Critique manga #079 – Au-delà de l’apparence tome 1 et 2

 titre manga
Quoi de mieux pour la Saint Valentin qu’un bon petit shojo pas niais du tout, et qui aborde les thématiques difficiles mais importantes comme le harcèlement scolaire, le jugement de la société et notre propre vision de nous-même. Première série de Fumie AKATA publiée en France qui se laisse lire avec un grand plaisir, bénéficiant d’une édition de qualité.

 

Lire un extrait du premier chapitre ici

 

Acheter les tomes 1 et 2 de Au-delà de l’apparence sur le site des éditions Kana ou sur Amazon

Fumie AKUTA est une mangaka japonaise ayant débuté sa carrière en 2014 avec Miyatake Miracle, un one-shot édité par Kodansha dans le magazine Dessert. C’est en 2015 que la série Au-delà de l’apparence (Sekirara ni Kiss) débute chez le même éditeur, et est toujours en cours avec 7 tomes. La même année elle publie un nouveau one-shot Imouto ga Dekimashita. En France, Au-delà de l’apparence est la première histoire de l’auteure à se faire éditer, grâce aux éditions Kana.

Le scénario débute pas une première place présentant l’héroïne de l’histoire, Chitose, encore enfant totalement obnubilée par la jeune fille qu’elle voit dans l’écran de sa télévision. La trouvant joviale et appréciée de tous, Chitose décide de devenir comme elle. Ainsi, elle espère ne plus être détestée par les autres. On retrouve alors, Chitose maintenant adolescente qui avec le temps a réussi à se forger un masque d’apparence. Elle est souriante, joviale, polie et toujours d’accord avec les autres. Elle fait aussi très attention à sa démarche, ses vêtements, et les mots qu’elle prononce. Elle nous apparaît donc en extérieur comme un personnage faux. De cette manière elle est convaincue de renvoyer l’image en adéquation avec ce qu’elle estime que les autres attendent d’elle. En dehors du lycée, elle aide ses parents dans le restaurant de cuisine du monde, et en mettant en vente des objets qu’elle confectionne de ses mains sans jamais révéler aux clients qu’ils sont d’elle. Ayant toujours été considérée comme étrange par les autres, elle met un point d’honneur à ne pas montrer sa véritable personnalité.

Arrive alors par le plus grand des hasards, Itsuki, une jeune étudiant en arts qui va la défendre face à un pervers prennent des photos sous sa jupe. Troublée par le regard intense du jeune homme, Chitose se retrouve à courir après lui pour le remercier. C’est ainsi qu’elle se retrouve dans l’école d’art où étudie l’adolescent. Entre les sculptures, les dessins et peintures de tous ses élèves talentueux, la jeune fille se trouve comme subjuguée. Veillant à ne jamais enlever son masque en saluant les élèves qu’elle croise, elle sera surprise quand Itsuki verra clair dans son jeu et lui en fera la réflexion. Et imaginé sa réaction quand elle découvrira que le jeune homme a acheté une coque “made in Chitose” dans la boutique annexe du restaurant de ses parents. C’est alors que sans s’en rendre compte elle laissera sa véritable nature et passion transparaître…

Dans Au-delà de l’apparence, AKUTA appuie sur le thème universel de l’acceptation de soi et du jugement des autres. Comme Chitose, depuis notre enfance nous sommes critiqués et catalogués suivants des critères dictés par la société. Populaire, sportif, beau, intelligent, banal, ennuyeux, loser,… etc etc. La liste est tellement longue que l’on serait encore en train de l’écrire pendant une semaine. Le charme de ce shojo réside dans cette faculté de mettre en avant ce que je viens de vous expliquer, mais aussi dans l’univers qu’il propose. En utilisant l’art comme moyen d’expression, le scénario arrive à tirer son épingle du jeu par rapport à d’autres shojo plus traditionnels qui se passent dans un lycée banal. Ici, l’importance de l’introspection de soi est essentielle à son évolution artistique. C’est ce que Chitose va devoir faire, non seulement au contact de Itsuki mais aussi au contact des autres élèves. Elle apprendra à s’affirmer surtout à s’exprimer honnêtement sans jouer le rôle d’une fille qu’elle n’est pas. Les liens familiaux s’en retrouveront affectés, étonnamment en mieux à ses yeux. Si le personnage de Itsuki semble déclencher une envie de changement chez la jeune fille, le lecteur découvre assez vite que lui-même n’est pas des plus transparents. En effet, à travers les yeux de Chitose on se rend compte que ce dernier ne dévoile que très peu d’éléments le concernant, ce qui créera des situations compliquées entre les deux, mais totalement crédible. Après tout, pourquoi s’ouvrir à quelqu’un qui ne fait pas la même chose en retour ?

La partie graphique est excellente. On est en présence ici d’un shojo au style assez classique mais qui possède un trait très précis et doux. Le regard de chacun est extrêmement bien travaillé, et quand Chitose parle du “regard intense” de Itsuke, le dessin parle de lui-même. C’est simplement magnifique, comme rarement j’ai pu le voir dans un autre manga. La représentation du décor lié aux salles de courts d’art est assez complet, et on arrive facilement à s’y imaginer.

En conclusion, les deux premiers tomes de Au-delà de l’apparence est un shojo manga très agréable à la lecture. Les thématiques abordées par Fumie AKUTA – harcèlement scolaire, de l’acceptation de soi, et du regard des autres –  sont bien traitées et permettent une réelle réflexion sur l’attitude de chacun au jour d’aujourd’hui. Le rythme est bon, et les personnages sont tous attachants, nous donnant ainsi envie de poursuivre l’aventure avec eux.

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