Critique manga #124 – Fire Force tome 1 et 2

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Vais-je devoir vous chanter la chanson « Allumer le feu » de Johnny Halliday, ou l’hymne screamo « Set Fire To The Faces On Fire » de The Blood Brothers ? Non je vous rassure je ne le ferrai pas. Mais en contrepartie je vous invite allègrement à découvrir le shonen manga Fire Force de chez KANA. Une histoire se déroulant dans un Tokyo de l’an 198 du calendrier solaire, où la combustion humaine est un phénomène très répandu et dangereux. Afin d’éradiquer ces torches humaines, il existe des brigades spéciales : les Fire Force ! Héros, ennemis,… le nouveau titre de l’auteur de Soul Eater est à la fois un joli hommage aux héros vêtus de noir et de rouge, mais aussi une histoire d’action, d’humour et j’en passe. Une belle surprise vous attend !

 

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Un coffret comprenant les 3 premiers tomes est aussi sur le marché au prix de 20 €

 

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Les éditions KANA et la Japan Expo ont annoncé la présence de l’auteur en juillet prochain. Plus d’infos ICI. kanadargaudsuisse


Atsushi OHKUBO est un mangaka japonnais célèbre pour le titre Soul Eater, prépublié au Japon dès 2004 dans les pages du magazine Shonen Gangan de Square Enix. Après avoir terminé ses études dans une école de manga lui ayant permis de rencontrer Randy AYAMINE (Get Backers), le jeune homme tout juste âgé de 20 ans devient son assistant pendant 2 ans. Soul Eater arriva sur le marché français dès 2009 en 25 tomes chez Kurokawa, avec un spin-off Soul en 5 tomes. L’aventure Fire Force (Enen no Shouboutai) démarra en 2015 dans les pages du Weekly Shõnen Jump de Kõdansha, avec 13 tomes actuellement au Japon, dont 6 en cours en France aux éditions KANA.

Fire Force a été présentée comme le nouveau shonen des éditions KANA en 2017, et à grande surprise je dois dire que ça a marché sur moi aussi ! Je vous explique. Septembre 2017, je décide de me lancer par curiosité dans la lecture du premier tome via l’extrait gratuit mis en ligne par l’éditeur. Finalement pas convaincue, je me suis simplement dit que ce titre n’était pas fait pour moi. Toutefois, comme je sentais que ma première impression était peut-être liée à mon état d’esprit du moment, j’ai décidé de donner une véritable chance à ce titre. Et qu’est-ce que j’ai bien fait !

L’histoire se déroule en l’an 198 du calendrier solaire, à Tokyo, où des gens comme vous et moi peuvent prendre feu soudainement sans aucune explication. On appel cela la combustion spontanée. Pour les non scientifiques cet étrange phénomène existe bel et bien, mais de manière plutôt rare basé sur des témoignages difficilement vérifiables. De plus, la communauté scientifique rejette ce caractère “spontanée” de la chose, et impute cela à des « effets de mèche ». Pourtant des preuves existent, mais bon quand on sait que certaines personnes croient encore que la Terre et plate ou que le réchauffement climatique est une invention… Bref. Revenons à nos humains fictifs enflammés, voulez-vous ? Dès la première page on fait la connaissance de Shinra Kusakabe, jeune homme de 17 ans, qui va assister à la combustion d’un homme devenu une véritable torche humaine. N’écoutant que son envie d’aider les gens, et sa formation d’école de pompiers, le jeune homme va faire appel à ses capacités liées aux feux. Car dans ce monde existent des personnes capables de manipuler le feu (détenteur de pouvoir de 2ème génération), ceux capables de manipuler et de produire du feu avec leur corps (3ème génération). Dans ce monde, les pompiers sont les héros de la population, et divisés en plusieurs brigades. Shinra va alors intégrer la 8ème brigade de la Fire Force, et prouver qu’il peut devenir un héros.

