Critique #096 – Brutale de Jacques-Olivier Bosco

TITRE PAGE

Parfois durant nos lectures, apparaît un livre qui sort des chantiers battus afin de nous procurer adrénaline et nous en mettre plein la vue. Entre violence et psychologie, Brutale dresse le portrait d’une femme flic hors du commun qui nous fait vivre à travers ses yeux et ses notions de justice son quotidien.

 

Acheter Brutale sur le site des éditions Pocket ou sur Amazon.

Jacques-Olivier Bosco est un auteur français né dans le sud de la France, en 1967, d’un grand-père sicilien arrivé dans hexagone pendant les années 30 puis immigré plus tard en Algérie. Ses parents, nés à Alger, reviennent en France parmi les rapatriés, s’installent définitivement à Nice où Jacques-Olivier va commencer une carrière professionnelle très diverse. En effet, il alternera les métiers de balayeur, éboueur, plongeur, barman puis dans le milieu du cinéma où il est scénariste de courts-métrages dans les années 90. à cette époque, Jacques-Oliver écrit déjà quelques polars qui ne dépasseront pas le stade du manuscrit. Au fil de ses voyages, le jeune homme continue d’apprendre à se connaître et se façonner au contact des autres. Il faudra attendre le début des années 2000, pour voir certaines de ces nouvelles être publiées sur le site 1000nouvelles.com, qui lui vaudra ensuite la publication en 2010 de son premier polar aux Éditions JigalPar la suite, l’auteur sorti Le cramé (2011), Aimer ou laisser mourir (2012), Loupo (2013), Quand les anges tombent (2014), Brutale (2016) et enfin à paraître le 22 février prochain Coupable chez Robert Laffont.

Brutale est comme son titre le laisser présager un récit brutal sur une héroïne pas comme les autres. Lise Lartéguy est flic à Batignolles au nouveaux QG de la PJ parisienne. Mais la nuit elle laisse parler ses plus sombres instincts afin d’éradiquer le mal à sa racine. Tout comment quand des jeunes vierges vidées de leur sang sont retrouvées abandonnée dans des endroits inhabités, rappelant vaguement des scènes de film d’horreur. Derrières ces crimes barbares se cachent des personnes opérant entre plusieurs pays : la Belgique, la Tchétchénie et la France. En annexe, des individus lourdement armés tirent sur un groupe de gendarmes lors d’un contrôle routier…

Ce qui saute aux yeux durant la lecture est le personnage “anti-héros” de Lise qui possède de nombreuses qualités comme de terribles démons intérieurs. Douce et aimante en apparence, elle se sert de son métier de police pour laisser lire court à ses pulsions de justice en toute impunité. Le portrait psychologique que dresse l’auteur est du genre désarçonnant puisqu’elle semble comme habitée par deux identités distinctes se heurtant sans cesse l’une à l’autre. On découvre dès les premières pages la violence qui régit le fort intérieur de la jeune femme sans que l’on ne sache jusqu’où elle sera amenée à aller pour arriver à ses fins. Parce que, Lise, elle s’en fiche si elle doit casser des nez et quelques côtes, laisser un criminel se noyant dans une flaque de son propre sang, ou pire. Son rapport à la notion de Bien et de Mal est particulier mais complètement en accord avec ses différentes facettes. En enfourchant sa moto, Lise ne connaît pas de limite et ne s’en imposent pas. Ce qu’elle aime c’est repérer les criminels, les étudier, les suivre et frapper au bon moment.

Le Monstre n’a plus que quelques pas à faire. Il ne pense à rien, il respire les mouvements des hommes dans la petite pièce, certains assis, d’autres debout à s’échanger une bouteille, ils parlent une langue inconnue. Ils crieront dans une langue inconnue.

La narration de ce polar est intense et brute de décoffrage. Avec ce récit Jacques-Olivier Bosco n’y va pas de main morte et fascine grâce à cette femme si atypique rappelant des ères de Uma Thurman dans Kill Bill de Tanrantino. Si au premier abord en lisant cette critique vous vous dites que Lise est le genre de protagoniste principal que l’on ne peut aimer, détrompez-vous. De par ses mots et son style, l’autre arrive à nous faire entrer en empathie avec cette amazone du bitume. Physique sportif tuméfié par la vie, Lise nous apparaît comme une sorte d’ange de la vengeance envoyé sur terre pour effacer de ses mains (et armes) les truands qui pourrissent le quotidien de gens honnêtes. Lise est peut-être une tête brûlée, mais elle possède assez d’intelligence pour faire les choses méthodiquement en ayant analysé la situation. Lise est comme une féline qui retombe toujours sous ses pattes quel que soit le danger qui l’entoure. De plus les “canailles” du bouquin sont assez bien amenées, notamment  le Cramé qui se révèle être intriguant et passionnant à la fois.

En conclusion, Brutale de Jacques-Oliver Bosco est un de ces livres qui cogne fort et juste. L’héroïne se trouve être l’atout majeur de ce récit typé polar en flirtant avec un côté borderline non négligeable. Le récit va aussi vite que la moto de Lise, on court avec elle tentant de garder l’allure vive de ses pas. Mais pourquoi elle court au fait ? Elle court après celle que sa famille voudrait qu’elle soit, celle qui la déchire et qui la ronge de l’intérieur, mais aussi pour la justice qui fait vrombir l’adrénaline dans ses veines. En bref, un très bon polar français qui ne laisse pas de marbre. À suivre dans Coupable

Infos roman

 

4 réflexions sur “Critique #096 – Brutale de Jacques-Olivier Bosco

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s