Critique manga #149 – Arcanum tome 1

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Depuis des décennies, l’homme aime se faire peur en imaginant que des créatures pourraient débarquer de l’espace et nous envahir. Peur irrationnelle ou non, Zone 51 de Roswell ou univers de fiction, le sujet des « petits bonhommes verts (pour quoi vert d’ailleurs? » continuent à alimenter les récits. Arcanum utilise ce point de départ pour présenter une oeuvre se concentrant en grande partie sur le lien humain entre un frère et une soeur, et les notions d’amour et de sacrifice. 

 

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Également disponible en numérique sur izneo 

 

Lire un extrait du chapitre un en cliquant ici

kanadargaudsuisse

« Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction » – Antoine de Saint-Exupéry.


Erubo HIJIHARA est une mangaka originaire du Japon, résident à Tokyo, et née en 1995. En 2015, elle remporte le Crown Newcomer Award de la Shueisha avec Unmei no Kamisama. En 2015 sort Zetsubou no Trigger, ces deux titres étant certainement des one-shots et inédits en VF. Arcanum ou Futari Bocchi Sensou en VO, débute en 2017 dans les pages du magazine JUMP SQ des éditions Shueisha. La série compte trois tomes au total, qui seront tous disponibles avant la fin de l’année chez Kana dans la collection Dark Kana.

L’histoire ne se déroule pas au Japon mais aux États-Unis, et plus précisément à Manhattan. Il y a dix ans en arrière, l’humanité fût changée avec l’invasion des Idras, créatures extraterrestres mystérieuses, ayant dévasté Washington. C’est durant cette période que Ilya Kravitz, paralysé depuis ses 5 ans suite à un accident, passe par toutes les étapes du deuil. Afin d’affronter ces monstres venus d’une autre planète, le gouvernement a lancé la création des humanoïdes Arcana. Ilya rêve de devenir un des pilotes pouvant piloter virtuellement pilote l’un d’eux. C’est ainsi qu’on le découvre tentant de réaliser sa destinée, sans se douter de la réalité qui se cache derrière ces armes…

Ce shonen en trois tomes intègre les codes de la science-fiction de manière classique rappelant parfois Evangelion, mais mettant l’accent sur l’émotion. Pour y arriver, la mangaka a su écrire des personnages sensibles et forts. Ilya est un jeune homme ayant pour but dans la vie de pouvoir piloter un Arcanum et ainsi aider dans la protection de la planète. Toutefois, on descelle très vite un sentiment plus profond dans son rêve. En effet, pour celui qui est situation de handicap puisqu’il ne peut se déplacer sans son fauteuil roulant, la capacité de pouvoir aller où bon lui semble grâce à la technologie humanoïde est la clé de la liberté. Le lien entre le pilote et la machine est plus que virtuel, comme nous l’explique le scénario à travers les phases de simulation servant à la préparation de l’examen d’entrée de Ilya. À chaque fois qu’il est connecté il peut ressentir le vent sur sa peau, la légèreté dans ses déplacements, comme s’il retrouvait l’usage de ses jambes. Pour le soutenir, Ilya peut compter sur sa grande sœur, Anna, lui témoignant un amour inconditionnel. Ce lien qui les unis est très beau et vraiment fusionnel dans le sens où on sent que chacun pourrait réellement donner sa vie pour l’autre. HIJIHARA arrive à faire en sorte que ce sentiment nous saute aux yeux que ce soit dans les mots ou la mise en page.

La partie science-fiction est emmenée de façon intéressante grâce au bestiaire très curieux des envahisseurs. Pour le moment, nous ne savons pas d’où ils viennent, mais ont su que les scientifiques ont trouvé un moyen de les tuer en visant le cœur grâce à une particularité génétique incorporée dans les Arcanum. Ces derniers pourraient être cantonné aux rôles de héros dans le genre Iron Man, mais ils sont un peu plus complexes que cela. Ici, pas d’argent à foison mais uniquement une envie de contribuer à la sauvegarde de la population. Anna joue également un rôle-clé dans le récit. Engagée dans les forces de défense, elle est une femme de poigne qui ne recule devant rien pour mener son équipe jusqu’au bout. Que se soit l’un ou l’autre, chacun est victime des préjugés. Anna parce qu’elle est une femme, et Ilya parce qu’il est en fauteuil roulant. Considérés comme des “faiblesses” par les autres, eux, y puisent toute la force nécessaire pour arriver à se surpasser et donner tort aux mauvaises langues. L’action passe par une multitude de combats que ce soit en test ou en dans le réel. Sans vous en dire plus, on découvrira d’autres pilotes d’Arcanum sympas ou un peu plus revêches. Le scénario présente un plot twist qui relance le récit dans une direction plus dramatique où la fin peut être heureuse ou non. À voir ce que nous réserve l’auteure dans les deux tomes suivants.

 

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Le trait de Erubo HIJIHARA est à la fois doux et violent puisqu’elle arrive à retranscrire avec justesse l’émotion de ses personnages et des échanges, tout en donnant un coup de fouet au récit durant les affrontements. Les personnages sont facilement identifiables, et possèdent des visages très expressifs contribuant grandement à l’empathie que l’on éprouve durant la lecture. Concernant les créatures elles semblent inspirées de notre faune tout en puisant dans l’imagerie de la science-fiction instaurée par des récits comme le film Cloverfield de Matt Reeves. La mise en page dynamique offre de beaux moments aériens en compagnie des Arcana, et les décors urbains sont très bons.  L’édition de Kana s’ouvre sur un mini-poster dépliable en couleur, et c’est toujours cool. La traduction d’Aline Kukor (Banale à tout prix, Death’s Choice, Au-delà de l’apparence) ne possède aucune coquille.

En conclusion, le premier tome de Arcanum arrive à installer un récit de science-fiction où l’émotionnel trouve toute sa place. Les personnages sont écrits avec délicatesse, notamment à travers la situation de Ilya, nous avons une preuve que nous pouvons s’en cesse repousser nos limites afin de nous accomplir. Le scénario de Erubo HIJIHARA ne révèle pas encore l’origine des créatures et pourquoi ont-elles décidé de détruire l’humanité, et on espère en savoir plus de ce côté-là. 15 sur 20

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5 réflexions sur “Critique manga #149 – Arcanum tome 1

  1. Très bel article. Comme toujours, je suis totalement fan de tes introductions.
     » Que se soit l’un ou l’autre, chacun est victime des préjugés. Anna parce qu’elle est une femme, et Ilya parce qu’il est en fauteuil roulant. Considérés comme des “faiblesses” par les autres, eux, y puisent toute la force nécessaire pour arriver à se surpasser et donner tort aux mauvaises langues.  » J’applaudis 🙂 Totalement ! Ca pourrait bloquer aussi, mais ils y croient et veulent se protéger l’un l’autre.

    Aimé par 1 personne

    • Et dire que les intros c’est ce que j’écrit en dernier xD Parfois je me dis que ça aurait plus de place, certains points, en conclusion. Mais bon. Oui c’est vraiment la relation entre ce frère et cette soeur qui m’a touché. En trois tomes, l’auteur va pas pouvoir developper des masses l’univers, donc elle a clairement misé sur l’aspect sentimental et psychologique. Certains n’aprecieront pas trop Ilya parce qu’il parait « faible » mais moi je trouve que sa bonté de coeur et sa grande force et qu’il peut aller loin malgré cela et son handicap. J’aime aussi le fait que ça montre que bah c’est pars parce que tu es « limité » physiquement dans tes mouvements que tu ne peux pas te battre pour tes rêves et te donner à fond dans ce que tu fais.

      Aimé par 1 personne

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