Critique #111 – Meurtres, en toute intelligence de Jacques Attali

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Objet non identifié en approche, je répète, objet non identifié en approche. Si on craint de voir un jour débarquer les extraterrestres dans leurs vaisseaux, on devrait avant tout avoir peur de nos propres objets volants. Après le danger du terrorisme dans les avions, la sécurité fut renforcée, mais quand est-il des drones que l’on voit fleurir ici et là ? Si à premières vues on se dit que ces objets dont pour « le divertissement » on peut craindre de les voir utiliser comme des armes. Guerre, meurtre commandité, attentat…. l’Homme ne cesse de créer ce qui pourrait causer, à terme, sa perte.

 

Acheter Meurtres, en toute intelligence sur le site des éditions Fayard ou sur Amazon 

LIRE UN EXTRAIT EN CLIQUANT ICI

Merci aux éditions Fayard et au site Babelio de m’avoir fait découvrir cet auteur


Jacques Attali est un économiste, écrivain et haut fonctionnaire français né à Alger en 1943. En 1956, deux ans après le début de la guerre d’Algérie, son père, un autodidacte qui réussit dans le commerce de parfumerie au pays, décide de partir s’installer avec sa famille à Paris. Avec son frère jumeau Bernard, ils suivent des études dans un lycée du XVIème arrondissement de paris, où ils rencontrent le futur homme politique Jean-Louis Bianco, l’homme d’État Laurent Fabius, ou encore André Fermigier, leur professeur de lettre qui deviendra plus tard critique d’art au journal Le Monde. En 1965, il sort major de l’école polytechnique, et devient ingénieur du Corps des mines. Après des études en politique, il devient, à 27 ans, auditeur au Conseil d’État, puis maître de conférences en sciences économiques en 1968. Après 1985, il enseignera cette matière à l’Université Paris-Dauphine, ainsi que dans deux autres écoles. De 1981 à 1991, il est conseiller spécial de François Mitterrand, puis fondateur et premier président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Il est le fondateur de trois institutions internationales de plus : Action contre la faim, Eureka, et Positive Planet. Depuis 2003, il dirige l’orchestre universitaire de Grenoble sous la direction de Patrick Souillot dans des pièces telles que des concertos pour violon de Bach, une messe de Mozart, et bien d’autres. Depuis 1973, Attali a publié plus de 1 000 éditoriaux dans le magazine de l’Express, et est auteur de 67 livres (La Vie éternelle, Au-delà de nulle part, Premier arrêt après la mort,…etc) vendus à 7 millions d’exemplaires et traduits en 22 langues. Meurtres, en toute intelligence est son dernier roman en date paru en mars 2018 aux Éditions Fayard.

L’histoire se passe à l’automne 2018, lors du séjour à Paris de Oleg Brejanski, PDG d’une des plus grandes firmes de la Silicon Valley, assassiné dans sa chambre d’hôtel du Crillon. La chargée de l’enquête Fatima Hadj, commissaire, va alors se concentrer sur les collaborateurs qui ont accompagné Brejanski pour finaliser la fusion avec une petite entreprise française. Pourtant rien ne colle. Pas d’empreintes, pas de piste et pas de traces d’effraction. Alors comment s’est-il retrouvé avec une balle dans la tête ? Et si la réponse se trouvait dans la technologie de maintenant et celle qui ne cesse de proliférer autour de nous ?

C’est en partant de ce constat que Jacques Attali écrit ici son deuxième thriller, et on peut dire qu’il est aussi intelligent qu’il ne fait peur. Je m’explique. Si le point de départ est commun à 95% des thrillers que l’on peut lire à foison, Meurtres, en tout intelligence possède une identité singulière car elle nous ouvre les yeux faces à toutes les prouesses technologiques que l’homme a créé. À coup de logiciels, de smartphones de plus en plus performants, de puces électroniques, de drones et autres gadgets, nous n’avons jamais été aussi dépendants de ces choses matérielles.

Le personnage de Fatima Hadj devient très vite l’une de ses femmes qui détonne dans un univers trop souvent masculin. En effet, la plupart du temps quand on pense à un commissaire on s’imagine un homme comme Adamsberg personnage récurrent des polars de Fred Vargas. Ici, pas de gros problèmes d’alcool, pas de divorces en pagailles, ou autres. Non. Fatima est une jeune femme aimant s’occuper de ses deux fils, très ambitieuse, parfois hargneuse, indépendante et surtout percutante dans le mériter. Mais dans cette infime rage qui l’habite, Fatima est aussi la fille de quelqu’un, possédant des faiblesses et surtout capable d’aimer quitte à en souffrir. Le lecteur la suite volontiers au fil de ses découvertes qui ne manqueront pas d’interloquer le Président de la République lui-même ! Eh oui, quand une personnalité aussi haut placée dans la sphère nationale et mondiale met son nez dans ce qui semble être un simple meurtre, on sait que beaucoup de surprises nous attendent. Pour l’aider dans cette enquête peu banale, Fatima travaille en duo avec le commandant Alfred Zemmour, un vieux de la veille comme on dit. L’alchimie entre les deux fonctionne bien, et on s’amuse de les voir tantôt complémentaires tantôt incompatibles. Leur méthode de travail a beau être différente, chacun trouve toujours quelque chose de neuf à picorer chez l’autre.

– Excuse-moi. Mes paroles ont dépassé ma pensée.
– Chez moi, on dit que les paroles ne dépassent jamais la pensée; car elles ne peuvent exister sans la pensée qui les conduit vers la bouche.

La narration de Jacques Attali est aussi intrigante qu’addictive. En invitant l’intelligence artificielle au cœur de son récit, l’auteur décortique ce qui pourrait nous attendre demain… le fait que le récit se passe en octobre 2018 n’est pas choisi au hasard. D’ailleurs, tout le développement autour de la causticité de pointe de l’entreprise du PDG, Brejanski, m’a rappelé le manga Psycho-Pass [mon avis ici] qui a pour idée de pouvoir prévoir le futur comportement dangereux d’un individu avant que celui-ci ne passe à l’acte. La manipulation n’est donc jamais loin, et on peut se dire que cela pourrait arriver assez vite dans notre réalité… effroyable non ? L’auteur met aussi en avant la face cachée de l’iceberg que représente le développement des drones. À la fois stratégique dans des opérations militaires, dans des attentats, dans l’espionnage de masse et j’en passe, on est loin d’être face aux « gadgets qui volent innocemment dans le ciel » que nous connaissons. On appréciera aussi les nombreuses références culturelles à Tolkien ou Homère. 

En conclusion, fort de ses connaissances dans plusieurs domaines divers et variés, Jacques Attali propose avec Meurtres, en toute intelligence une mise en lumière sur les dangers des inventions de l’Homme. Entre thriller et le réalisme de l’intrigue, le récit nous plonge dans un futur aussi évolué que sombre….

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Une réflexion sur “Critique #111 – Meurtres, en toute intelligence de Jacques Attali

  1. Je reconnais les compétences de l’auteur en politique. Par contre, il ne maîtrise pas celles d’un auteur de polar….sa commissaire passe son temps, même au bout du monde, à compiler les informations des réseaux sociaux…aucun travail d’enquête….les seules questions qu’elle se pose concernent ses attirances sexuelles!!

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