Critique BD #006 – Batman – The Dark Prince Charming tome 2 de Marini

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En fin d’année 2017, paraissait le premier tome d’une duologie Batman versus le Joker, made in franco-belge, qui il faut le reconnaître mettait plus en avant la décadence et la grandeur du vilain le plus célèbre de DC Comics que son justicier vêtu de noir. Un premier tome écrit et illustré avec maestria par Enrico Marini mais trop court puisqu’il nous laissait les bras ballants et la frustration de devoir attendre. Et c’est plus de 6 mois plus tard, que l’on peut enfin connaitre le fin mot de cette histoire. Est-ce que la fin est à la hauteur du début d’histoire? Découvrons cela ensemble.
 

 

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Merci à Anne-Catherine de Dargaud Suisse pour cette conclusion épique d’une duologie menée d’une main de maître


Batman fait partie de ces héros que l’on ne présente plus, au même titre que Superman. Et à moins que vous ne soyez nez hier, et encore il est probable que l’on vous affuble d’un t-shirt au logo de la chauve-souris, vous savez pertinemment qui il est. Créé en 1939 par le dessinateur Bob Kane et le scénariste Bill Finger, dans les pages de Detective Comics #27, il s’appelait à l’époque de The Bat-Man. Si lui et Superman se sont affrontés à de multiples occasions, ils ont su créer un lien d’amitié en étant tous deux membres de la Justice League. Mais alors que Superman est un descendant de la planète Krypton aux pouvoirs immenses, Batman lui n’est qu’un simple être humain à la musculature saillante, à l’intelligence affûtée comme celle d’un Sherlock Holmes, et au compte en banque d’un playboy multimilliardaire. Et tandis que le héros évolue dans les comics de chez DC Comics, et au cinéma depuis des dizaines d’années sous la coupe de Warner Bros., il se paye à présent le luxe d’une adaptation en bande dessinée par le scénariste et dessinateur italien Enrico Marini.

Si ce nom ne vous dit rien, Marini est celui à qui l’on doit la saga Les Rapaces, Le Scorpion, ou encore Les Aigles de Rome. Cet homme né en 1960 en Suisse, a étudié le graphisme à l’École des Beaux-Arts de Bâle, et a su s’inspirer d’Hermann, Jordi Bernet, et  Otomo, mais aussi des comics et des mangas pour perfectionner son trait. En 1987, Marini est repéré à l’occasion d’un concours de nouveaux talents du Festival de la Bande Dessinée de Sierre, où il se verra confier le dessin de La Colombe de la Place Rouge de Marelle. En 1992, il travaillera avec Thierry Smolderen sur Gipsy, puis avec Stephen Desberg en 1996 sur la duologie L’Étoile du Désert. Suivront ensuite Les Rapaces avec Jean Dufaux entre 1998 et 2003, et Le Scorpion avec Desperg en 2016. Depuis 2007, Marini travaille sur sa création (scénario, dessins, couleurs) Les Aigles de Romes

Dans le premier tome, on faisait la connaissance d’une petite fille, Alina, kidnappée par le Joker. Mais pourquoi ? Pour ceux n’ayant pas lu l’histoire, sachez que ce qui va suivre est un possible spoiler, vous êtes prévenu. Alina n’est autre que la fille de Bruce Wayne… mais comment ?! Eh bien, disons que la réputation de playboy de l’homme le plus riche de Gotham n’est pas une rumeur, loin de là. Bref. En fait, dans l’histoire la vie d’Alina va être une monnaie d’échange que le maniaque du crime va utiliser pour pousser Bruce à acquérir le Chat Bleu, un diamant d’une valeur de 50 millions de dollars. Alors, pourquoi dévaliser les banques et risquer son maquillage quand on peut avoir Wayne comme acheteur ? Et si on se dit que cela va être un jeu d’enfant pour ce dernier, cela serait sans compter sur la féline Catwoman qui rôde sur les toits de Gotham prête à combler son amour des bijoux. Après tout, c’est bien connu, un chat attire forcément un autre chat.  

Comme précédemment, Marini arrive à garder la nature des personnages et leurs personnalités intactes. Il s’inspire fortement des origines du Joker qui le voyait aussi frivole dans ses humeurs que dans sa relation particulière avec Harley, et son éternel « je t’aime moi non plus » d’avec Batman. Décalé, amoureux, s’assumant des pieds à la tête, le Prince Clown du Crime n’a peur de rien, ni du ridicule. D’ailleurs, il ne l’est jamais. Son humour amuse mais de façon digne. L’autre grande figure du récit est Bruce Wayne qui apparaîtra désarmé face à la possibilité de perdre son enfant dont il n’a appris l’existence qu’il y a quelques jours. De plus, il se doit de garder le secret de son identité de Batman sous couvert, sans quoi Monsieur J. pourrait bien lui rendre la vie infernale. Au final si on devait résumer sans vulgarité la situation dans laquelle se trouve Bruce, on dirait simplement qu’il est assis entre deux chaises peu confortables. Mais comme le dit Harley, son popotin est pas mal et bien solide. À côté de ces deux hommes, nous avons Alina qui se révélera d’un cynisme cinglant et maligne rappelant fortement un autre personnage.

Dans ce deuxième et dernier tome, Enrico Marini prend le temps de rendre hommage à plusieurs œuvres en dehors des comics comme la comédie musicale Chantons sous la pluie (Singing in the Rain en VO) qui donne lieu à une scène aussi séduisante graphiquement que scénaristiquement. Alfred Pennyworth a aussi le droit à ses petits moments de gloire et son humour fait tellement plaisir à lire qu’il m’a rappelé la série animée d’animation Batman : The Animated Series de Paul Dini, un must de référence  datant des années 90. Et puis voir le Joker jouer du Rachaminoff au piano ça n’a pas de prix… Un Joker poétique et imprévisible comme à sa grande époque ? On achète et on en veut encore. Pour ceux qui se demandent si la fin en vaut la chandelle, sachez que oui. Elle donnera même lieu à LA question qui a germé dans mon esprit… Est-ce qu’elle prendra aussi racine dans le votre après lecture ? Marini laisse le dernier mot au lecteur, et on ne peut qu’approuver. 

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Visuellement, Marini signe une oeuvre aussi impressionnante que ce qu’il peut faire dans Les Aigles de Rome ou Le Scorpion mais de manière différente. Le style rappel le fortement un mélange entre Claude Monet pour son trait volupté, et Jim Lee pour le dynamisme et la modernité de l’ensemble. La colorisation à l’aquarelle apporte de la douceur, et le travail entre les nuances de gris et de rouge-orange contribuent au charme émanant des pages. Le découpage sert le récit jusqu’au moindre millimètre et met bien en valeur les toits de Gotham et ses coins peu fréquentables. Est-ce qu’on en parle de la couverture ? Sublime, affichez-moi cela en grand sur les murs des immeubles de DC Entertainment s’il vous plait. Le travail d’édition de Dargaud est encore une fois à la hauteur et le format franco-belge rend justice aux planches de son concepteur.

En conclusion, le deuxième et dernier tome de Batman – The Dark Prince Charming conclu cette histoire de Marini avec panache, classicisme et n’ayant rien à envier aux comics américains. De son style et de sa vision, Enrico Marini démontre que le plus important dans un récit de Batman est de comprendre chaque facette des personnages et de savoir les utiliser pour rendre un scénario voguant sur l’action, l’humour, et le respect. Revenez quand vous voulez Monsieur, on vous attend les bras ouverts. infos comics.png

 

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