Critique manga #135 – I love you, so I kill you tome 2

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Amour et passion riment parfois avec toujours. Mais quand les sentiments montent en crescendo, il n’est pas rare que l’être tant désiré devienne une obsession. C’est à partir de ce postulat de départ que I love you, so I kill you lance son intrigue proche du thriller horrifique, où le contrôle de ses émotions n’est plus possible. Un second tome tout aussi bon que le premier qui nous laisse présager encore une belle intensité et tension scénaristique pour la suite.

 

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Sans titre 3


I love you, so I kill you (Konya wa Tsuki ga Kirei Desu ga, Toriaezu Shi ne en VO) est écrit par Majuro KANAME et illustré par Sousou SHAKAKIBARA. Si le premier signe ici son premier travail, le second est connu pour Soloman paru en 2014 chez Doki Doki. Au Japon, I love you, so I kill you est d’abord sortie en prépublication dans le magazine Shonen R de Kodansha, avant d’être transféré dans le Bessatsu Shonen Mag en raison de son succès. Le titre est actuellement toujours en cours au Japon, avec sept tomes.

L’histoire de I love you, so I kill you débute avec Taku Kamishiro, lycéen qui aime faire le ménage presque partout où il passe. Entre le décollage de chewing-gum sauvage devant son lycée, lustrage de vase chez lui et balayage, c’est une activité qui lui permet de se détendre et de réfléchir calmement. Il aime aussi jardinier et ainsi s’occuper de faire pousser les fleurs autour du lycée. Toutefois, on ne peut pas le qualifier d’impopulaire, mais il n’est pas populaire pour autant. Les autres lycées lui adressent la parole, mais c’est bien son amie d’enfance Mika Hanazono dont il est le plus proche. Pourtant, les deux possèdent chacun sa personnalité. La jeune fille est plutôt joviale, extravertie et aime bousculer et narguer Kamishiro juste pour le fun. Mais un soir, après avoir essayé d’empêcher un homme d’agresser une jeune femme dans la rue, il se retrouve habité par des pulsions meurtrières envers Hanazono. Ne se rappelant guère de son agression, outre le fait que l’homme lui avait conseillé (en hurlant) de s’éloigner de lui, le jeune homme ne comprend pas d’où lui viennent ces visions où il s’imagine en train de tuer son amie, qu’il aime pourtant d’un amour sincère.

Le tome 1 de ce nouveau seinen des éditons Soleil Manga avait été une belle surprise puisqu’elle regroupait un visuel dynamique penchant pour le sanglant horrifique nécessaire au scénario, avec un rythme très addictif. Pour ceux n’ayant pas encore découvert cette série, sachez qu’il risque d’y avoir des spoilers dans ma chronique même si je vais tenter de les réduire au maximum. Prêt ? Go. Ce deuxième tome reprend là où nous avions laissé Kamishiro estomaqué par la disparition de Hanazono aux mains d’un sadique pris par les mêmes pulsions sadiques que lui. Dans sa fuite, il tombe nez à nez cette dernière… toujours en vie! Mais comment peut-elle être encore en vie ? Pour répondre à cette question, la jeune fille ne sera pas vraiment très utile puisqu’elle souffre d’amnésie passagère et que donc elle n’a aucun souvenir de ce qui s’est passé dans l’entrepôt où elle était prisonnière. Un mystère de plus pour accompagner celui qui nous tient en haleine depuis le début, à savoir l’origine du virus (ou malédiction) contaminant ceux éprouvant des sentiments amoureux par des envies de meurtre envers l’être désiré. Il est assez frustrant de ne pas avoir le moindre petit indice, même si un troisième petit mystère concernant l’explosion vient nous donner une possible piste…  en tout cas c’est une idée qui mérite d’être exploré.

Ce qui marque le plus à la lecture est l’ambiance que dégage le titre de KANAME. On se sent comme happé à notre tour par cette spirale de folie où chaque personnage peut être un possible “contaminé”. Ce n’est en rien un récit proche du “zombiesque” comme Infection, non, pas du tout. Ici, le concept tourne autour de l’identité d’un individu pouvant devenir par un concours de circonstances un serial killer. Contrairement aux autres infectés, Kamishiro montre des capacités et surtout une volonté de résistance pour tenter de dissocier ses pulsions de son amour pour Hanazono. C’est à la fois attendrissant et flippant, puisqu’il n’y a pas un seul moment où nous n’avons pas peur que son alter ego de tueur prenne le dessus.

Il est aussi intéressant de noter que Kamishiro, sans le comprendre, semble pouvoir passer une journée sans que l’envie de tuer ne le prenne. De plus, il va découvrir que sa condition lui confère une sorte de pouvoir, ou en tout cas un don en lien avec la personne qu’il aime. Une idée intéressante qui mérite comme le reste de se voir développer dans la suite. Le jeune homme est un personnage très attachant, et l’empathie que le lecteur ressent face à sa situation est instinctive. Son naturel d’être doux et amical contraste fortement avec la personnalité des autres personnes infectées. Alors, est-ce que l’état d’esprit ou le caractère avant contamination de le personne peut-elle jouer sur ce que celle-ci deviendra après ? Peut-être… en tout cas c’est une idée qui nous effleure à la lecture. L’arrivée d’un nouveau personnage dans l’équation va vite créer des situations délicates dans la vie de lycéen de Kamishiro. Difficile de vous en dire plus sur ce dernier sans vous spoiler. Et puis, pourquoi les êtres « serial killers » paraissent de plus en plus nombreux autour de notre héros et de la jeune fille ? Encore des questions dont on a hâte d’avoir les réponses !

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Visuellement le titre continue sur une note excellente puisque le dessin contribue à nourrir cette sensation d’oppression propre à un thriller. Le trait de Sousou SAKAKIBARA est toujours aussi nerveux et séduisant, et les moments violents restent en nombres importants sans tomber dans la surenchère qui aurait eu tendance à gâcher la lecture. Les passages d’action sont marquants et difficiles de ne pas ce dire que chaque moment est une question de vie ou de mort. Rien à redire sur l’édition de Soleil Manga et la traduction de Julie Gerriet, c’est parfait.

En conclusion, ce tome 2 de I love you, so I kill you confirme la qualité du scénario de Majuro KANAME tout en explorant des pistes différentes laissant le lecteur sans savoir ce qui l’attend pour la suite. Comment Kamishiro va se délivrer de son penchant de meurtrier ? Une question dont on a hâte de connaitre la réponse! Les notions d’amour et de passion tournée à l’obsession utilisée apportent un réel intérêt à ce seinen que l’on conseille fortement à un public friand du genre ou ceux cherchant à le découvrir.17blancinfos manga

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