Critique manga #113 – The Promised Neverland tome 1

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Il était une fois, un orphelinat où il faisait bon vivre. Entre les murs de Grace Field House on ne peut qu’y entendre les rires des enfants et l’amour de leur « maman », enfin… jusqu’au jour où la terrible vérité ne commence à venir teindre de noirceur la quiétude des lieux. Attendu comme LE titre à découvrir cette année, The Promised Neverland est un conte pas comme les autres, où l’horreur et la psychologie digne d’un thriller s’invitent sur fond de visages aussi mignons qu’attachants. Oserez-vous vous y aventurer à votre tour ?

 

Cette lecture a été fait en commun avec Esprit Otaku, dont son avis peut être lu ici

 

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kaze

Merci à Anita pour cette plongée dans ce conte addictif  à la fois mignon et horrifique 


The Promised Neverland (Yakusoku no Neverland en VO) est un manga écrit par Kaiu SHIRAI, dont la carrière débuta en 2015 avec le one-shot Ashry gate no yukue sur le site Shonen Jump Plus. S’en est suivi la courte histoire Popy no Negai qui fut la première collaboration avec la dessinattrice Posuka DEMIZU. Les illustrations de cette dernière sont très populaires, et voit sa série parallèle Moudaze !! Oreka battle dans le magazine CoroCoro appréciée. C’est en 2016 que le le binôme se retrouve pour l’une des franchises les plus recommandées de ces dernières années au Japon, comptant déjà 8 tomes, et devant les titres Fire Punch et les spin-off de My Hero Academia. En France, le titre est disponible aux éditions KAZE, avec une publication bimestrielle.

Le récit s’ouvre sur l’orphelinat Grace Field House où, comme chaque matin, les enfants de l’établissement se réveillent en chahut, les plus grands s’occupent des plus jeunes, et ou la joie règne. Il faut dire que les petits lurons sont cajolés par leur « maman » Isabella, entre amour, enseignement et bienveillance. Devenue une véritable mère à leurs yeux, ils ne voient aucune ombre à leur vie paisible. Mais un soir, alors que l’une d’entre eux s’en va retrouver sa nouvelle famille, le lourd secret qui habite les murs de l’orphelinat est découvert par deux d’entre eux, Emma et Norman. Ils vont alors prendre conscience qu’ils doivent à tout prix s’échapper au plus vite, s’ils veulent rester en vie !

La narration débute par les mots d’Emma, onze ans, faisant partie des orphelins les plus âgés au même titre que Norman et Ray. Chacun d’entre eux possède des qualités que « maman » apprécie, comme les facultés d’apprentissages hors du commun d’Emma, le sens de l’analyse et de lucidité de Norman, ou encore les connaissances de Ray sur divers sujets comme la mécanique ou la science. Autour d’eux gravitent les autres enfants, qui parviennent très vite à nous attendrir par leurs sourires et envie de vivre pleinement leur innocence. Élevés depuis leurs premières années à Grace Filed House, il est tout naturel qu’ils considèrent les lieux comme leur véritable foyer. En découvrant le récit on est vite interloqué par le tatouage que chaque petite tête blonde possède dans le coup, à savoir une série de chiffres (pour les identifier ?). Dès lors, on sait que quelque chose cloche, mais on est à mille lieux de savoir ce qui se trame. Le ton de l’histoire est très vite donné, puisqu’en seulement un chapitre et une vingtaine de pages, on a pu découvrir la journée type des enfants, la vie en communauté et les interdits. Le plus intelligent est qu’aucune des informations n’est bâclée ni étirée sur des phrases interminables. L’immersion est donc aussi rapide qu’un claquement de doigts, et les pages se dévorent.

Attention au SPOILERS dans la bande-annonce ci-dessous !

