Critique #126 – Jon Shannow, tome 1 : Le Loup dans l’ombre de David Gemmell

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David Gemmell est l’un de ces auteurs que l’on ne présente plus tant il a contribué au genre de la fantasy violente et épic. Malgré son décès en 2006, il reste encore une figure de proue dans cet univers qu’il a enrichi de son style unique et forcément reconnaissable. Jon Shannow est une trilogie mêlant western et religion sur fond de bataille avec un héros en quête de son identité. Premier Gemmell que je lis, le charme a-t-il opéré sur moi aussi ?

 

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David Gemmell reste à ce jour l’un des auteurs du genre fantasy le plus populaire, malgré le fait qu’il nous est quitté en 2006. Ce Britannique né en 1948, débute sa carrière dans l’écriture en tant que journaliste indépendant pour les journaux londoniens Daily Mail, Daily Mirroir, et le Daily Express. Son premier roman, Légende, sort en 1984, et décroche le prix Tour Eiffel en 2001. Deux ans plus temps il ne se consacre plus qu’à l’écriture de romans avec plus d’une trentaine de titres à son actif. Certains se déroulent dans le même univers comme Légende, Waylander, Les Guerriers de l’hiver et Les Épées de la nuit et du jour. On lui doit aussi des saga de la fantaisy connues et appréciées des connaisseurs tels que Le Lion de Macédoine, Rigante et Troie. Jon Shannow est l’une de ses sagas débutant en 1987 avec Le loup dans l’ombre, suivi de L’Ultime Sentinelle (1984), et Pierre de sang (1994). En 2009, un prix portant son nom voit le jour sous David Gemmell Awards for Fantasy, ayant déjà récompensé Brandon Sanderson, Mark Lawrence, Brent Weeks, Pierre Pevel, et Helen Lowe. En France, le premier tome de Jon Shannow fut édité pour la première fois en 2002 sous le titre L’Homme de Jérusalem dans un grand format, avant d’être publié en poche en juin dernier.

Le Loup dans l’ombre représente mon premier Gemmell, un auteur que je connais uniquement de nom et de réputation. Vu le nombre de franchises portant son nom et le fait que ce soit de la fantasy (un genre que je tente encore de dompter) j’ai eu simplement peur de ne pas tomber sur le bon point de départ. Et puis, je dois dire que le synopsis de Jon Shannow me tentait plus que certains autres récits, sauf Troie, que je souhaite grandement découvrir.

L’histoire de ce premier tome se déroule dans une ambiance post-apocalyptique, ce qui peut en dérouter plus d’un, où la cruauté et la violence sont devenus roi. En effet, à la suite de plusieurs ravages a civilisation a dû revenir au strict minimum, délaissant la technologie. Au milieu de ce chaos vit un homme, Jon Shannow, sorte de cowboy solitaire menant une bien mystérieuse quête paraissant impossible à réaliser. Alors qu’il recherche la paix sur son chemin, Shannow a attiré l’oeil d’un chef, le Seigneur Sombre, qui a ouï dire que son destin et celui de cet homme sont amenés à se rejoindre à un moment. Son envie de conquête en puissance et lui se sentant menacé, il décide alors de prendre les choses en mains et de l’éliminer.

L’ambiance de cet univers est assez originale malgré ce côté apocalypse puisqu’il mélange de manière efficace du western et de la fantasy. Gemmell prend le temps de poser les premières pierres de son univers, sans pour autant nous étouffer d’informations. Je suis de celle qui trouve que de révéler trop de choses dans un tome 1 peut grandement nuire à la lecture. Il faut savoir trouver un juste milieu, et ici David Gemmell y arrive bien. Ne pouvant pas le comparer à ses autres ouvrages, j’ai été surprise par l’inspiration religieuse, donnant véritablement du cachet au récit. L’action présente du début à la fin prend tout de même le temps de s’arrêter pour laisser place à une sorte d’introspection voyant Jon se demandant qui il est au fond de lui. Le reste des personnages sont très nombreux, ce qui peut perdre quelque peu à la lecture. La romance trouve aussi sa place ici, mais on regrettera le fait qu’elle ne serve que d’élément déclencheur à la recherche de soi du personnage de Jon.

