Critique manga #106 – On The Frontier

titre manga

On The Frontier se définit comme un recueil d’histoires courtes par le mangaka Tôru IZU, méconnu du public français, mais déjà actif depuis plus de dix ans dans le milieu. Entre tragédies, apprentissage de soi, accomplissement de ses rêves, On The Frontier regorge de brefs morceaux abordant le quotidien de personnes aussi attachantes que fortes. 

 

Acheter le recueil On The Frontier sur le site des éditions KANA ou sur Amazon
kanadargaudsuisse

Merci à Stéphanie et Anne-Catherine pour ces lecture riche en émotions 


Tôru IZU est un auteur et dessinateur japonais de manga actif depuis 2008, dont la première publication a été Mitsubachi no Kiss aux éditions Futabasha. S’il compte quatre mangas parus à ce jour au Japon, en France, ses parutions sont restées inédites jusqu’en mars dernier. Les éditions KANA ont lancé le recueil On The Frontier du mangaka comprenant six petites histoires publiées à l’origine entre 2007 et 2008. Ce tome est disponible dans la collection Made In de l’éditeur, où figure Dans un recoin de ce monde de Fumiyo KOUNO, Au cœur de Fukushima de Kazuto TATSUTA, ou encore La Fin du monde, avant le lever du jour de Inio ASANO pour ne citer qu’eux.

Présenté comme un récit d’histoire courtes, On The Frontier (Henkyo de izutoru sakuhin-shu) est un ouvrage regroupant de brefs moments dits de « tranche de vie » du quotidien se permettant d’explorer plusieurs instants de la vie de quelques personnages. Entre l’innocence de l’enfant, l’incertitude de l’adolescent, et la réalisation du temps qui passe de l’adulte, Torû IZO décortique l’âme humaine avec parcimonie. La force du récit se trouve dans ses protagonistes qui, au fil de pages, s’entrechoquent les uns aux autres. Nous avons par exemple l’étudiante en art qui veut à tout prix présenter un travail de fin d’année à l’image de sa personnalité, quitte à aller contre ses détracteurs lui rabâchant sans cesse qu’elle n’y arrivera pas. Le mangaka s’attarde sur plusieurs aspects de la vie sociale et professionnelle comme le fait de vouloir sortir des sentiers battus, ou encore la violence que peut subir un enfant.

Si les six récits s’imbriquent subtilement entre eux, certains passages resteront plus facilement gravés dans notre esprit après avoir refermé le livre. À titre personnel, j’ai particulièrement été touché par le petit Eto, bagarreur et rêveur, dont les ellipses temporelles laissent transparaître la violence qu’il a subie. Nous avons aussi les travailleurs de chemins de fer et les tragédies qui peuvent venir couper court à leur vie en un glissement de terrain, par exemple. On apprend aussi à la valeur de la vie et l’importance de la liberté d’être soi dans un monde contraignant. 

 

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Le trait de Tôru IZU est d’une précision presque poétique rendant les récits aussi sublimes que touchants, et ne tombe jamais dans la surenchère. Les planches rappellent parfois le style graphique de Hayao MIYAZAKI, à qui l’on doit une galerie infinie de chefs-d’œuvre tels que Le Chateau dans le ciel, Le Voyage de Chihiro, ou encore Nausica. Durant la lecture, le lecteur sera gentiment bercé par la douceur que dégagent les cases, parfois énergique et parfois plus immobile. 

L’édition proposée par KANA rend merveilleusement justice aux récits de l’auteur. La jaquette est toute en sobriété grise/métallisé. Étant une publication de la collection Made In, les dimensions sont différentes (148×210) par rapport à celle du manga dit basique (127×180), et met donc bien en avant le dessin de l’auteur. L’impression est bonne et profite de son choix de papier de qualité, ce qui n’est pas rien quand on veut offrir un bon ouvrage. La traduction de Pascale Simon (Black Butler, Deadman Wonderland, Dans un recoin de ce monde, Gintama, …) est bien menée et montre bien toute la polyvalence que peut avoir Simon dans son travail, aussi bien à l’aise dans de la fantaisy et polar que dans des récits plus intimes.

En conclusion, en un peu moins de 240 pages, Tôru IZU offre des personnages forts et attachants qui sauront émouvoir et divertir le lecteur, qu’il soit lecteur de mangas ou de bande dessinées. Chaque récit possède une richesse propre à ce que l’auteur a voulu en faire, soit un témoignage vivant de la rudesse de la vie quotidienne à n’importe quel âge. Et arrivée à la dernière page on ne peut qu’espérer revoir cet auteur dans les publications françaises, tant la lecture fut unique et agréable.

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