Étant un shonen, Fire Force possède toutes les notions propres au genre : dépassement de soi, lutte contre l’adversité, travail d’équipe, etc… Shinra en est le parfait exemple. Comme le lecteur va vite s’en apercevoir, par le passé le jeune garçon a été victime de brimades, voir traité de “démon”. Ce surnom lui a été donné après que sa mère et son petit frère aient été tué dans l’incendie de leur maison. Seul rescapé, il fut vite accusé par les voisins de les avoir tué. Et ce n’est pas son sourire crispé perçu comme maléfique qui va venir jouer en sa faveur… pourtant comme il le dit ce rictus apparaît simplement quand il est nerveux ou angoissé face à une situation inconfortable. Si ce trait de sa personnalité m’avait rebuté lors de ma première tentative de lecture, lors de la seconde j’ai su m’en accommoder. Après tout, certains deviennent rouge pivoine quand ils sont embarrassés non ?

Très vite le lecteur se prend d’affection pour le garçon surtout qu’il possède un bon fond, comme en témoignent les petits flashbacks. Mais comme dans tous shonen, le reste du casting ne démérite pas. Nous avons le droit à des caractères bien distincts mais complémentaires. Par exemple, le « rival » de notre jeune héros Arthur Boyle qui se prend pour un chevalier de la table ronde armée d’une épée “Excalibur” à la lame acérée et enflammée, Takehisa Hinawa le commandant droit dans ses bottes mais ayant tendance à adorer faire souffrir les recrues, Maki Oze une ancienne militaire très fleur bleue douée dans le combat et manipulatrice de flammes, la Bonne sœur Iris ne possédant aucun pouvoir autre que celui de prier pour le repos des âmes des torches que les pompiers doivent éliminer. Et ce beau petit monde ne peut être complet sans le capitaine Akitaru Ôbi, ancien pompier ordinaire et sans dons autres que sa passion excessive pour la musculation.

Après nous avoir présentée le quotidien de la 8ème Brigade, Atsushi OKHUBO offre un premier tome au déroulé classique regorgeant de démonstrations d’héroïsme à travers les premières missions, et de moments drôles bien dosés. Attention, quand je dis “classique” cela ne veut pas dire que c’est ennuyeux ou banal. Au contraire. Dans sa manière propre de développer son récit, le mangaka montre qu’il le maîtrise et exploite toutes les notions de bases sans souci. Les personnages sont définitivement attachants, dont Arthur qui n’est que rival sur papier puisque finalement Shinra et lui se complète comme deux frères passant leur vie à se chamailler mais aussi à collaborer ensemble. Parce que oui, comme pour les vrais pompiers, on ne peut sauver des vies sans s’allier à ses collègues. Mais parmi toutes ces bonnes âmes il y forcément un méchant… ou plusieurs même… et parfois ce ne sont pas ceux à qui on pense…

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Dans le tome 2, le lecteur en apprend davantage plus sur les Brigades et sur l’origine de leur création. Certaines zones de doutes viendront obscurcir la vision de Shinra sur la Fire Force, ouvrant une idée scénaristique plutôt intéressante. Si le premier tome servait de présentation, ce tome 2 est plus dans la complexification du scénario avec des révélations inattendues. Les moments humoristiques viendront illuminer le récit, et je me suis même surprise à rire à vois haute (merci Arthur). Les personnages restent attachants, et le deviennent encore plus ici.

Le dessin de Atsushi OHKUBO est très propre. Les planches nous immergent tout de suite dans l’univers, où l’action et le dynamise du trait du mangaka se veut précis. Les personnages sont facilement reconnaissables et les expressions dites de “comédies” ne tombent jamais dans la surenchère. On appréciera aussi le soucis apporté au visuel des pouvoirs de chacun dans l’action, ainsi que sur l’inventivité liée aux torches humaines (notamment dans le tome 2). Le travail minutieux sur l’architecture des bâtiment est aussi proche de la réalité qu’une photographie. Les véhicules et autres sont également superbes et originaux. Petit mot rapide sur le travail d’édition de KANA dont la qualité n’est plus à prouver. Traduction de Frédéric Mallet reflétant bien l’univers inventif, papier de qualité, et petite surprise sous les jaquettes : fiche de présentation de personnage. 

En conclusion, Fire Force a été une excellente surprise. Partant d’un premier tome basique mais séduisant, Atsushi OHKUBO donne du volume à son histoire au fil des chapitres. Les personnages héroïques sont bien écrits, ainsi que les ennemis qui font dans le sadisme. Le dynamisme dont fait preuve le récit arrive facilement à nous embarquer, ce qui annonce une longue cavalcade réjouissante sur un chemin fait de charbons ardents.  

17/20

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