Critique manga #089 – Q Mysteries tome 1 et 2

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Sous l’énigmatique Q Mysteries se cache un scénario sur le même pied d’égalité qu’un Dan Brown ou un Michel Bussi pour les plus francophones d’entre vous. À sa tête une héroïne possédant des pouvoirs aussi super, mais sans le côté surnaturel, qu’une Wonder Woman, mais propice à faire de l’ombre aux Sherlock et autres détectives du même acabit. Alors, à quelques jours de la journée de la femme laissez-vous tenter par ce récit intelligent, instructif et sensible. 

 

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Merci à Stéphanie et Anne-Catherine pour cette lecture à l’héroïne faisant pâlir de jalousie Holmes et co.


Q Mysteries est un seinen écrit par Keisuke MATSUOKA, auteur du light novel Bannou Kanteishi, dont l’adaptation en manga trouve son origine. Le dessin est assuré par Chizu KAMIKO, dont Q Mysteries fût le premier travail. On le retrouve ensuite aux planches de Are You Alice ? Anthology (2013), Shikabane Shoujou to Kakanai Gaka (2015) et l’année dernière sur Kabukibu!. La conception des personnages est signée Hiro KIYOHARA, mangaka japonaise dont la majorité de ses œuvres sont destinées à un un public friand de surnaturelle et d’horreur. Sa carrière , elle, la débuta en tant qu’artiste sur Mad World – Holiday, Mad World – Inner Voice, et Mad World – Wounds  disponibles en français. En 2008, elle signe son premier et unique titre à ce jour, en auteure uniquement, Tsumitsuki et Another, aux éditions Pika.
Q Mysteries est un manga fini en 10 tomes aux éditions Kana dans la collection Big Kana, avec une adaptation cinématographique datant de 2014 par Uda Manabu (Lucky Seven, Tokyo Airport).

Le premier tome s’ouvre sur la ville de Tokyo au Japon, en l’an 20XX, au troisième étage du bâtiment de Kadokawa Hebdo. Parmi les journalistes y travaillant se trouve le jeune Yûto Ogasawara, s’appliquant tant bien que mal à faire son travail depuis quatre ans. Perçu par ses collègues et sa hiérarchie comme un élément un peu bancal, il s’applique tout de même à faire son travail avec la meilleure volonté du monde. La dernière affaire en date est celle de mystérieux autocollants aux visages de sumo dispersé un peu partout dans les rues de la ville. Simple artiste des rues, voyou, ou plaisantin, les hypothèses concernant l’identité de l’auteur sont nombreuses. Yûto décider alors d’enquêter afin de proposer un scoop au magazine pouvant rebooster les ventes de l’hebdomadaire. Mais manque de chance, il ne peut compter sur l’aide précieuse des experts en œuvres d’art. Il va alors faire appel à un cabinet d’expertises en tous genre nommé « Q », avec pour seul membre de l’équipe la jeune et belle Riko Rinda. Tout d’abord sceptique, le journaliste va rapidement découvrir que intellect de Riko est aussi vif et impressionnant que tous les experts de la ville réunit.  

Comme Yûto, le lecteur est très vite pris de court par le sens de l’observation et de déduction de la jeune femme. Allure mystérieuse et féerique, Riko ne peut que forcer l’admiration. En acceptant d’aider le journaliste sur les vignettes de sumos, ni Riko ni Yûto ne peuvent se douter que ces vignettes de sumos cachent en réalité une plus grande affaire. Dans un premier temps, le lecteur est invité à découvrir les nombreuses capacités de Riko. Pour cela le scénario met en place de petites enquêtes sans aucun lien apparant entre elles, pour mettre en avant le fait que la jeune experte peut aussi bien analyser les choses visuellement, mais également les sons.

Avec ce duo masculin/féminin, Q Mysteries nous emmène dans un univers de polar /thriller rappelant les récits sur Sherlock Holmes, ou encore la série télé The Mentalist. Le rythme est pensé en amont et sert brillamment le scénario de Keisuke MATSUOKA. Avec son personnage de Riko, l’auteur s’amuse à distiller une multitude d’informations qui font que la narration sort des sentiers battus par d’autres mangas du genre. Par exemple, on y apprend les différentes techniques d’illustrations pour les vignettes de sumos, mais aussi les différentes de fréquences dans un son (scie, musique,…). Si vous vous demandez si cela à son importance dans l’avancée du mystère, je dirais que oui, beaucoup.

