Critique manga #096 – Gantz – Perfect Edition tome 1

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« Welcome to the Matrix! » GANTZ, est ce que Matrix est à la science-fiction des années 2000 : un incontournable. Publié durant près de 10 ans au Japon, avant d’arriver en France quelques petites années plus tard, l’oeuvre de Hiroya OKU est devenu une référence dans le manga au même titre que Dragon Ball, Ranma, ou encore Battle Royale. Plus violent que les deux premiers cités précédemment, il n’est toutefois pas moins impactant. 

 

Acheter le tome 1 de la Perfect Edition de Gantz sur le site de Delcourt-Tonkam ou sur Amazon.

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Merci à Solène et Mélanie pour cette revisite du monument qu’est Gantz !


Hiroya OKU est un mangaka né en 1967 à Fukuoka, au Japon. Son envie de faire carrière en tant qu’auteur de manga lui vint après la lecture de Vampires par Osamu Tezuka. En 1989, il sera pré-publié dans le magazine Young Jump, avant de sortir son premier manga, Hen, en 1991. Ce titre inédit en France, aura le droit à deux OAV en 1997 au Japon. Après avoir tenté d’explorer les méandres du jeux vidéos avec la conception du titre Zero One, c’est en 2000, que OKU débute GANTZ, pré-publié dans Young Jump, dont le succès ne tarda pas à se manifester. En parallèle, il commence l’écriture de Me teru no Kimochi, en trois tomes, puis Last Hero Inuyashiki de 2014 à 2017. En France, GANTZ a été publié dans une première version, simple, entre 2003 et 2013, avec 37 tomes. C’est finalement à l’été 2017, que l’éditeur décide de proposer une nouvelle version, appelée « Perfect Edition », de ce titre étant le plus connu de son auteur à ce jour. Au même moment, sort aussi en français le spin-off GANTZ : G, avec trois tomes en cours.

À noter qu’au fil des années, l’univers de GANTZ s’est vu adapter en série animée (2000) le temps de deux saisons de 13 épisodes, de deux films live en 2011, ainsi que d’un film d’animation avec un aspect presque 3D intitulé GANTZ : O [je vous en parle ici] en 2015.

L’histoire de GANTZ se déroule dans le Japon moderne des années 2000 où deux lycéens, Kei et Masaru, meurent écrasés par un train après avoir porté secours à un ivrogne tombé sur les rails. Mais au lieu de mourir, et d’aller on ne sait où, les deux jeunes hommes se retrouvent téléportés dans un appartement de la capitale où une sorte de sphère noire plus qu’étrange appelée “Gantz” ordonne aux deux anciens camarades, et aux autres personnes dans la pièce (également téléportés après leur mort) de participer à une sorte d’univers rappelant celui d’un jeux vidéo où ils doivent éliminer des monstres extraterrestres et un certain “homme poireau”…

Se trouvant à cheval entre l’univers des films Matrix et The Cube, le scénario de Hiroya OKU embarquent un groupe d’être humains censé être morts dans notre monde, vêtus de combinaisons noires, d’armes spéciales, ils vont découvrir que des règles régissent ce monde où ils ne peuvent se permettre de se faire tuer, sous peine de plus jamais retourner dans leur monde à eux. À première vu, on pourrait se demander ce que ce manga de 37 tomes dans son édition simple (18 pour la version « Perfect »)a à proposer pour durer aussi longtemps. La réponse est assez simple : une ambiance et des thèmes aussi nombreux que divers, qui font que GANTZ est un titre aussi prenant que marquant.

 

 

Cette nouvelle édition permet au récit de ne pas se retrouver scindé en deux, comme lors de la sortie du tome 1 dont la première mission du groupe était coupée en pleine narration. Ici, ce sont ne sont pas moins de 22 chapitres qui vous invitent à être lu. Quand on se lance dans l’univers de GANTZ il faut savoir que le récit va en s’étoffant de plus en plus, offrant une belle galerie de personnages que l’on trouvera soit attachants, téméraires, psychologiquement faibles, et j’en passe. Plus les pages défilent sous nos yeux, plus l’intrigue voit le lecteur se poser des questions telles que « D’où viennent ces créatures ? », « Pourquoi nos apprentis combattants ne sont-ils pas mort comme cela est censé se passer ? » Etc… Le rythme qu’impose OKU à son scénario est haletant, prenant et on se sentirait presque embarqué nous aussi dans ce monde démentiel.

La richesse de l’univers de GANTZ arrive à reprendre des codes du genre de la science-fiction tout en incorporant des points propres au genre “survival”, ce qui fait en quelque sorte de GANTZ un titre précurseur au même titre que Battle Royale. Que ce soit Kei ou Masuru, chacun possède son caractère ce qui apportera aux missions du groupe des moments particulièrement périlleux. Il y également la question de la nécessité de tuer tel ou tel ennemi mortel, car certains d’entre eux se révèlent en réalité inoffensifs. Si GANTZ a tout pour séduire, il faut noter que le fanservice est présent dans le récit, avec notamment de la nudité. Ce point a longtemps été l’un des reproches principaux fait à GANTZ lors de sa publication dans les années 2000, pourtant il permet de donner un côté très réaliste à ce titre notamment avec l’aspect cruel et sans remords de certains individus. Après tout, que ce soit dans l’univers de GANTZ ou dans le nôtre, l’être humain n’est pas forcément un « bisounours au pays de Candy ».  

 

 

Le trait graphique de OKU ne plaira pas forcément au premier abord tant il flirte avec un style propre à lui et le style graphique des années 90. Pourtant cette particularité fait des planches de GANTZ une œuvre à elle seule, puisque les visages et expressions ont un fort impact durant la lecture. Par exemple, il ne sera pas étonnant de voir le visage d’un des personnages en pleurs avec de la morve au nez… personne n’est jamais glamour quand il pleure, hein. La violence du titre passe aussi par le trait de l’auteur qui ne se prive pas de faire couler le sang, ou montrer de la nudité. De ce fait, le titre est déconseillé au moins de 16 ans, comme le mentionne l’édition de Delcourt-Tonkam.

Parlons d’ailleurs de cette “Perfect Edition” qui regroupe en un seul tome deux tomes de la version originelle. Le papier n’est pas meilleur que lors de la première publication, mais n’est pas non plus de mauvaise qualité. En fin de volume, vous trouverez une interview exclusive de l’auteur, qui revient sur la création de GANTZ et sur son parcours. La suite de l’interview devrait d’ailleurs être présent dans la suite de cette nouvelle édition. Un petit marque page est également offert dans ce tome. Seul petit bémol à mon goût pour cette “Perfect Edition” est le manque de pages couleurs en début de tome, ce qui aurait été fort appréciable. Néanmoins, l’ouvrage est de bonne qualité dans son ensemble, et la jaquette est très belle. 

En conclusion, que l’on soit un ancien lecteur ou un nouveau, GANTZ représente une œuvre intemporelle mettant en avant un monde où la survive prime tout en abordant des sujets propres à la conception du bien et du mal chez l’être humain. Le mystère autour de cette sphère noire intensifie au fil des chapitres, dont le rythme imposé par Hiroya OKU ne laisse pas le temps de s’ennuyer.  Un manga devenu culte, et ce n’est pas pour rien.

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