Critique manga #120 – Otaku Otaku tome 1

 titre manga (1).png
« Tonight tonight he’s gonna get it right, even losers can get lucky sometimes. In a perfect world the geeks get the girls » dixit l’hymne des geek par les punk rockers d’American Hi-Fi. Parce que oui, depuis la nuit des temps les geek sont souvent moqués, rejetés par les filles, mais tout de même apprécié (oui avouez-le!). Otaku Otaku est un peu le récit de ces personnes, aussi bien masculines que féminines, dont la passion pour la culture pop et geek est souvent perçu comme un défaut. Entre comédie proche d’un The Big Bang Theory sans la partie science, et une ambiance à la cool comme dans F.R.I.E.N.D.S, ce nouveau manga est là pour vous charmer et vous inviter à la culture geek sans prétention aucune.
Acheter le tome 1 de Otaku Otaku sur le site des éditions KANA ou sur Amazon
LIRE UN EXTRAIT DU TOME 1 EN CLIQUANT ICI

kanadargaudsuisse

Merci à Stéphanie et Anne-Catherine, pour cette comédie romantique sur fond de geekitude


FUJITA est une mangaka d’origine japonaise connue pour son  premier manga Otaku Otaku (Wotaku ni Koi wa Muzukashii en VO) publié en lignes une communauté pour les artistes nommée Pixiv, en avril 2014. Fort du bouche-à-oreille, l’entreprise de publication Ichijinsha s’intéressa au titre en achetant les droits de publication en ligne pour Comic Pool (en partenariat avec Pixiv) avant d’être aussi  proposé en version papier à l’automne 2015. Depuis avril dernier, une adaptation en série animée par les studios A-1 Pictures (Black Butler, Fairy Tail, Sword Art Online, Magi) est diffusée au Japon. En France, le titre est adapté par les éditions KANA dans la collection Big Kana, avec cinq tomes en cours au Japon. À noter que le titre est aussi en cours aux États-Unis sous le titre de Wotokai : Love is Hard for Otaku.

Momose Narumi et Nifuji Hirotaka sont deux anciens amis d’enfance qui se retrouvent du jour au lendemain à travailler dans la même entreprise. Portant l’étiquette d’otaku, c’est-à-dire une personne qui consacre une grande partie de son temps aux BD, mangas, dessins animés, jeux vidéo, etc… Narumi est de celles qui ne le crie pas sur tous les toits, surtout au travail. Un soir, au détour d’un verre,  la jeune femme va très vite raconter ses déboires amoureux au Hirotaka. En effet, à chaque fois qu’elle est en couple elle finit par se faire larguer à cause de sa personnalité de geek, qu’elle s’efforce tout de même de cacher. En revanche, Hirotaka est quelqu’un qui s’assume et qui n’a pas honte de qui il est. Enfin….en apparence ! Reprenant peu à peu contact, ils finissent très vite par se côtoyer à nouveau, à partager une console vidéo, et finissent par se mettre en couple. Mais au final, le point commun d’être ces deux otaku, suffira-t-il pour que leur histoire fonctionne ?

