Critique comics #008 – The Infinite Loop tome 1

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Amoureux de science-fiction ou non, The Infinite Loop est un projet made in France par un duo plein de talent et d’idées à revendre. Entre personnages attachants, amour, et questions sociétales, le récit se laisse lire avec un plaisir non dissimulé. C’est fun, les pages explosent sous nos yeux et on ne peut qu’aimer encore et encore.

 

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Acheter le tome 1 de The Infinite Loop sur le site des éditions Glénat Comics ou sur Amazon

 

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The Infinite Loop est l’oeuvre de deux Français, Pierrick Colinet au scénario et Elsa Charretier aux dessins. Avant de collaborer ensemble sur ce titre, le duo avait déjà travaillé sur Aeternum Vale chez Wanga Comics en 2013. L’année suivante pour le lancement de leur nouveau projet, ils décident de démarrer une campagne de crowfunding via Ulule, dont l’objectif des 5 000 € fut rapidement atteint puisqu’ils explosèrent le baromètre avec un financement final de 250% ! En 2015, The Infinite Loop intégra le catalogue des éditions Glénat dans la collection comics, avec un tome 2 déjà disponible. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, le duo attira très vite l’attention de l’éditeur IDW Publishing aux États-Unis qui décida de publier le titre dans les pays anglophones. Depuis, nous avons pu voir Elsa Charretier illustrer de nombreuses séries pour Marvel (Unstoppable Wasp), DC Comics (Starfire, Harley Quinn), et IDW Publishing (Star Wars Adventures – à venir chez Delcourt). En 2014, Pierrick Colinet signa aussi un épisode de Le Garde Républicain.

L’histoire est celle de Teddy, une jeune femme vivant dans un futur où la paix règne, où le crime et la haine n’existe plus, et surtout où il n’y a plus d’amour. La routine de la jeune femme est rythmée par son travail au sein d’une brigade gouvernementale chargée d’éliminer les anomalies temporelles. C’est d’ailleurs lors d’une nouvelle mission qu’elle va tomber sur l’une d’elles, présentée sous la forme d’une femme, dont Teddy va tomber amoureuse. Confrontée à un choix sans précédent, Teddy va-t-elle suivre ce que lui dicte son cœur ou ce que son devoir lui dit de faire, c’est-à-dire supprimer la cible ?

Le scénario écrit par Pierrick Colinet mêle assez bien le genre de la science-fiction et de la romance, puisque les émotions y seront importantes. L’ambiance qui se dégage des pages est très vite charmante notamment grâce au trait de Elsa Charretier que l’on reconnaît entre mille. Son style dynamique convient parfaitement au récit de son acolyte, présentant une idée non seulement originale mais humaine. Cette partie est mise en scène par le découpage original qui nous montre une Teddy se parlant à elle-même représentée sur le papier par “ses copies” imaginées dans sa tête rendant l’action assez surprenante et amusante.

 

Le côté humain du récit réside en ses personnages et ses débats qui ne cessent de venir alimenter leurs pensées. Teddy et Ano, le nom donné à l’anomalie femme, sont des personnages attachants et que tout semble opposer notamment par le travail de la première et la “fonction” de la seconde. Pourtant, dès le départ les deux sont interloquées par le regard de l’autre. Teddy est à la fois forte et réfléchie alors qu’Ano nous est dépeinte comme naïve et très innocente sans que cela ne soit péjoratif. Non, ici il serait intéressant de voir une double interprétation du personnage de Ano. En effet, si elle est une anomalie temporelle dans le temps qu’il faut éliminer pour garder cette “perfection” que représente la boucle du temps, elle peut aussi faire office d’anomalie dans l’existence de Teddy puisqu’elle devient comme sa “faiblesse”… et sa force également. À son contact, Teddy va connaître des sentiments qu’elle n’avait jamais connus, et pareil pour Ano.  La relation entre les deux est quelque peut rapide mais apparaît comme une évidence dans la lecture. Sorte de coup de foudre de l’âme, Teddy et Ano, dégage une véritable douceur et sensualité qui arrive à nous happer.

Les dialogues et la narration sont aussi imaginatifs que l’univers de Infinite Loop en lui-même. L’écriture de Colinet est très dynamique et plonge très vite le lecteur dans ses idées, et les nombreux histogrammes mis en place apportent de la fraîcheur que l’on ne voit pas souvent. Le tout est chapeauté par le talent d’artiste de Charretier. Cette dernière arrive à casser les bases d’une mise en page traditionnelle pour nous offrir un véritable voyage pour les yeux. Les cases sont tantôt « classiques » tantôt plus « folles », avec parfois des doubles pages à tomber. Visuellement on se rapproche d’un Darwyn Cook (Catwoman, Batman, etc) et d’un Bruce Timm (Batman : Mad Love), deux artistes reconnus dans le milieu depuis des années, et qui si vous en êtes fan devrait faire de The Infinite Loop un bonbon acidulé et succulent pour votre cerveau. La colorisation est aussi « POP » au possible mais colle parfaitement au style de l’artiste et au récit de Colinet.

 

En abordant le thème de l’amour, et avec deux femmes de surcroît, The Infinite Loop représente une belle histoire LGBTQ qui en ravira plus d’un. Néanmoins, il serait réducteur de seulement lui mettre cette étiquette puisque l’histoire est en réalité une histoire d’amour, de tolérance, de découverte et d’explorations des sentiments. L’édition de Glénat Comics est du solide. Couverture cartonnée, préface écrite par Kelly Thompson (Jem and the Holograms, Captain Marvel and the Carol Corps) et galerie de bonus en fin de tome. Et ce n’est pas tout ! Non, non et non. En plus des couvertures et des crayonnés, un dossier accompagne le tome écrit par Katchoo Scarlettinred rédactrice du blog The Lesbian Geek, revenant sur l’histoire de l’homosexualité dans les comics. C’est ludique efficace et pas moralisateur.

En conclusion, ce tome 1 de The Infinite Loop est l’un récit avec un véritable message qui n’est cependant pas là pour vous donner de leçon, mais plutôt pour guider (si vous le souhaitez) vers une ouverture d’esprit. C’est écrit avec amour, passion et motivations, et l’on arrive très bien à sentir la complicité de Pierrick Colinet et Elsa Charretier. Les personnages sont plus qu’attachants et nous éclaboussent de leurs personnalités et mots de façon humaine et pleine d’humour. infos.png

 

 

5 réflexions sur “Critique comics #008 – The Infinite Loop tome 1

  1. La thématique me plait, le fait que les héroïnes soient des femmes aussi et les exemples d’illustrations me plaisent beaucoup!! Donc…..il va bientôt rejoindre ma pal!! haha 😀 Merciii pour cette jolie découverte! Je ne connaissais pas du tout!!

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  2. Ça fait un moment que je vois les visuels tourner sur forums en avatar ou en bannières sans savoir de quoi ils étaient tirés. Maintenant je sais, et j’ai d’autant plus envie de découvrir 😀

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