Il y a si longtemps que je n’ai pas parlé de l’ancien monde… Mais je crains que l’homme ne recrée les horreurs de cette époque. Je ne veux pas y participer. Nous étions tellement arrogants ! Nous croyions que l’univers nous appartenait. Un jour, la Nature nous a remis à notre place. Le monde a basculé sur son axe. Des raz-de-marée ont inondé les terres. Des cités et des pays entiers ont disparu sous les eaux. Avec les tremblements de terre et les éruptions volcaniques, c’est un miracle que des gens aient survécu.
Maintenant que j’y réfléchis, je sais que nous avions eu tous les avertissements nécessaires concernant le désastre à venir. Nous aurions dû les prendre au sérieux. Nos propres légendes disaient que le monde avait déjà basculé. La Bible parle du soleil qui se lève à l’ouest et de mers qui débordent. C’est exactement ce qui est arrivé.

Les personnages sont très appréciables, notamment Jon bien entendu. Ce dernier est un solitaire plutôt taciturne, allant au bout des choses. Présenté comme un héros ne souhaitant pas en être un, Jon se forge sa propre individualité. Même si cela est récurrent dans n’importe quelle lecture, les limites de Jon vont être testées au fil des pages, ce qui peut plaire comme déplaire. Cela dépendant avant tout de vos attentes et de votre passif avec l’auteur. Les actions de Shannow sont ce qui le définit le plus pour le moment, puisqu’une aura de mystère continue de l’entourer. C’est à  la fois intriguant et frustrant en un sens. Le lecteur s’attache à lui, surtout quand on découvre ce qui se dit à son sujet. Comme dit plus haut, il est la figure du antihéros par excellence, ni tout blanc ni tout noir, où les nuances et zones d’ombre créés un réel intérêt à la lecture. 

Le style de Gemmell est fluide et très prenant dès le départ. L’écriture se veut intelligente de par la vision particulière du futur de l’humanité. Si l’influence de la religion est intéressante dans son ensemble, on regrette qu’elle prenne parfois trop de place dans le récit, ce qui en fatiguera plus d’un selon moi. La diversité des genres et des thèmes traités arrivent néanmoins à faire oublier les quelques défauts du récit. 

En conclusion, pour une première lecture de David Gemmell j’ai été plus que satisfaite de ce que j’y ai découvert. Le Loup de l’ombre offre de l’action, de la violence, et une vision glaçante de ce qui peut nous attendre dans une centaine d’années. Le personnage principal fait que le lecteur se plonge avec facilité dans le récit, et l’écriture de la fantasy post-apo et western de Gemmell apporte une réelle identité au titre. C’est donc avec plaisir que je retrouverais prochainement Jon Shannow. 

15 sur 20

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6 réflexions sur “Critique #126 – Jon Shannow, tome 1 : Le Loup dans l’ombre de David Gemmell

    • C’est un auteur à découvrir. Maintenant je comprends pourquoi autant de gens l’apprécie. Après, je pense qu’il est préférable de débuter par une série courte, genre un trilogie comme ici. Ainsi on peut y aller petit à petit sans s’étaler sur 10 tomes^^

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  1. Oh, tu as bien plus aimé que moi ! 🙂 Le personnage de Jon est effectivement très intéressant ! Je suis curieuse de voir ce que l’auteur va creuser dans le second opus.. En espérant que certains défauts soient corrigés.
    Belle critique, en tout cas !

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  2. Si tu veux découvrir d’autres titres de l’auteur, je te conseil surtout Le Lion de Macédoine qui revisite l’histoire d’Alexandre le Grand et de son père, je ne crois pas avoir lu quelque chose de mieux en Fantasy historique !

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