Critique #121 – Monsters in the Dark, tome 1: Larmes amères de Pepper Winters

 TITRE PAGE
La Dark Romance est un genre que je ne lis que très rarement. Alors, quand j’ai vu la sortie de Monsters in the Dark je me suis dit « pourquoi pas? ». Même si 50 Shades of Grey n’est pas de la DR, j’avais un peu peur d’y retrouver tout ce que je ne supporte pas dans la narration de son auteure : des personnages creux, un Grey faussement sombre, que Anastasia insupportable et des faux rebondissements rappelant les films d’action à la James Bond sous domination par la cravache. Bref, dans Monsters in the Dark si quelques similitudes existent, le récit aborde un thème important : l’esclavagisme sexuel. Saviez-vous qu’en 2017 Le Point rapportait que le trafic d’êtres humains « ne c’était jamais aussi bien porté » ? Et que dire de celui touchant le milieu du sexe ? Des chiffres affolants, des actes barbares et j’en passe. Bien entendu, en annexe nous avons aussi une romance qui se forme et qui rythme le récit. Personnages aux multiples facettes, rythme soutenu, suspense, érotisme…. une cocktail qui trouvera aussi bien ses détracteurs que ses amateurs. À vous de vous faire une idée. 

 

Acheter le tome 1 de Monsters in the Dark sur le site des éditions Milady ou sur Amazon
Également disponible en numérique

 


Pepper Winters est une auteure néo-zélandaise née à Hong Kong spécialisée dans les romans dit de dark romance, contemporain, et érotique à suspens. Elle a fait ses études dans une école de tourisme et a travaillé comme hôtesse de l’air avant de se consacrer à l’écriture. C’est en 2013 qu’elle publie son premier roman (Tears of Tess), le premier d’une trilogie baptisée Monsters in the Dark. Depuis, ses livres ne cessent de caracoler dans les best sellers du USA Today, The New York Times, et The Wall Street Journal. En 2014, elle débute une nouvelle saga avec Indebted comprenant 7 tomes. Monsters in the Dark : Larmes amères est le premier ouvrage à se voir traduire en français, disponible dans la collection Romantica de Milady depuis mai 2018.

L’histoire commence avec Tess Snow une belle jeune Australienne avec un brillant avenir devant elle, et une vie amoureuse idéale puisqu’elle est complètement amoureuse de Brax, qui partage son amour. Pourtant, au plus profond de son cœur, Tess possède des blessures dues aux abandons durant son enfance. Mais pas que. En effet depuis (toujours?) Tess nourri des fantasmes de luxures bien spéciaux qu’elle souhaiterait assouvir avec son compagnon. Malgré ses tentatives timides et parfois explicites, Brax n’est pas sur la même longueur d’onde qu’elle. En résulte un sentiment de honte et de la frustration. Un jour, pour fêter l’anniversaire de leur rencontre, son amoureux lui fait la surprise de l’emmener au Mexique. Au programme détente, cocktails, soirées torrides et sable fins. Mais très vite, les portes de l’enfer s’ouvrent devant eux, quand Tess se fait enlever et devient l’otage d’hommes sans pitié la traitant comme une marchandise. Arrivera-t-elle à leur échapper et retrouver Brax ? 

Monsters in the Dark est une trilogie “Dark Romance”. Depuis quelques années, ce genre est de plus en plus publié. On peut citer la saga Heartless de Ker Duckey, ou encore le controversé Outrage de Marissa Rachel. De ce fait, il faut signaler que le contenu de Monsters in the Dark n’est pas destiné à un public sensible, loin de là. Les mots sont rudes, les scènes sont violentes, on parle d’esclavage sexuel, de viol, de torture  psychologique, qu’il faut apprendre à dissocier la réalité de la fiction sans que cela n’ébranle nos convictions. 

Déjà parlons des personnages. Tess est une étudiante dont le chemin de vie semble tout tracé mais qui avec le temps remarque un certain manque en elle. Malgré son amour pour son copain, elle ne peut s’empêcher de trouver que leur couple s’est quelque peu endormi, surtout au niveau sexuel et la passion qui en découle. Au fil de la lecture on va découvrir qu’elle est bien plus que ses fantasmes. Elle est courageuse, persévérante et hautement combative. De ce point on ne peut qu’être admirative tant elle ne veut pas lâcher prise sur son envie de retrouver sa liberté. Toutefois, cela lui jouera pas mal de tours puisque dans le monde de l’esclavage sexuel la soumission et l’obéissance sont les maîtres mots pour garantir sa survie. Si au départ j’étais quelque peu dubitative face à la frivolité apparente de Tess, elle a su me convaincre au fur et à mesure. La figure de monstre ici est au pluriel puisque thème oblige, elle fera face à des hommes violents et sans morale jusqu’à être offerte à Q, un homme riche de pouvoir, dont le mystère qui l’entoure est aussi sombre et torturé que lui. Cet homme souffle le chaud et le froid comme la canicule d’un été lourd et humide rencontrant sur sa route un puissant cyclone venu de l’Antarctique. Possible ou non, c’est en tout cas cette image de Q quand je l’imagine.