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Ainsi, on peut en savoir d’avantages sur les personnages et les ressentis, même si Riko garde une aura mystérieuse notamment sur comment elle a développé ce don particulier pour analyser ce qui l’entoure. Yûto, lui, n’est pas ce que l’on appelle un journaliste très à l’affût, mais est servi par des qualités telles que son très bon fond. Son esprit combatif et courage lui confèrnte un haut niveau de sympathie, et vient à former un joli duo avec Riko. À l’image du journaliste, le lecteur se retrouve avec pas mal de questions en tête concernant la jeune fille. Paraissant aussi réservée que mystérieuse, on note assez vite un certain degré de sensibilité.

Des éléments de réponse sont apportés dans le tome 2 de Q Mysteries, qui nous projette quatre années en arrière sur l’île de Haterumajima, dans la préfecture d’Okinawa. Pendant les trois quarts du tome, le récit nous propose de découvrir la jeune Riko, âgée de 18 ans et lycéenne, parmi une population de seulement 500 habitants. Personnalité joviale et attachante, elle est appréciée de tout le monde, et surtout de sa famille. Pourtant, aussi surprenant soit-il on est surpris de constater que malgré son naturel, Riko n’est pas celle que l’on attendait. À savoir qu’elle ne fait pas partie des meilleurs élèves de la classe. Elle a beau étudier d’arrache-pied, elle est incapable de retenir la moindre information lue dans les livres. Résultat, les notes de la jeune fille sont catastrophiques (sauf en musique t en sport) ce qui inquiète grandement son professeur principal, Mr Kiyan.

En choisissant de revenir sur le passé de Riko dès le tome 2, Keisuke MATSUOKA permet au lecteur de répondre aux questions du lecteur tout en humanisant le personnage. Ce côté presque surréaliste (voir robotisé) des connaissances de Riko pouvait très bien, si mal exploités, ôter cette part de sensibilité dont le lectorat a besoin pour s’attacher à un protagoniste. Bien entendu le scénario n’oublie pas de développer son fil rouge autour de toutes les petites enquêtes qui viendront peu à peu n’en former qu’une seule. Avec un tel scénario nul doute que l’auteur a pris le temps de se documenter pour rendre le tout cohérent et donner un vrai fond à son récit.

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Le dessin de Chizu KAMIKOU offre une ambiance moderne et riche de par la simplicité de sa mise en page. Le trait est à la fois structuré et doux, relayant très bien les expressions de chaque personnage. Les diverses situations laissent aussi bien place au sérieux qu’à l’humour, prenant appui sur un arrière-plan servant très bien les propos.

L’édition de Kana est à saluer à la vue de ses nombreuses qualités. Je noterai le choix des couvertures noires et sobres avec le symbole “Q” dans diverses couleurs selon les tomes. On garde ici une belle uniformité et complémentarité avec le contenu.  Je tire aussi mon chapeau à la traduction de Pascale Simon (Black Butler, Deadman Wonderland, I am a Hero) très respectueuse de l’univers et du ton engagé dans le manga. De plus, chaque tome s’ouvre sur deux ou trois pages couleurs à en tomber à la renverse tant le trait de KAMIKOU est sublimé.

En conclusion, en seulement deux tomes, Q Mysteries propose aussi bien un fil rouge digne d’une série télé comme True Detective ou un polar à la Michael Connelly. L’auteur Keisuke MATSUOKA offre un récit hautement intelligent et captivant, avec à sa tête un duo charmant, attachant et sensible, et une héroïne des plus surprenante.

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5 réflexions sur “Critique manga #089 – Q Mysteries tome 1 et 2

  1. J’avais vu les couvertures sans vraiment savoir ce que c’était…maintenant tu m’a donné envie de le lire ! C’est vraiment le genre que j’aime bien.

    Aimé par 1 personne

    • Je regrette pas cette découverte vraiment. Les couvertures intrigues et ne révèle pas beaucoup du contenu, mais je trouve qu’elles fonctionnent bien avec l’aspect thriller/enquêtes et instructif. Si tu as l’occasion de le lire, vaut mieux lire le 1 et le 2. En plus en 10 tomes terminés c’est cool.

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