, où Albator est un pirate de l’espace tout comme son père le Great Harlock. Après que la Terre se soit vue souillée par la perversité et la corruption de l’Homme, Albator devint un hors-la-loi en quittant la planète pour “naviguer” dans la mer du dessus. La particularité de Dimension Voyage est qu’elle est accessible à toute personne ayant déjà entendu parler du personnage, que ce soit dans sa version manga ou télévisée. Si à l’époque Leiji MATSUMOTO se servait de sa série principale Albator 78 comme point d’ancrage pour ensuite broder autour à travers les multitudes de spin-offs écrits ou animés, Dimension voyage possède l’avantage de regrouper l’ensemble de l’univers et de faire en sorte que le tout soit concordant. Le synopsis reste donc le même, à savoir la Terre a été délaissé par les plus courageux partis à la conquête de l’espace. À présent, seuls les plus miséreux peuplent les villes de la planète bleue. Au milieu de la corruption politique et de la pauvreté, la menace extraterrestre de la race des Sylvides, peuple uniquement féminin, prêt à détruire la planète.

Le premier chapitre pose la base de l’univers et permet aux nouveaux venus de prendre leur marque, en prenant le pouls de la Terre, de faire connaissance avec la menace, et avec celui qui représente l’espoir : Albator. La narration est fluide et dynamique, et le casting qui est présenté petit à petit donne envie de découvrir cette saga désormais culte. Par la suite, le tome  1 se laisse lire et fait montrer la sauce de façon sympathique et bien exécutée. On y découvre les enjeux de la menace de la reine Sylvidra. Aux côtés du capitaine de l’espace évolue le nouveau venu Tadashu Aiba, mais aussi la sublime Emeraldas. Avec eux, le capital sympathie du manga monte en flèche et on se surprend à s’attacher très vite à eux. Le capitaine est plutôt celui qui agit dans le silence, mais dont l’efficacité et la précision font mouche à chaque fois.

Les tomes 2 et 3 se lisent très bien, et je dois avouer ne pas avoir vu le temps passer. Daiba se verra mis à l’épreuve par Albator afin de mesurer son efficacité et surtout sa ténacité face aux Sylvidres. Le passé de Saiba abordé dans le tome 1 est intéressant et donne une touche dramatique au reste de l’action. Alors, oui je tais volontairement certains détails du scénario pour ne pas vous gâcher votre éventuelle prochaine lecture. Des flashbacks viennent nourrir l’intrigue et donner une dimension supplémentaire à la complexité du personnage d’Albator. J’ai également apprécié la solidarité entre les membres de l’équipage de l’Arcadia.

Dans le tome 3, l’intrigue est quelque peu mise en retrait pour entamer un virage qui va droit à la confrontation directe entre les Sylvidres et l’équipe de l’Arcadia. Et tandis que dans l’espace « les feux d’artifice » se préparent, sur Terre l’ambiance n’y est toujours pas meilleure. En effet, le gouvernement en charge réfute toute menace extraterrestre et continue de voir le corsaire de l’espace comme l’ennemi  éliminer au plus vite.

 

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Ici, le dessin est assuré par Kouiti Shimaboshi, apprenti de Matsumoto, qui dépoussière le trait et charadesign de son mentor sans pour autant dénaturer le charisme de l’oeuvre. En effet, ce qui saute aux yeux très rapidement est le charme du personnage d’Albator. Sa façon de se mouvoir, son visage aux traits mystérieux et peu souriant laisse entrevoir une sincérité profonde et un magnétisme de dingue. La globalité du dessin surfe sur la nostalgie des années 80/90 tout en le modernisant de façon efficace. Le trait et précis, dur et fin à la fois. La représentation des vaisseaux est détaillée, et on remarquera le souci des détails sur les costumes des personnages.

En conclusion, au fil de ces trois tomes, Capitaine Albator – Dimension Voyageoffre une évolution cohérente aussi bien du point de vue des enjeux que des personnalités des personnages.  Les allusions envers la mondialisation, le capitalisme, la corruption et les crises géopolitiques sont (hélas) intemporelles et on ne peut qu’y voir des reflets de notre société actuelle. L’action est présente sans prendre le pas sur la narration sous-jacente. Un reboot idéal pour les novices désirant comprendre pourquoi l’univers de Leiji Matsumoto a conquis tant de cœurs d’enfants, que pour ceux connaissant déjà l’oeuvre originale.   

 

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4 réflexions sur “Critique manga #060 – Capitaine Albator Dimension Voyage tome 1, 2 et 3

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