Critique #104 – Un sac de Solène Bakowski

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Il y a des romans qui parfois nous laissent sans voix, nous captivent, nous mettent mal  à l’aise, mais que l’on finit par adorer. Un Sac de Solène Bakowski entre dans toutes ces catégories à la fois. De son style singulier mais captivant, elle arrive à imposer à la fois son personnage et son monde sans que le lecteur ne puisse y échapper.  

 

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Solène Bakowski est une auteure française née en 1981, vivant actuellement à Paris. Elle est titulaire d’une licence de chinois et d’une maîtrise de français langue étrangère, elle a, pendant un temps, partagé sa vie entre la France et la Chine avant de devenir Professeur des Écoles. Elle est l’auteure de Parfois on tombe (2014) aux éditions Favre, lauréat du Prix de la Chapelle-Montreuil de 2015. Un sac et Chaînes tous deux publiés en autoédition en 2015. Le succès fut assez conséquent puisqu’il aura été repéré par l’éditeur Bragelonne qui le publia dans la collection Thriller. Une Bonne attention est disponible chez même éditeur en poche depuis le début du mois. Son dernier roman en date est Avec elle en autoédition, faisant partie d’un projet commun de l’auteure est d’Amélie Antoine, qui de son côté a publié Sans Elle. Plus d’infos sur le site de l’auteure.

Le synopsis présente les rues de la capitale française, où une jeune femme se tient face au Panthéon, avec dans ses bras un sac qu’elle serre avec ténacité. Cette femme, elle s’appelle Anna-Marie Caravelle, et se décrit comme une marginale. Vingt-quatre ans plus tôt, elle est élevée par Monique Bonneuil qui la gardera caché du monde extérieur durant des années. Hantée par son histoire, Anna-Marie décide de nous conter son passé violent et noir. Entre le suicide d’un père qui ne désirait pas d’un enfant et d’une mère  jetant la faute sur elle, Anna-Marie est un personnage qui frappe là où il faut pour marquer le lecteur.

Parlons d’abord de la plume de Solène Bakowski qui est ce qui définit le plus ce récit. C’est avec un style à la fois déroutant et captivant que l’auteure nous livre des mots empreints de lyrisme, de cynisme et ne prenant pas le lecteur avec des pincettes. Les pages se tournent facilement et avec envie, où l’on est poussé par la curiosité de comprendre qui est Anna-Marie.

Cette dernière est l’un de ces personnages que l’on crée de manière complexe et faite pour fasciner durant la lecture. Malmenée depuis toujours, mise de côté et bien plus, cette femme est la véritable force du roman. De plus, le lecteur entre très facilement dans la tête du personnage tant elle arrive à nous charmer et nous faire perdre l’équilibre. Entre folie et faux-semblant, Anna-Marie nous laisse découvrir tour à tour, chapitre par chapitre, toute sa psychologie et ses facettes. Manipulatrice, vicieuse et plus si affinités…

Le malheur a une temporalité qui lui est propre et la souffrance dure toujours une éternité. Mon éternité à moi, c’était ce vide qui s’était installé dans ce deux-pièces, cette angoisse qui transpirait par tous les pores de ma peau et cette affreuse bonne femme qui m’avait élevée, que j’aimais encore et qui, pourtant, n’était plus capable d’amour envers moi. Le genre de boule qui vous tue si vous ne la tuez pas avant.

Alors bien entendu, le lecteur veut savoir ce que contient ce mystérieux sac, ce que l’héroïne nous cache dans l’ombre, et pourquoi elle est là ce soir-là. Pour le savoir il faudra s’accrocher et le lire, car il serait malhonnête de ma part de vous en dévoiler plus. Par contre je peux vous parler de son message sous-jacent qui semble dire que notre parcours est déjà défini dès la naissance, par les liens avec nos proches, afin d’avoir des bases solides pour plus tard. Alors imaginiez quand les fondations de votre vie sont déjà bancales.

En conclusion, Un sac est un roman noir particulièrement efficace et fluide dans son écriture, où le lecteur sera souvent sous l’ombrage d’une ambiance aussi captivante que sinistre. Le rythme imposé par la main de Solène Bakowski est entraînant, faisant ainsi monter peu à peu le suspens et cette horrible sensation d’être victime du charme de sa création. Mais au final, on en redemande…

Thanksgiving (1)

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