Critique manga #071 – Riku-Do, la rage aux poings tome 1

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« Les poings sa sert à rendre les coups qu’on reçoit« , voilà la phrase pour définir la nouvelle devise de Riku, petit garçon de dix ans. Face à la violence qui a régi son existence depuis sa naissance, Riku va devoir s’affranchir de ses fantômes passés pour devenir un grand champion de boxe. Le but ? Prouver à tout le monde, qu’il n’est pas un loser comme son père alcoolique. Riku-Do, la rage aux poings est un récit violent faisant la lumière sur les injustices de la société et dans une vie. Un coup qui fait mal, mais qu’on adore. 

 

Acheter le tome 1 de Riku-Do, la rage des poings sur le site des éditions Kazé ou sur Amazon

 

Un starter pack « 3 pour le prix de 2 » comprenant les trois premiers tomes paraîtra le 21 février 2018.

Toshimitsu Matsubara est un mangaka japonais dont Riku-Do, la rage au poings (Rikudou en VO) est le premier manga qu’il écrit et illustre. Pré-publié dans le magazine Young Jump de Shueisha, le titre intègre à la fois le monde du sport et les problèmes de société notamment en abordant l’adoption, l’injustice, le trafic de drogue  et la violence. Les amateurs de boxe, en particulier les lecteurs du manga Ashita no Joe, auront vite fait de remarquer les points communs entre les deux séries. À noter que la série est toujours en cours au Japon, avec 14 tomes actuellement. 

Lorsque débute le récit, on fait la connaissance d’un petit garçon âgé de dix ans prénommé Riku. Si vous pensez qu’à son âge Riku est devant sa télévision en train de regarder un dessin animé, détrompez-vous. Riku, est en train de boxer le corps pendu de son père alcoolique et violent. Ce dernier s’est simplement suicidé. Là arrive deux Yakusas, dont Kyôsuke Tokorozawa, chargé de venir récolter l’argent que Azami, père de Riku leur doit. Stupéfait face à la scène qu’il découvre, Tokorozawa va avoir comme réflexe de lui apprendre comment boxer grâce à un “jab”. Une technique qui viendra quelques jours après sauver la vie de Riku. Confié à sa mère, toxicomane et dépendante d’un lugubre dealer, Riku va très vite comprendre que dans la vie il faut savoir riposter si l’on veut survivre. Un jab plus tard (et un cendrier), Riku ayant la vie sauve décide qu’il veut apprendre la boxe et devenir un champion. Confié au soin de Mlle Ehara du foyer chargé de le recueillir, Riku se verra alors enseigner la boxe par l’ancien entraîneur de Tokorozawa…. ex-champion de boxe dans sa jeunesse !

Nul besoin de vous dire que ce manga n’a rien d’un long fleuve tranquille où gazouillent les oiseaux et fleurissent les fleurs dans la prairie. Pas de Laura Ingalls ici non, simplement la dure loi de la vie, de la rue et de la société. En choisissant d’explorer l’univers de la boxe, le mangaka Matsubara s’applique à brosser un tableau peu reluisant de l’injustice, du crime, de l’argent, du trafic et du sexe.Les personnages se présentent comme véritable fer de lance et ne sont pas simplement là pour vous faire tourner les pages. Non, que ce soit Riku, Tokorozawa, ou encore les enfants du foyer ils sont tous là pour avoir un impact sur la vie des uns et des autres mais aussi sur le lecteur.

N’ayant nullement envie de s’attarder sur la jeunesse de Riku (mais on a des flashbacks), on le retrouve sept ans plus tard. Adieu l’enfant apeuré dont la rage était à peine contenue, et bonjour au Riku froid en apparence avec un seul objectif en tête : devenir le meilleur dans le sport de la boxe, et dépasser celui qu’il voit comme un héros : Tokorozawa. Si la violence est très présente, le mangaka n’oublie pas d’y inclure de brefs moments plus tendres, notamment avec la présence de Mlle Ahera ou encore la petite fille – devenue une jeune femme maintenant – Naeshiro. Des personnages féminins qui contrastent avec les prostitués ou la mère junkie de Riku, pour apporter une humanité au titre. Ainsi, nous ne sommes pas complètement envahis de noirceur, et on distingue quelques petits faisceaux de lumière comme pour dire qu’au milieu de la cruauté de la vie, on peut encore y dénicher de bonnes choses, notamment des personnes avec du cœur. Mais pour cela il faudrait déjà que Riku s’en aperçoive. Fixé sur son objectif, Riku semble porter des œillères l’obligeant à toujours regarder devant et ne pas prendre le temps de vraiment vivre.

rikudo

En introduction je vous parlais du titre Ashita no Joe, dont les différentes thématiques ici peuvent rappeler ce titre, ou encore Coq de Combat. Pourtant, Riku arrive à ne pas (trop) tomber dans la redit et offre une envie de s’affirmer. La partie sportive liée à la boxe se déroule plus en second plan pour le moment, mais présente déjà de très bons points notamment avec les quelques explications concernant les différentes catégories de combat. Cela est sympathique, surtout si vous n’y connaissait rien. Pas barbant pour un sou. Comme dit plus haut, les personnages sont un véritable atout puisqu’ils sont travaillés, et on s’attache très vite au jeune Riku devenu un jeune homme depuis.

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Du côté des dessins nous sommes en présence d’une œuvre en accord avec son récit. C’est sombre, violent, et la représentation des quelques combats et dynamique, sanglante et percutante même. Les expressions des personnages, particulièrement au niveau des regards, sont très communicatives et on y lit facilement la peur, la déstresse, la violence ou encore le désarroi. Le visage de Riku est certainement le plus expressif de tous, et on voit très vite les changements que le temps a opéré sur ce petit garçon dont a froideur du regard à ses dix-sept ans est une véritable force. Les décors sont très bien travaillés et font ressortir le côté sordide des ruelles.

L’édition de Kazé est dans la lignée habituelle de sa collection Seinen, et ne présente aucune faute. Cependant, j’aurais espéré une ou deux pages couleurs en début de tome. Mais c’est du chipotage au vu de la qualité que peut représenter ce titre sur la durée. Attention, au vu du contenu Riku-Do n’est pas un manga destiné aux plus jeunes ou plus sensibles, d’ailleurs Kazé y a mis un avertissement.

En conclusion, le tome 1 de Riku-do, la rage aux poings de Toshimitsu Matsubara est un digne héritier et collègue des autres titres de boxe très peu présent sur le marché. Le récit est noir et réaliste dans ses nombreuses thématiques liées à la société actuelle. La rage et l’envie de Riku nous touchent, ainsi que sa sensibilité sous-jacente qu’il se garde dévoiler à présent. Un premier tome qui annonce une série percutante qui risque bien de mettre le lecteur K.O d’émotions après plusieurs rounds.

17/20Infos BD

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