Critique manga #123 – Après la pluie tome 5

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Si la météo continue de jouer les troubles fêtes, on peut toujours compter sur le manga Après la pluie pour nous faire oublier les caprices de Dame Nature. De son écriture fine et aérienne, Jun MAYUZUKI met sur papier la complexité des relations humaines aussi bien en amour qu’en amitié. Peine de cœur, nostalgie d’une jeunesse envolée, et doute sur le futur, la mangaka propose aux lecteurs un tableau vivant et chaleureux. Et si vous ne lisez pas encore ce manga, sachez qu’il n’est jamais trop tard pour se lancer dans une lecture aussi poétique.

 

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Jun MAYUZUKI est une mangaka née en avril 1983 dans la préfecture de Kanagawa au Japon. Elle est connue pour son seinen Après la pluie (Ko iwa Ameagari no You ni) lancé en 2014 dans le magazine Big Comics Spirits, et en relier chez Shogakukan. Le titre connaît un bon succès auprès des lecteurs mais aussi auprès des critiques professionnelles qui lui ont décerné le prix Comics Natalie Grand Prix en 2015, et a été classé quatrième par plus de 400 professionnels du milieu en 2016. Actuellement, le titre est toujours en cours de parution au Japon et compte huit tomes, et trois en France dans la collection Big Kana des Éditions Kana. À noter que le manga a connu une adaptation animée en 12 épisodes de janvier à mars 2018 [bande-annonce], et qu’un film drama sortira très bientôt au Japon [bande-annonce].

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Nous voici officiellement à la moitié de la série, puisque Après la pluie s’est terminée il y a quelques mois au Japon. Dix tomes pour un Seinen mêlant moments de tranche de vie, romance, drame et comédie, c’est une longueur plus que respectable. Comme lors des tomes précédents, le titre de Jun MAYUZUKI se laisse lire avec plaisir, sans que l’on ne devine comment sera mis le point final. Ce cinquième tome se déroule en très grande partie durant les préparatifs de la fête du lycée, et pendant, où la joie et la bonne humeur doit régner. Si cela s’avère vrai, on ressent de la part de tous les personnages une sorte de mélancolie. La première sur la liste est Akira Tachibana dont l’envie de se rapprocher de Masami Kondô, en tant que simple amie est toujours présente. Mais toujours troublée par son amour pour lui, l’étudiante ne sait trop comment s’y prendre pour que cela paraisse naturel. Une occasion de sortie va alors se présenter à elle, lui permettant ainsi d’inviter Kondô et poursuivre leur tentative d’amitié. Ce qu’il y a de magnifique ici, est que l’on ne sache toujours pas si une romance entre les deux va finir par naître. Certes, Kondô n’est pas insensible au charme de jeune fille, mais la morale et ses valeurs l’empêchent de totalement se réaliser dans cet hypothétique coup de cœur qu’il pourrait venir à ressentir pour elle. Raisonnable et réfléchi, on apprécie toujours autant cet homme dont la maladresse est touchante. Akira est un peu comme les gouttes de pluie que l’on regarde couler sur la vitre de notre fenêtre. On la suit du regard, on se laisse guider par son parcours et on attend qu’elle arrive à destination. On est captivé par sa maturité, son silence, et sa façon de penser et voir les choses. Toutefois, on sent en elle une pointe d’innocence, surtout quand il s’agit de celui qui fait battre son cœur. Le reste du casting n’est pas sans reste, puisque dans ce tome-ci l’auteure lève le voile sur le passé de Ryôsuke, le cuisinier du café-restaurant de Monsieur Kondô. Le lecteur comprend très vite que ce dernier se trouve lui aussi dans une position délicate concernant sa vie personnelle… L’humour est aussi de mise, même si un peu moins que dans le précédent, avec notre duo atypique mais charmant Yui et Yoshizawa.

Arrivé en fin de tome, le lecteur aura l’impression que histoire n’avance pas. Le rythme est assez lent, mais la mangaka met un point d’honneur à donner de l’épaisseur à ses personnages. Ce qui est une bonne chose ! Notamment quand on aborde la question épineuse de savoir si un homme d’une quarantaine d’année peut oui ou non sortir avec une jeune fille de dix-huit ans. Si du point de vie de la loi il n’y a rien d’illégal, du côté de la société cela est assez mal vue. Ce point nous saute bien aux yeux quand on aperçoit la tenue qu’a choisi Akira pour sa sortie avec Kondô. Un certain aspect comique en ressort d’ailleurs…. regardez bien et vous aurez le sourire. L’écriture des personnages est donc cohérente, même pour les plus secondaires, ce qui franchement est vital pour un manga, encore plus quand il s’agit d’un titre tranche de vie.

 

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Visuellement le titre ne possède aucune faiblesse. Le trait de Jun MAYUZUKI est doux, sensible, et le naturel qui en ressort marche très bien à la lecture. C’est toujours aussi poétique, travaillé et contemplatif. Toutefois, il n’y a rien d’ennuyeux dans les planches de la mangaka. Les décors sont brossés de telle manière à ce que le lecteur sache sur ce qu’il doit se concentrer durant la lecture. Par exemple, quand l’auteure cherche à transmettre un sentiment par les regards et les mimiques, le décors se veut simple et presque effacé. Alors que si elle cherche à communiquer le dynamisme, les cases seront plus vivantes. De plus, MAYZUKI possède la qualité de pouvoir communiquer n’importe quoi sans aucune parole. L’édition de KANA est toujours aussi bonne. La couverture choisie pour illustrer ce tome 5 reprend la version d’origine, soit Akira tenant son livre à la main, mais avec la particularité d’avoir opté pour un « dézoomage ». Un bon choix. Traduction respectueuse, et papier de qualité. On est bon.

En conclusion, malgré le fait que l’histoire ne semble pas avancer, Après la pluie possède la maturité nécessaire pour développer ses personnages, donnant cette sensation de voir son écriture se faire sous nos yeux. Humour, protagonistes attachants, réflexions sur la vie et l’amour, ce Seinen visuellement charmant de Jun MAYUZUKI met en avant les relations humaines et ses complications

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