Critique manga #091 – Fruits Basket Perfect Edition tome 1 et 2

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Seize ans après sa première édition en France, le manga culte de toute une génération, Fruits Basket, se voit enfin offrir la fraîcheur d’une « Perfect Edition » chez Delcourt-Tonkam. Publié à l’origine au Japon en 1998, ce manga shojo reste un intemporel dont le trait et le talent de narratrice de Natsuki TAKAYA sont un gage de qualité. Nostalgiques ou nouveaux lecteurs, laissez-vous tenter par l’aventure riche en émotions de Fruits Baskets. 
Acheter les tomes 1 et 2 de Fruits Basket sur le site des éditions Delcourt-Tonkam ou sur Amazon

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Merci à Solène pour ce voyage dans le temps


Natsuki TAKAYA est une mangaka originaire du Japon, née en 1973 au sud de Tokyo. Son envie de dessiner des manga s’est manifestée dès l’école primaire, majoritairement grâce à sa grande sœur qui voulait elle-même devenir mangaka. La carrière de TAKAYA débute en 1991 dans le magazine Hana to yume avec Sickly Boy wa Hi ni Yowai. Après plusieurs histoire courtes, elle se lance sa première série longue avec Gen’ei Muso (Démons et Chimères – 1994) et Tsubasa wo motsu mono connu en France sous le titre de Ceux qui ont des ailles datant de 1995. Fruits Baskets, représentant son oeuvre majeure, débuta en 1998 pour se terminer en 2006, après 23 tomes. Face au succès retentissant du titre, une adaptation en animée vit le jour en 2001. La même année elle reçoit le prix Kõdansha dans la catégorie shojo, bien qu’il ne soit pas édité par cet éditeur. Par la suite, TAKAYA publie Twinkle Stars en 2008, et Liselotte et la forêt des sorcières (2011), séries disponibles chez Delcourt. En France, Fruits Baskets a été publiée en intégralités aux éditions Akata/Delcourt également, avant de se voir réédité en 2018 dans une “Perfect Edition” reprenant la version collector parue au Japon, en 12 volumes. En 2015 au Japon, l’auteure signe le retour de sa franchise avec la suite directe, Fruits Basket Another, actuellement en cours avec trois tomes de prévu au total. Le premier tome de cette suite est également disponible en français depuis le 14 février dernier.

Véritable manga de référence pour les plus anciens lecteurs, au même titre que Dragon Ball ou Ranma 1/2, Fruits Baskets a su, à l’époque de sa publication, séduire les lecteurs aussi bien féminins que masculins. Pourtant avec une intrigue ancrée shojo cela n’était pas forcément gagnée. Mais c’était sans compter sur la sensibilité du titre et son atmosphère. L’histoire est celle de Tohru, orpheline de seize ans, qui décide d’être totalement indépendante. Armée de courage, notre Tohru décide d’installer sa tente sur un terrain en friche appartenant à la famille Sôma. Parmi ces derniers, il y a Yuki et Shiguré qui en constatant la présence de la jeune fille lui propose de l’héberger. Sauf que la famille est frappée par une malédiction voyant les membres se transforment en l’un des douze animaux du zodiaque chinois, dans des circonstances particulières…

Le synopsis écrit ci-dessus n’est qu’un très bref résumé du début de l’intrigue, qu’il est préférable de découvrir au fur et à mesure durant la lecture. En effet, cela serait regrettable de vous faire spoiler la richesse de ce titre et son univers en seulement quelques lignes. La grande force de Fruits Basket se trouve en grande partie dans ses protagonistes qui sont un savant mélange des adjectifs “mignons”, “courageux”, “attendrissant” et “drôles”.

Dès les premières pages, la narration agit comme un envoûtement magique sur le lecteur grâce au rythme de narration qui ne connaît pas de creux. Le quotidien de la lycéenne, et des autres, se mélangeant avec habileté à la part de surnaturelle du récit. La mangaka s’amuse et met beaucoup de coeur dans ses personnages, tout en maîtrisant les codes du shôjo. L’humour est très présent sans tomber dans le pompeux. Au fil de la lecture, on ne peut s’empêcher de sourire et de tourner les pages avec envie.

