Critique #109 – Les Bracelets rouges de Albert Espinosa

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Publié pour la première fois en 2008 dans sa langue d’origine, Le Monde Soleil, devenu par la suite Les Bracelets Rouges a été une sorte de thérapie pour son auteur, Albert Espionosa. Atteint d’un cancer et hospitalisé pendant dix ans. Mais au lieu de s’apitoyer sur son sort et se laisse à aller à la mort, il prendre le temps d’apprendre de sa situation pour toujours y extraire du positif. 

 

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Albert Espionosa est un auteur espagnol né en 1973 à Barcelone. À l’âge de 14 ans on lui diagnostique un cancer le faisant passer les dix années suivantes à l’hôpital. Sa maladie lui fit perdre une jambe, un poumon et une partie de son foi.  Il ne quittera l’établissement hospitalier qu’à l’âge de 24 ans, et débuta ses études d’ingénieur industriel. Marqué par son long séjour à l’hôpital, Espionasa écrira son autobiographie, ainsi que des scénarios pour le théâtre et la télévision espagnole, en Catalogne. Il monta sa compagnie de théâtre Los Pelones, le même titre que l’un des ses premières pièces de théâtre jouée en 1995. Il est découvert comme écrivain avec le livre Planta 4ª (2003), où il explique son expérience à l’hôpital, adapté ensuite au cinéma par Antonio Mercero. On lui prêtera aussi les scénario de plusieurs films espagnols. En 2010 et 2012 il est l’auteur des Bracelets rouges (Polseres vermelles), une série mufti-récompensée, ayant quatre remake à son actif dont un américain. Son premier roman, Tout ce que nous aurions put être toi et moi si nous n’étions pas toi et moi, sort en 2012 aux Éditions Grasset en France. Le Monde-soleil – aussi connu sous Les Bracelets rouges –  et Si tu me dis viens, je laisse tout tomber… sont également chez le même éditeur.
Début 2018, la chaîne TF1 lancera sa propre adaptation de Les Bracelets rouges, avec Nicolas Cuche à la réalisation, en six épisodes de 52 minutes. Fort de son succès (sur une moyenne de plus de 5 millions de téléspectateurs), la chaîne annonça une saison 2 de huit épisodes pour 2019.

Les Bracelets rouges est le roman autobiographique revenant sur les dix ans qu’a passés l’auteur, à l’adolescence, à l’hôpital luttant contre sa maladie. Si en débutant la lecture on peut s’attendre à y trouver du drame en série, ce n’est pas le cas. Au lieu de broyer du noir toute la journée, Albert Espinosa s’est adapté à son environnement, entouré de garçons et de filles de son âge.

De chacune des ses expériences douloureuses, le jeune homme trouvera la force d’y trouver du positif, pour au final former un tableau rayonnant. Si cela semble surprenant, il n’est pas moins rare de voir des personnes gravement malade garder espoir en la vie et en ses surprises, aussi bonnes ou mauvaises soient-elles. Au milieu des ses adolescents malades comme lui, l’auteur nous propose de relativiser face à notre quotidien sans pour autant devenir un donneur de leçons. Lui et les autres, appelés Les Pelés (Los Pelones), tentent chaque jour qui se lève d’avancer en essayant d’avoir une vie la plus normale possible. Tout le long des 200 pages que fait ce livre, l’auteur distille des astuces pour les gens en plein désarroi comme lui, entre sérieux, tristesse et humour. Il n’est pas surprenant d’ailleurs de retrouver à rire par moments.

C’est vrai que je parle de façon un peu frivole de la mort, que je fis qu’elle est belle alors que la mort d’un être cher est toujours terrible et qu’on a le droit de trouver qu’il n’y a rien de beau dans tout ça. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que la mort n’existe pas. Quand quelqu’un meurt, son souvenir demeure, sa vie se partage entre les gens qui l’ont connu. C’est comme s’il se démultipliait en de nombreuses personnes.

Dans l’ensemble c’est presque un roman feel good que l’on a ici, et si l’on devait lui coller une étiquette. À aucun moment Albert Espionosa ne se plaint de sa situation et de sa maladie qui lui a beaucoup pris aussi bien physiquement qu’au niveau du temps. On sent très vite que les mots couchés sur le papier ont été une véritable thérapie pour lui, afin d’accepter et d’avancer. Il est à préciser que pour ceux ayant découvert la série télévisée sans lire le bouquin, il ne faut pas s’attendre à retrouver le quotidien de tous les jeunes adolescents malades vu dans l’adaptation de fiction française. Et non, l’auteur ne donne pas de solution miracle pour vaincre son cancer, mais plutôt comment vivre avec. Face à une maladie, cancer ou autre, on se retrouve comme devant un mur que l’on pense infranchissable. Certains arriveront à l’escalader ou à l’abattre et reprendre une vie normale, tandis que d’autres abandonneront avant même d’essayer. Chacun de nous est différent face à une situation dramatique. Prenons l’exemple d’un incendie. Certains arriveront à fuir, appeler les secours, tandis que d’autres resteront tétaniser. Dans Les Bracelets rouges, c’est exactement ce que l’auteur à voulu expliquer, pour ainsi s’aider à lui-même, et pourquoi pas aider quelqu’un dans la même situation que lui. Le seul petit point négatif ici est sa longueur : 192 pages seulement ! 

En conclusion, Les Bracelets rouges est un récit positif qui se laisse lire avec plaisir, et qui selon la sensibilité de la personne sera pousser à la réflexion. Les petites phrases presque philosophiques qui le composent sont soutenues par l’écriture fluide, agréable et pas larmoyante d’Albert Espinosa. Une lecture légère et inspirante que je recommande malgré le fait que l’on reste un peu sur notre faim.

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5 réflexions sur “Critique #109 – Les Bracelets rouges de Albert Espinosa

  1. J’ai vu deux épisodes de l’adaptation en compagnie de ma mère, on avait vraiment bien accroché ! Je suis curieuse de découvrir le livre ^^

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