Critique manga #127 – Witchcraft Works tome 1 et 2

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Sorcières, probable apocalypse, jeunes filles en périls… non stop. Witchcraft Works ce n’est pas tout à fait ça. Si sorcières et fin du monde il y a, les jeunes filles ne sont pas à secourir. Non, c’est plutôt un garçon qui doit être sauvé par celle qui l’appelle affectueusement « ma princesse ». Eh oui, au placard les clichés et les stéréotypes, et laissons les femmes sauver le monde et gagner – pourquoi pas – le cœur du garçon un peu gauche mais attendrissant. Chapeau pointu, balai, combat de feu et peluches géantes sont ce qui rythme les deux premiers tomes de ce shonen quelque peu mis sur le côté. Mais ça, c’était avant, alors laissez-vous charmer par la magie Witchcraft Works.

 

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kanadargaudsuisse

Merci à Stéphanie et Anne-Catherine


Ryû MIZUNAGI est une mangaka originaire du Japon connue essentiellement pour le shonen Witchcraft Works prépublié depuis 2010 dans les pages du magazine Afternoon des éditions Kodansha. La série est toujours en cours avec 11 tomes aussi bien au Japon qu’en France chez KANA. En 2014 la série pleine de magie et d’humour fut adaptée en série d’animation en 12 épisodes par les studios J.C.Staff et Orange, suivi par un OAV et un épisode spécial. En France, la série a été diffusée sur J-One, et peut-être visionnée en VOSTFR sur la plateforme de streaming légal ADN.

Le récit s’ouvre sur la routine quotidienne du lycéen Honoka Takamiya consistant à prendre le bus pour aller en cours, écouter le professeur, rentrer chez lui, etc. Rien d’excitant au final, sauf peut-être la présence d’Ayaka Kagari, fille de la directrice, mais aussi celle que chaque élève idolâtre ouvertement jusqu’à vouer un culte à tout ce qu’elle fait. Mais ce que Takamiya ignore est que son lycée et le refuge de deux clans de sorcières : Les Sorcières de l’Atelier et Les Sorcières de la Tour. Les premières sont chargées de maintenir la paix dans le monde, alors que les secondes ne souhaitent que nuire à l’humanité. Et alors que « La Nuit de Walpurgis » approche, le jeune homme va devenir la cible des sorcières de la Tour qui convoitent un pouvoir spécial qui l’habite, appelé “matière blanche”. Heureusement, Kagari est là pour veiller sur lui et ainsi préserver le destin de la Terre.

Le premier tome de Witchcraft Works ne pose pas toutes les bases du récit, et c’est pour cela que je conseille d’avoir si possible les deux tomes à disposition. En effet, si vous ne lisez que le tome 1, vous ne comprendrez pas forcément ce qui se passe, même si quelques points essentiels concernant les personnages s’y trouvent. Et en plus de ça vous aurez un mauvais ressenti de la série alors qu’elle promet de belles choses par la suite. Comme le montre la couverture, ici les rôles entre demoiselle en détresse et preu chevalier sont inversés. Alors que l’on pensait voir Takamiya revêtir l’armure du sauveur, c’est en fait l’adolescente Kagari qui campe ce poste. Cette différence majeure apporte de l’originalité au scénario sans dénaturer les personnages de leur psychologie. Le jeune adolescent est plutôt du genre timide, introverti et soucieux du bien-être des autres, alors que Takamiya possède un esprit calme et réfléchi ne trahissant en rien le pouvoir qui l’anime. Il est important également de mentionner qu’elle ne profite pas réellement de sa notoriété au sein de l’école pour dénigrer ou se servir de ceux qui l’entourent. Bah oui, ce n’aurait pas été la première fois qu’un(e) ado jouisse de sa popularité pour piétiner ses camarades. Si on ne lit pas le récit, l’aspect physique de Kagari donne vite une fausse impression sur le personnage. Grande, poitrine généreuse, visage glacial… la mangaka se jouent pas mal des clichés et nous délivre en réalité une belle jeune femme intelligente et sérieuse dans sa mission.

Le récit possède également pas mal d’humour comme quand les groupies de la princesse (elles ne savent pas que c’est une sorcière) lancent des regards assassins à Takamiya parce que Kagari a décidé de le garder près de lui à chaque instant. Très vite on découvrira qu’il existe une autre raison à cette proximité, mais chut c’est un secret. Les personnages deviennent assez vite attachants et il est amusant de voir ce duo être assez complémentaire. D’autant plus que chacun se soucie de l’autre et que Takamiya proposera à plusieurs reprises de se rendre aux ennemies afin que plus rien ne blesse la princesse. Parce que oui, Kagari va pas mal souffrir… L’action est les scènes de combat dantesques complètement barrées s’enchaîne à vives allure ce qui pourrait quelque peu perdre le lecteur. Mais rassurez-vous, cela n’est qu’une première impression.

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Avec la lecture du tome 2, le côté brouillon et confus sur scénario se dissipe et nous montre plus clairement où l’on va. On en apprend davantage sur le pouvoir des sorcières, et sur ce le lien qui unit notre « couple », même si la mangaka se garde de donner toutes les informations d’un coup. Et j’utilise « couple » entre guillemets parce qu’ils n’en sont pas un malgré le fait que Kagari parle de Takamiya comme étant sa « princesse ». Nous n’avons aucune indication sur le genre de relation qu’ils auront dans le futur, et c’est très bien comme ça. On nous propose aussi d’assister à des leçons de magie aussi instructives que drôles. Les ennemis continuent d’affluer en tentant de trouver un moyen de s’emparer du garçon et de mettre Kagari K.O. Comme lors des premiers chapitres, nous avons le droit à des moments totalement délirants, surtout quand on découvre la famille de Takamiya, ou encore quand des “peluches” géantes investissent la ville en mode “Godzilla”… Les scènes de combat sont plus vigoureuses et la lecture se fait de manière plaisante. Les personnages évoluent petit à petit, notamment Takamiya qui ne souhaite plus être un poids pour Kagari…

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Les dessins de Ryu MIZUNAGI sont fort plaisants. Le design des personnages est efficace et assez réaliste. Les mimiques comiques et sérieuses sont bien dosées et ne donnent pas un mauvais ressenti lors de la lecture. Les scènes d’action sont détaillées et on est très vite impressionné par les transformations en “phœnix” de feu de Kagari. Le souci esthétique des objets de sorcelleries et des costumes contribuent à la richesse graphique. Toutefois, on regrettera parfois les légères confusions durant les affrontements qui sont parfois un peu moins lisibles. Mais cela ne dérange pas réellement à la lecture tant le travail de la mangaka est dynamique. L’édition de KANA est pour ne pas changer très bonne avec pages couleurs en ouverture et une traduction de Pascale Simon (Black Butler, Deadman Wonderland, Gintama) sans coquilles.

En conclusion, Witchcraft Works de Ryu MIZUNAGI est une lecture déjantée et rythmée par les pistes intéressantes posées durant le tome 2. Le côté magie séduira aussi bien les fans du genre que les plus récalcitrants. Le binôme atypique Kagari/Takamiya où les rôles sont inversés est charmant et on a bien hâte d’en savoir un peu plus sur notre princesse de feu. Un shonen hors normes dont l’intrigue éveille la curiosité… À suivre.

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