L’histoire de Otaku Otaku est ce que l’on pourrait appeler un Josei, soit un manga sentimental mais plus mature puisqu’il met en scène des jeunes adultes actifs dans le monde du travail. Fini les couloirs du lycée, est bonjour la machine à café dans un coin de l’open space. Se présentant comme un hommage à la culture otaku, la mangaka n’oublie aucun aspect de cette thématique allant jusqu’à parler du Comiket, la plus grande convention du manga et de l’anime au monde ayant lieu chaque année au Japon. Mais au milieu de cette histoire où les produits dérivés jouent les incrustes et que les consoles de jeux rassemblent, FUJITA arrive à y intégrer une bonne dose d’humour, des moments tranches de vie, de l’amitié et des questions liées à l’amour.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Pour cela, on peut compter sur nos personnages, qui en dehors de notre couple compte un autre duo d’otaku, Hanako Koyanagi et Tarô Kabakura, se crêpant souvent le chignon mais drôlement attachant. La première est de celle qui ose frapper du poing sur la table tout en adorant jouer les cosplayeuse rendant hommage aux personnages masculins de fiction. Elle n’hésite pas d’ailleurs à se rendre au Comiket dans son déguisement plus que réussi. Le second est le moins geek des quatre, n’aimant principalement que les mangas. La relation entre ces deux apporte une bonne dynamique au récit et des moments prêtent à sourire. Mais revenons un peu sur notre couple principal. Narumi est une jeune femme très joviale et chaleureuse, dont l’énergie mais aussi sa maladresse attendrissent fortement à la lecture. Son amour pour les mangas, en particulier pour les Boys Love, nous apparaît comme un aspect aussi comique que sérieux. En effet, dans l’ombre la jeune femme fait des dôjinshis (recueil édité par des amateurs) et les vend en convention. Quant à Hirotaka il est plus introverti et moins expressif dans ses sentiments. Mais il n’en reste pas moins aussi adorable que les trois autres.

Avec ces quatre personnalités très différentes des unes et des autres, la mangaka nous narre en réalité les aléas de la vie quotidienne mais du point de vue d’un geek. Pourtant que l’on soit un geek ou non, les peines de cœur, incertitudes liées aux relations amicales et humaines sont les mêmes pour tous. En particulier le moment où vous allez chez votre petit copain en vous demandant si vous avez choisi les bons sous-vêtements et de quels couleurs ils sont… Cette part de tranche de vie et de romantisme apporte beaucoup au récit, rendant la lecture aussi agréable pour un public de non initiés que pour un fan absolu. Étant un manga, ou plutôt un petit guide otaku, FUJITA prend soin de ne pas tomber dans les travers de cet univers parfois inaccessible pour ceux regardant de l’extérieur. En effet, les référence à la culture pop et geek se veulent compréhensibles par tous comme par exemple la mise en page rappelant les combat Pokemon sur console.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Au niveau du dessin, FUJITA signe quelque chose d’épurée mais pas dénuée d’intérêt. Les mimiques des personnages flirtent entre le comique et le réalisme pour nous donner une belle sensation à la lecture. Le trait est fluide et colle bien au récit. Les décors sont très peu présent, mais cela ne dérange pas à la lecture puisque le lecteur est très vite concentré sur les échanges entre nos deux couples. Le récit se construit autour de chapitres cours, ressemblant presque à des petites tranches de vie mais qui trouvent leur efficacité dans les chutes, et se révèlent parfois inattendus mais drôles. Le seul petit bémol concerne les scénettes entre deux chapitres faisant office de bonus, nous laissant parfois perdu quant à leur intégration ou non dans la trame principale. 

Le travail d’édition de KANA est à saluer. Elle est sérieuse et fun à la fois, montrant bien que les équipes ont dû bien s’amuser dessus. Les références au monde otaku japonais trouveront des explications en fin de page, avec simplicité et efficacité. La traduction est assurée par Aline Kukor, déjà connue pour son professionnalisme sur Au-delà de l’apparence, Banale à tout prix, ou encore Death’s Choice. Le papier de qualité donne une très bonne impression, et les pages couleurs en début de tome sont toujours les bienvenues.

En conclusion, avec Otaku Otaku,  FUJITA fait une entrée appréciable dans le catalogue déjà bien fourni des mangas en France. La narration et les références à la pop culture sont très bien exploitées et offre quelque chose de rafraîchissant. La dynamique de groupe fonctionne à merveille, et on a bien hâte de découvrir la suite des aventures de ces deux couples aussi charmants, décalés mais ô combien normaux. 

infos manga.png

Publicités

3 réflexions sur “Critique manga #120 – Otaku Otaku tome 1

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s