Les personnages sont attachants, malgré le fait qu’au départ il est possible de ne pas tout de suite s’attacher à Tohru. Mais plus les dialogues, pensées et planches filent sous nos yeux, plus on se laisse porter par cette sensibilité propre au personnage. Le côté comique entre les deux cousins, se chamaillant à chaque occasion n’est à aucun moment lourd, et représente un running gag convaincant. Les échanges entre les différents personnages sont tendres et pleins de moments fort en émotions. En effet, si ce shojo bénéficie de l’humour il n’oublie pas d’être plus sérieux et sombres aussi, ce qui apporte une très belle dimension au titre.

Si cet univers et ses personnages fonctionnent, on peut remercier le talent de narratrice de Natsuki TAKAYA qui laisse ce beau petit monde prendre vie sous ses doigts. Au fil des chapitres, ils se révèlent bien plus complexes que ce que à quoi on pouvait s’attendre. En incorporant la malédiction liée aux signes du zodiaque chinois, l’auteure apporte quelque chose qui encore à ce jour reste assez inédit, en tout cas à cette envergure. Le caractère de chacun des membres de la famille Sôma est pris en considération pour être en accord total avec le signe. Par exemple, Yuki, du signe de la souris, est plus discret voire taciturne en comparaison à Shiguré sous le signe du chien, qui se montre plus jovial et joueur.

 

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Dans le tome 2, l’univers posé par TAKAYA poursuit son développement et la mise en valeur de ses qualités. Afin d’y parvenir, nous avons le droit à l’introduction de nouveaux personnages en les autres membres de la famille Sôma. La jeune Tohru continue de faire connaissance avec eux tout en découvrant que les relations entre certains ne sont pas forcément des plus chaleureuses. Le mystère autour des Douze se développe de façon équilibrée et prenante, sans oublier de laisser place aux émotions que chacun peut éprouver, sans tomber dans la guimauve bien niaise. De plus, Fruits Basket représente une belle fenêtre sur la culture Japonaise, où l’on en apprend beaucoup sur le fonctionnement d’un lycée, ses clubs annexes, etc… La nourriture n’est pas non plus un mets à négliger ici.

Le dessin de Natsuki TAKAYA est très typé shojo plus particulièrement celui des années 90, mais reste assez séduisant visuellement. De grands yeux expressifs, des visages pointus mais plein de charme, le trait de la mangaka va de pair avec son récit. En effet, il serait inimaginable de voir un Fruits Basket illustré autrement… Bien entendu certains auront du mal à se lancer dans ce titre en regardant simplement les pages, tant cela ne correspond plus vraiment au graphisme actuel des shojo. Pourtant, sachez que cela serait comme renier votre grand-mère simplement parce qu’elle est “démodée” et/ou “ridée”. De plus, cette sensation s’estompe allègrement au fil de la lecture.

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Cette nouvelle édition de Delcourt-Tonkam offre un très bel écrin à cette oeuvre culte. Ici un tome correspond à deux tomes simples, ce qui reviendra à 12 tomes au total en “Perfect”. Les couvertures sont vraiment belles et pleines de fraîcheur. La typographie du titre a été retravaillé par l’équipe française, puisque dans la version d’origine la police utilisée est plus cadrée et basique. Les dialogues ont été annoncé comme remanié pour être plus fidèle à l’oeuvre, mais je ne peux pas vraiment me prononcer là-dessus puisque je me souviens pas de traduction de la version précédentes. Le papier utilisé est également meilleur que celui de la première édition. Petit bonus, le premier tirage a été annoncé comme ayant un marque-page en cadeau. Personnellement, je ne l’ai pas eu donc je ne pourrais pas vous dire si cela est simplement dû à un oublie ou autre chose.

En conclusion,Fruits Basket n’est pas resté dans l’esprit des lecteurs de l’époque comme un manga de référence pour rien. Le récit joue sur de multiples aspects de la vie quotidienne que n’importe qui peut connaître, tout en incorporant du surnaturel et des thèmes douloureux, comme le deuil. L’humour et la galerie de ces personnages haut en couleurs sont écrits pour nous faire ressentir des émotions, et croyez-moi il y en a. Alors que vous ayez connu ce titre ou non, et malgré les 16 ans de cette saga (parution française, 20 ans pour la japonaise!), sachez que Fruits Basket est une lecture abordable par n’importe quel lecteur voulant passer un magnifique moment de lecture.17blanc

 

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2 réflexions sur “Critique manga #091 – Fruits Basket Perfect Edition tome 1 et 2

  1. Pingback: Mon vide-grenier Livresque #26 – Les Blablas de Tachan

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