Critique manga #068 – I love you, so I kill you tome 1

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L’amour va de pair avec la jalousie, la passion et parfois la haine. Sentiment qui prend aux tripes et qui nous habitent jusqu’à ce que la raison cède aux caprices du cœur. Contrôle, possession et j’en passe…mais que ce passe-t-il quand un paisible lycée se retrouve comme « infecté » par des envies de tuer celle qu’il aime en sa présence ? I love you, so I kill you ne laisse pas de place à l’ennui et donne un récit haletant. 

 

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Merci à Solène et Mélanie pour cette définition particulière de l’amour


I love you, so I kill you (Konya wa Tsuki ga Kirei Desu ga, Toriaezu Shi ne en VO) est écrit par Majuro KANAME et illustré par Sousou SHAKAKIBARA. Si le premier signe ici son premier travail, le second est connu pour Soloman paru en 2014 chez Doki Doki. Au Japon, I love you, so I kill you est d’abord sortie en prépublication dans le magazine Shonen R de Kodansha, avant d’être transféré dans le Bessatsu Shonen Mag en raison de son succès. Le titre est actuellement toujours en cours au Japon, avec six tomes.

L’histoire de I love you, so I kill you débute avec Taku Kamishiro, lycéen qui aime faire le ménage presque partout où il passe. Entre le décollage de chewing-gum sauvage devant son lycée, lustrage de vase chez lui et balayage, c’est une activité qui lui permet de se détendre et de réfléchir calmement. Il aime aussi jardinier et ainsi s’occuper de faire pousser les fleurs autour du lycée. Toutefois, on ne peut pas le qualifier d’impopulaire, mais il n’est pas populaire pour autant. Les autres lycées lui adressent la parole, mais c’est bien son amie d’enfance Mika Hanazono dont il est le plus proche. Pourtant, les deux possèdent chacun sa personnalité. La jeune fille est plutôt joviale, extravertie et aime bousculer et narguer Kamishiro juste pour le fun. Mais un soir, après avoir essayé d’empêcher un homme d’agresser une jeune femme dans la rue, il se retrouve habité par des pulsions meurtrières envers Hanazono. Ne se rappelant guère de son agression, outre le fait que l’homme lui avait conseillé (en hurlant) de s’éloigner de lui, le jeune homme ne comprend pas d’où lui viennent ces visions où il s’imagine en train de tuer son amie, qu’il aime pourtant d’un amour sincère.

Le récit entre très rapidement dans le vif du sujet, et interpelle le lecteur via le mystère qui entoure l’origine de ces envies de tuer. Surtout que d’autres meurtres ont été commis dans la ville, comme on l’apprend au début du manga. Est-il donc possible que plusieurs cas similaires à celui de Kamishiro existent ? En tout cas, c’est ce que laisse supposer le scénario, mais la question du “pourquoi” est présente du début à la fin. Le lycéen se retrouve malgré lui la victime de ses envies incontrôlables qui le ronge de plus en plus en présence de Hanazono. Il va alors tout faire pour non seulement rester à l’écart mais également à l’écart des autres. Au fil des jours, Kamishiro découvrira que ces envies sont aussi accompagnées de capacités plus ou moins hors norme, ce qui l’inquiétera au plus au point.

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Le scénario de KANAME est assez surprenant puisque l’on peut y trouver plusieurs degrés de lecture. Premièrement, il à la lecture en surface qui présente un jeune adolescent devenu pour une raison inexpliquée un potentiel tueur en série, alors qu’en deuxième lecture on peut y trouver une analyse sur le sentiment qu’est l’amour. En effet, plus on avance dans la lecture plus on comprend que Kamishiro ne veut en aucun cas faire du mal à celle qu’il aime malgré ses visions graphiquement très parlantes. On peut facilement y voir deux entités dans un même corps, comme deux consciences qui s’affrontent. J’ai trouvé cette approche assez intéressante, ce qui donne au récit un potentiel pas mauvais du tout. Le seul point négatif que je pourrais relever sur le scénario vient du manque d’approfondissement du personnage de Hanazono. Elle n’est pour le moment présentée que comme l’objet du désir amoureux et de la violence de Kamishiro. Elle ne nous apparaît ni sympathique ni antipathique, ce qui on l’espère changera au fil des tomes. Surtout qu’elle en face d’un Kamishiro qui transmet de la compassion et un sentiment d’apaisement au lecteur, ce qui fait que l’on arrive très bien à souhaiter qu’il ne devienne pas un tueur…mais pourra-t-il rester de marbre face à ce qui l’affecte ? Et pourra-t-il le transmettre à d’autres ?

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Le dessin de Sousou SAKAIBARA est nerveux et efficace. Les multiples scènes d’action nécessitant la vitesse sont très bien retranscrites. Les moments plus violents sont explicites et s’inscrivent facilement dans le genre d’un manga comme Gift +/-, Friends Games chez Soleil Manga, ou encore un Sky High Survial. Les planches de l’artiste vont de paires avec l’écriture de l’auteur qui allie les codes du survival et du gore de manière à ce que le lecteur comprenne à quel point notre héros lutte pour ne pas succomber à ses envies.

L’édition de Soleil Manga est de qualité et je n’ai relevé aucune coquille. La traduction de Julie Gerriet est moderne sans tomber dans les travers de la mode “djeuns”. J’ai particulièrement apprécié les parties en vernis sélectif sur la couverture et le jeu de couleurs entre le gris sombre, le mauve et le rouge sang.

En conclusion, le premier tome de I love you, so I kill you débute sur une histoire très prometteuse avec des bases psychologiques qui méritent d’être développé en cohérence. Le trait vif et détaillé de SAKAKIBARA donne une ambiance violente et typée polar noir au récit sans en abuser. Les rebondissements sont d’ailleurs nombreux, ne laissant pas le temps au lecteur de s’endormir. Un titre qui n’aura pas de mal à plaire aux amateurs du genre, et qui nous fait nous questionner sur “la passion” que peut procurer l’amour quand on le ressent.17blancILYSIKY.png

6 réflexions sur “Critique manga #068 – I love you, so I kill you tome 1

  1. Pingback: I love you, si I kill you #1 – Majuro Kaname et Sousou Sakakibara | OmbreBones

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