Critique #112 – Toutes blessent, la dernière tue de Karine Giebel

titre.png

Surnommée « reine du polar » par des milliers de lecteurs, Karine Giebel est revenu en mars dernier avec Toutes blessent, la dernière tue, aux Éditions Belfond. Et c’est sans sourciller que l’auteure nous attrape par ses mots, laissant son emprunte incisive dans notre esprit. Sombre, violent et difficile, Karine Giebel dresse le portrait d’une réalité de société beaucoup trop cachée : l’esclavagisme moderne. 

 

Acheter Toute blessent, la dernière tue sur le site des éditions Belfond ou sur Amazon

 

LIRE UN EXTRAIT EN CLIQUANT ICI

 Merci aux éditions Belfond et au site Babelio de m’avoir fait découvrir cette auteure


Karine Giebel est une écrivaine française née en 1971, dans le Var. Après avoir fait des études de droit et l’obtention d’une licence, la jeune femme se cherche en cumulant plusieurs emplois, comme par exemple celui de pigiste et photographe pour un petit journal ou encore saisonnière dans un Parc National. Elle est actuellement juriste dans la fonction publique territoriale. Son premier roman, Terminus Elicius paraît en 2004 avant de se voir rééditer dans une édition augmentée chez Belfond en 2016. En 2007, sort Morsure de l’ombre qui lui offre les prix Intramuros du festival de Cognac 2008 et Prix SNCF du polar 2009. Elle publiera par la suite Chiens de sang (2008), Juste une ombre (2012), qui recevra notamment le Prix marseillais du polar 2012, Purgatoire des innocents (2013) qui lui vaudra définitivement le surnom de “reine du polar”. Après Satan était un ange en 2014, elle rejoint les éditions Belfond pour la parution de De Force (2016) qui rencontra un immense succès. En 2017, l’éditeur publie un recueil de nouvelles où elle condense en quelques pages toute la force de ses romans, avec pour titre D’ombre et de silence. Toutes blessent, la dernière tue est disponible depuis le 22 mars dernier.

L’histoire est celle de Tama, neuf ans, vendue par son père qui ne peut subvenir aux besoins de sa nouvelle famille. Il décide alors de vendre son enfant à une famille en France, où la petite devra effectuer quelques besognes. En échange, on lui promet une bonne éducation et de pouvoir aller à l’école. Mais quand Tama arrive rien ne se passe comme on le lui avait dit. Parallèle à cette histoire, le lecteur est invité à suivre celle de Gabriel, vivant à l’écart du monde dans sa ferme, et où ses “démons” ne cessent de nourrir un profond besoin primaire…

Le jour à nouveau. Tama ne peut le voir. Elle se noie dans un océan rougeâtre, cernée par des récifs acérés. Au loin, flottent des épaves disloquées qui ont dû, un jour, être ses rêves. Des flammes dévorent son cerveau, sa bouche est sèche comme le désert.

Les quelques lignes que vous venez de lire ne sont que le sommet de l’iceberg de ce qu’offre Toutes blessent, la dernière tue. Dans les plus de 700 pages que compte ce roman, l’auteure nous fait découvrir l’esclavagisme moderne qui, malheureusement fait encore des ravages de nos jours, malgré le silence qui entoure cette inhumanité. Ici, pas de joie ni de repos, puisque l’on découvre avec dureté et le cœur serré les conditions de la vie dans laquelle vit Tama, allant de violence en violence. Le plus difficile est de constater que les maigres lueurs d’espoir qu’elle aperçoit au loin sont très vite réduites en cendres et absorbées par l’obscurité des tourments qu’elle endure, aussi bien physiques que psychologiques.

Ne connaissant Karine Giebel que de nom, son nouveau roman fit donc office de “première fois”, et je dois dire que malgré la très noire plume de l’auteure, j’ai été facilement entraînée par le rythme qu’elle impose. De nombreux passages s’avèrent difficiles, mais le lecteur se sent comme investi d’une mission. Laquelle ? Celle de découvrir le déroulé du destin de Tama et Gabriel, différents mais que la vie n’a eu de cesse de blesser. Si dans un premier temps nous ne comprenons pas comment les deux vont être imbriqués l’un à l’autre, les idées de Giebel se mettent en place pour mieux nous balader de détails en détails, sans jamais nous laisser un vrai moment de calme. Mais qu’à cela ne tienne, le style vif et percutant de l’auteure fonctionne et nous happe sans ménagement. Le lecteur viendra certainement se demander si le récit ne va pas trop dans les extrêmes et de manière gratuite. Pourtant, les témoignages d’esclavagisme à notre époque existent, aussi rares soient-ils dans les médias. Le réalisme qui construit ce récit nous tord dans tous les sens, et on ne s’en remet pas.

En conclusion, Toutes blessent, la dernière tue se veut un roman noir, psychologique, difficile et brutale, mais dont la qualité d’écriture de Karine Giebel nous plonge facilement dans les méandres de l’addiction qu’elle insuffle en nous afin que l’on ne lâche jamais la lecture. Les personnages aux multiples facettes nous embarquent dans une histoire qui nous marquera au plus profond et de façon indélébile.

infos roman.png

 

 

 

7 réflexions sur “Critique #112 – Toutes blessent, la dernière tue de Karine Giebel

      • Alors, je n’ai pas lu tous ses romans, mais tous ceux que j’ai lu m’ont marqués, c’est dire si j’adore son univers ^^
        J’ai commencé avec Juste une ombre que j’ai trouvé exceptionnel (la fin est l’une des fins les plus dingues que j’ai pu lire)

        Les morsures de l’ombre est excellent, et pour une fois, ce n’est pas un pavé ^^

        Et j’ai également lu des recueils de nouvelles.

        Maitres du jeu contient deux nouvelles, dont l’une est particulièrement réussie ^^

        D’ombre et de Silence est un autre recueil de 8 nouvelles, mais par contre je l’ai trouvé assez dur et malheureusement très réaliste car les thèmes sont très actuel. On sent que KG a des choses à dire.

        Si tu aimes les nouvelles je te conseille D’Ombre et de silence, et si tu veux un roman, les deux que j’ai cité plus haut sont parfaits 😉

        Aimé par 1 personne

  1. Karine Giebel ! J’aime tellement cette auteure 😍😍 je n’ai encore jamais été déçue par ses romans. Certes ils sont sombres mais poignant de vérité !

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s