Critique #092 – Boys Don’t Cry de Malorie Blackman

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Ah l’adolescence. Période à laquelle les rêves sont ancrés en nous et flous à la fois, où le se dit que l’on est invincible tout en se sentant fragile face à l’inconnue de la vie. On veut devenir avocat, joueur de football, professeur, écrivain, acteur… que sais-je encore. Puis, un jour sans  prévenir la vie vous balance un gros « AH AH AH » au visage en dictant sa loi, et vous n’avez plus que vos yeux pour pleurer. Mais les garçons ne pleurent (presque) pas.
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Malorie Blackman est une écrivaine britannique dont les histoires sont destinées à la jeunesse, ainsi que la catégorie young adult. Née en 1962 à Londres, Blackman possède des origines de la Barbade du côté de ses parents, et a toujours voulu être professeur d’anglais. Mais le destin en sera autrement puisqu’elle deviendra programmeuse informatique avec un Higher National Certificate de l’université de Greenwich et un diplôme de la National Film and Television School en poche. Elle se mariera au début des années 90 et donnera naissance à sa fille, Elizabeth, en 1995. Son premier livre Not So Stupid est un recueil d’histoires courtes d’horreur et de science fiction destiné aux jeunes adultes publié en 1990. Depuis, elle n’a cessé d’écrire puisque sa bibliographie plus de soixante romans couronnés par quinze récompenses. Son talent d’écriture, Malorie Blackman le met aussi au service de la télévision puisqu’elle a écrit des épisodes de séries télévisées. La liste de ses romans est tellement longue que je me contenterai de citer : la saga dystopique Entre chiens et loups (Noughts & Crosses), Pig-Heart Boy, Les insurgés (2013), Boys Don’t Cry en 2010, et Sombres étoiles en 2016.

L’histoire de Boys Don’t Cry pourrait arriver à n’importe qui et é n’importe quel moment dans une vie. Ici, c’est le quotidien et le destin de Dante qui va être bouleversé quand vient sonner à sa porte son ex-copine Mélanie qu’il n’a pas revue depuis des mois. Dans ses bras, l’adolescente tien un bébé, le sien. Le Leur. Être père à 17 ans, ça, le jeune homme qui se voyait déjà entrer les portes de l’université à l’automne, ne l’avait pas prévu. Et s’il y a de quoi se mettre à pleurer, c’est bien connu, les garçons ne pleurent jamais.

Comme je l’ai dit juste avant cette situation peut nous tomber dessus sans qu’on le prévoie ni le comprenne. Quand cela arrive les émotions, incompréhension et la surprise sont un « melting-pot » bien trouble dont on sait qu’après avoir trempé dedans on ne sera plus jamais le même. Ce récit s’inscrit donc dans un contexte réel et donne à réfléchir. En effet, si demain vous deveniez papa ou maman, comment le prendriez-vous ? Adultes ou adolescents, les réactions sont diverses mais inoubliables. En une fraction de seconde, votre vie change pour le meilleur et pour le pire. La grande force de Boys Don’t Cry est de ne jamais tomber dans le mélodramatique à faire grimacer ou chouiner. Alors que la quatrième de couverture pourrait donner à penser le contraire, on se retrouve avec une histoire pensée pour être touchante, juste et avec des sensations de légèreté. Autre chose surprenante est le fait que d’autres thèmes que celui de la paternité/maternité viennent aussi nourrir ce roman de moins de 300 pages.

Je me suis assis dans le fauteuil face à la poussette et j’ai observé le visage tout plissé du bébé. Des larmes roulaient sur ses joues. Tout en pleurant, il me regardait le regarder. Je me suis dit à cet instant que lui et moi, on ressentait peut-être exactement la même chose. Et il pleurait et pleurait et pleurait de plus en plus fort. Il avait de la chance. J’aurais vraiment voulu en faire autant. Mais les garçons ne pleurent pas. C’est ce que Papa nous a toujours dit et répété à Adam et moi. Et puis ça n’aurait servi à rien.

Cela passe par les personnages, notamment le frère homosexuel de Dante victime d’homophobie, du manque de proximité relationnelle avec le père, d’une mère partie bien trop tôt, et du mal-être que ressent notre protagoniste principal. On est donc loin du portrait cliché de la famille modèle américaine que beaucoup donnent à ses voisins. Malorie Blackman arrive à tisser sa fresque sans dénaturer son récit ou le rendre indigeste. C’est écrit avec délicatesse, émotion et sans jugement. En lisant le bouquin, le lecteur arrive à se trouver des points communs avec toutes ces personnes, et ne peux rester insensible à ce que dégage l’écriture de l’auteure. Par exemple, je peux dire que le lien qui se noue entre Dante et sa fille est émouvant à en avoir une larme ou deux au coin de l’oeil. Cette arrivée inattendue dans la vie de jeune homme le verra devoir refaire ses plans pour son futur, mais aussi de se poser de vraies questions concernant l’éducation de l’enfant et comment subvenir à ses besoins quand on est âgé de dix-sept ans.

La plume de Malorie Blackman est parfaitement maîtrisée et la simplicité de vie de l’auteure se ressent dans son texte. L’intrigue mise en place ne laisse pas de temps pour s’ennuyer et on dévore très vite les 288 pages du roman sans s’en apercevoir. Chaque personnage impose sa vision de la vie, ses peurs et ses rêves de manière tendre mais dure à la fois.

En conclusion, Boys Don’t Cry est un roman qui nous berce et qui a été ma première lecture de l’auteure, transformée en coup de coeur. Le style de Malorie Blackman rend la lecture très vite prenante et nous remue de l’intérieur. En découvrant ces personnages plus vrais que nature on ne peut qu’admirer leur courage et se sentir concerné par ce qui se passe dans leur vie. Après cette lecture on ressort comme émerveillé par ce monde beau mais douloureux avec une seule envie y retourner pour se laisser bercer encore un instant.

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6 réflexions sur “Critique #092 – Boys Don’t Cry de Malorie Blackman

  1. J’ai découvert Malorie Blackman il y a peu de temps, avec « Entre chiens et loups » que j’ai vraiment beaucoup aimé. Je suis d’ailleurs en train de lire le deuxième tome « La couleur de la haine », dont j’apprécie toujours autant l’univers et la plume de l’auteur. Du coup, au vue de ton article, je vais rajouter le titre « Boys don’t cry » à ma PAL 🙂

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