Ma voix tremblait de larmes et de haine. Mes camarades m’encouragèrent. Blouson de Cuir battit en retraite vers la porte. Je me ruai sur lui, empoignai ses cheveux graisseux et, avec une force insoupçonnée, je lui fracassai le nez contre le mur.

Dans ce roman, il est difficile de savoir si on a aimé la lecture ou non. Ce cas je l’ai vécu avec Outrage [mon avis] qu’il m’a fallu des jours pour digérer. Pourtant, en y repensant je ne peux pas dire que j’ai détesté ma lecture, pas du tout même. Mais est-ce que je l’ai aimé ? Oui… En réalité, Monsters in the Dark est fait pour nous sortir de notre zone de confort, nous pousser dans nos retranchements, nous provoquer et nous stimuler intellectuellement. Plus on avance dans la lecture, plus nous avons le nez en plein dans le cauchemar de ce qu’est l’esclavagisme sexuel et qui malgré notre train-train de vie tranquille existe réellement pour des milliers de femmes dans le monde. La psychologique des personnages est un point essentiel du récit, et on peut dire qu’il est fascinant. Que ce soit Tess ou Q, chacun est victime de pulsions, d’envies particulières que la morale condamne, de peurs et d’un manque affectif grandissant. Le sel du récit se trouve de façon très forte dans les échanges entre Tess et Q. Ayant chacun un caractère très tranché les multiples confrontations seront inévitables. Toutefois, quelque chose d’unique s’installera entre eux. Pour tous ces aspects, Larmes Amères m’a plu même si je ne partage pas les mêmes envies qu’eux.

Il avait fallu que je sois kidnappée et vendue à un homme qui ne voulait pas de moi pour que je prenne conscience de mes carences affectives. Comment pourrais-je jamais retourner à une existence où mes sens étaient en sommeil ? Où personne ne tenait assez à moi pour tuer ?

Pepper Winters possède un style très addictif et n’a pas peur de jongler avec les codes la romance et la l’effroyable réalité liée au thème. Elle prend un plaisir assumé de présenter des personnages plus complexes qu’ils ne semblent l’être au premier coup d’oeil. Les pages se tournent malgré les chocs que l’on reçoit en lisant chaque chapitre. Les mots sont finement choisis (remercions au passage la traduction) et collent à la personnalité de chacun. La narration est faite du point du vue de Tess, mais nous avons également un passage raconté par Q. Ceci permet de comprendre certaines choses à son sujet. Toutefois, il existe quelques incohérences mais rien de dramatique à la lecture. L’ambiance est difficile par moments mais la curiosité qui émane de nous face à cette lecture – pour en savoir la fin – l’emporte.

En conclusion, ce premier tome de Monsters in the Dark ravira les fans du genre Dark Romance, tout en perturbant ceux qui tenteront l’expérience. Le rythme est soutenu et très bon, les personnages arrivent à nous toucher aussi bien dans le positif que dans le négatif. C’est malsain, fort, révoltant, douloureux mais aussi beau (il faut le lire pour comprendre) et j’en passe… au final nous avons ici deux histoires : celle de l’esclavage sexuel et de la traite d’êtres humains et celle de la recherche de soi pour combler le néant de l’âme. Est-ce que je lirais la suite ? Oui, sans hésitation.

15 sur 20

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5 réflexions sur “Critique #121 – Monsters in the Dark, tome 1: Larmes amères de Pepper Winters

  1. J’avoue que ta chronique a titillé ma curiosité même si ce n’est a priori ma trop mon genre de lecture. Je dis a priori puisque je n’en ai en soi jamais lu…Je la mets dans ma WL en tout cas! Par rapport à d’autres romances de ce style, celle-ci me tente plus ! 😉

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    • ahahah est-ce une bonne chose ? En tout cas moi j’ai bien aimé, surtout que j’avais peur de me retrouver avec du 50shades …et bien non ! C’est mieux écrit, les personnages sont VRAIMENT sombres, c’est pas « vide ». Je chroniquera la suite en tout cas (j’ai meme un peu hâte de le lire… au secours xD)

      Aimé par 1 personne

    • Ah et puis le fait que ça parle d’un sujet sérieux comme le trafic de jeune femmes pour le sexe qui sont kidnappées, et que celui qui se retrouve avec « Tess » ne l’ai pas réellement acheté on va dire… et j’aimerai t’en dire un peu plus sur lui mais…ce serait trop… franchement il est à 10 mille lieux de Grey quoi. Et puis le langage est certes crue mais différent… genre les « queue » tu oublies ici et HEUREUSEMENT lol

      Aimé par 1 personne

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