Ancré dans le genre fantasy, The Promised Neverland peut se targuer de ne pas avoir besoin de faire appel à la magie pour happer le lecteur. Il mise simplement sur la présence d’une ribambelle d’enfants, sur des secrets lourds de conséquences, une ambiance horrifique teintée par l’insouciance propre à l’enfance. Aucun super-pouvoirs non plus pour Emma est les autres, mais simplement des qualités qu’ils ont su travailler au fil des années comme si il étaient allés à l’école. Pourtant comme dit plus haut, sous cette façade de normalité et d’amour familiale, se cache une figure de taille qui donne très vite la note « LA » du récit : Isabella. Sorte de maman de substitution aux vêtements rappelant les gouvernantes dans les maisons de bonne famille (ou même Mary Poppins), elle souffle sur le lecteur aussi bien le chaud que le froid. On peut tout à fait dresser des parallèles avec les contes des frères Grimm comme Hansel et Grettel. S’il serait facile de vous spoiler la nature exacte de la menace, et son but, ou même celui de Maman, je ne le ferais pas. Cela reviendrait simplement à vous gâcher la lecture et les surprises qu’elle réserve.

Parce que le potentiel de The Promised Neverland n’est pas un mensonge ou une exagération. Entre l’évasion que le trio tente de mettre au point, la double facette de « maman », le clin d’œil sombre aux contes de fées, et la narration d’un shonen plus dark que ce que l’on a l’habitude de lire, le récit ne cesse d’imposer un rythme bien amené. Le scénario de Kaiu SHIRAI se veut nerveux dans son intrigue et porteur de personnages résolument combatifs et plus qu’attachants. De même qu’a la capacité du récit de nous faire nous sentir comme étant nous aussi l’un des enfants de Grace Field House, sorte de quatrième protagoniste venu rejoindre Emma, Ray et Norman dans cette noirceur qu’ils viennent de découvrir. Fait amusant, après coup, la lecture m’a rappelé une anecdote d’un de mes cours d’histoire parlant du « Modeste Proposition”, sorte de discours publié par Jonathan Swift en 1729, visant à réduire la misère et la surpopulation touchant l’Irlande durant le XVIII siècle. Soyez rassuré, pour ceux qui le connaissent, cela avait été écrit sur le ton de l’ironie par cet écrivain satiriste.

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Le dessin de Posuka DEMIZU possède deux styles différents et complémentaires. Le plus évident et la patte chaleureuse et innocente propre au histoires avec des enfants venant s’ajouter à l’univers de l’horreur. Le trait est doux et dure à la fois, surtout les expressions. Le soucis du détail apporté aux visages transmet chaque petite émotion, de la joie aux regard sinistre et inquisiteur de Maman. Le seul petit reproche que l’on pourrait faire sur ce point positif est que parfois, certains faciès arrivent au mauvais moment de l’histoire. Si cela échappe à la vigilance des autres personnages, pour une raison que l’on ignore, le lecteur le remarquera. Le chara-design est séduisant et permet d’identifier facilement les bouilles des petits. Les décors intérieurs ou extérieurs sont aussi bien travaillés et contribuent à cette double ambiance que dégage le titre.

En conclusion, The Promises Neverland possède autant de qualités qu’un Death Note, par exemple, dont l’intrigue peut déboucher sur plusieurs narrations, comme on le découvre en fin de tome. Fort de ses personnages cruellement délicieux, le duo SHIRAI et DEMIZU offre ici une histoire mêlant à la fois horreur, thriller et univers fantastique où il serait bon ne pas y mettre les pieds autrement que par la lecture. À dévorer sans plus attendre!

17/20

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12 réflexions sur “Critique manga #113 – The Promised Neverland tome 1

  1. Avec cet article, tu confirmes ce que je pensais de ce titre après en avoir lu un extrait… il repartira avec moi lors de mon prochain passage dans ma librairie de mangas préférée. Mon porte monnaie ne te dit pas merci 😜

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    • Le côté horreur est plus là pour créer de la tension et du suspens. C’est pas un Saw ni rien, on ne voit pas de torture cet. C’est plus angoissant qu’autre chose. Dis moi si tu fini par te lancer. entre ce titre et l’Atelier des Sorciers Jai préféré celui-ci. Meme si l’Atelier est divertissant, je me suis plus retrouvée dans Promised. Il y a plus d’enjeux en fait et on sait pas du tout où ça va nous mener.

      Aimé par 1 personne

      • Je pense qu je vais me lancer alors! Le synopsis me rappelle un peu Lake Ephemeral (un roman)! Si ça tombe cela n’a rien à voir mais il m’intrigue du coup…donc je vais tenter! 😉

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  2. Pingback: Manga – The promised neverland 1 – Kaiu Shirai et Posuka Demisu – Les lectures de Sophie

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