Critique comics #018 – Batman : Gotham by Gaslight

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Batman. XIXème siècle. Jack L’Éventreur. Londres. Gotham. Voilà, comment je pourrais présenter ce récit comics si la flemme m’envahissait. Dans ce bouquin publié par Urban Comics, nous avons le droit à deux récits se déroulant à la même époque dans un « Elseworld » pouvant être lu aussi bien par les fans que par les lecteurs occasionnels. L’ambiance victorienne sombre et lumineuse procure une lecture unique et plaisante. Batman versus l’un des serial killers les plus connus de l’Histoire, à ne pas manquer. 
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Cet ouvrage intitulé Batman : Gotham by Gaslight ne comprend pas que la mini-série du même nom, mais également Le Maître du Futur (Master of Future en VO) les deux publiés à l’origine en 1989 et 1991. Gotham by Gaslight est scénarisé par l’américain Brian Augustyn (Black Condor, The Flash, JLA : Year One) et dessiné par Mike Mignola créateur de Hellboy. Cette première mini-série se place dans ce que l’on appelle un “Elseworld”,et n’a donc aucun impact sur la timeline DC Comics. Dans les années 1880, le tout-Londres est en émoi face aux meurtres perpétrés par celui que l’on a baptisé Jack L’Éventreur. Bruce Wayne, jeune aristocrate revient à Gotham, accompagné de son oncle Jake, après avoir arpenté l’Europe. À peine est-il de retour qu’il revêt le costume de Batman pour combattre le crime qui ne connaît pas le repos dans sa ville, et qui semble être en proie à des meurtres sanguinaires également…. serait-ce là l’oeuvre de Jack L’Éventreur ?

XIXème siècle oblige, l’ambiance est très ancré victorienne ce qui donne un charme fou au récit. Que l’on soit familier de cette période, les pages dégagent une atmosphère très noire et lumineuse à la fois. Dès les premières pages, Augustyn écrit le meurtre des parents de Bruce dans un flashback revenant sur un Bruce adulte toujours aussi marqué par cette tragédie. En revenant dans sa ville, Bruce ne peut s’empêcher de reprendre sa double identité, comme si en mettant le masque de Batman il pouvait échapper à sa propre personne et prétendre qu’il n’est pas Bruce. Pourtant, il ne pourra pas échapper à son humanité bien longtemps puisque Jack L’Éventreur s’intéresse grandement à l’homme qu’il est, bien évidemment, sans se douter qu’il est le Chavalier Noir. Amis de longue date, Jim Gordon – qui n’est encore qu’inspecteur – nous explique que la ville a bien changé en dix ans, laps de temps où Bruce et Batman ont été absents. Tout ce qui touche à l’aristocratie (vêtements, etc) est merveilleusement mis en valeur ce qui honnêtement mériterait d’être plus souvent présent dans les récits de Batman (ou de DC Comics). Augustyn et Mignola arrivent à prendre un héros de la carrure de Batman et de le coller dans un contexte différent, et c’est ce qui fait la force du récit. La lecture est rythmé par un savoureux mélange entre le côté polar et le réel du XIX. Par exemple, Bruce va rencontrer un certain Sigmund Freud, une allusion à Sherlock Holmes, ou encore voyager à bord d’un paquebot ressemblant très fortement au Titanic.

La partie graphique par Mike Mignola est de toute beauté puisque l’on reconnaît facilement le trait de celui qui donnera naissance à son héros Hellboy et l’univers qui va avec. En quelques cases, Mignola montre la force de son trait tantôt précis tantôt flou, rappelant le Batman de Bob Cane aux premières heures de sa création. La colorisation de David Hornung est sombre et donne un visuel à la Edgar Allan Poe convaincant.

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La seconde histoire Le Maître du futur, se déroule trois ans après les faits avec Jack L’Éventreur, et voit un Bruce fiancé à Julie, tout en continuant d’incarner le Batman. Gordon a obtenu sa promotion, l’ancien commissaire de la Police, Tolliver, devenu maire de Gotham et souhaite faire briller de mille feux sa ville avec l’Exposition Universelle. Alors que le conseil est en pleine réunion, surgit Alexandre LeRoi, qui demande à être proclamé le maître de la ville ou alors il ferra brûler la ville et ses citoyens. Rien que ça, oui. S’engage alors une lutte entre un maître entêté à l’ambition plus grande que sa taille, et celle d’un illuminé tout droit débarqué d’un récit d’Alexandre Dumas. À la lecture de ces deux histoires, la comparaison est inévitable, et on est tout de suite marqué par un Gotham très différent. Dans la première, l’ambiance était sombre et peu rassurante, alors que la deuxième met un coup de projecteur sur la ville la rendant plus rassurante. Le véritable intérêt de Master of the Future réside dans la critique de l’homme moderne dans sa globalité et sa soif de grandeur. Avec l’avancée technologique à sa portée il ne peut qu’avoir l’ambition de la contrôler pour en tirer toute-puissance et servir son destin de… maître.

Sur cette dernière histoire, le dessin d’Eduardo Barretto diffère légèrement de celui de Mignola, mais reste dans la lignée de son prédécesseur. En y regardant de plus près, les connaisseurs pourront déceler une similarité (ou en tout cas une inspiration) de l’aisance d’un dessinateur comme Joe Kubert (Brave and the Bold, The Flash, Tarzan). À la couleur nous avons un Steve Olif qui excelle. Gotham apparaît radieuse, vivante, et les nuances sur les visages ainsi que les décors sont minutieux. Le découpage se permet d’avoir une narration plus aérée. 

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Concernant l’adaptation animée de 2018, on peut dire que nous ne sommes pas vraiment dans le même cadre graphique que la version papier. Certes il aurait été difficile de vraiment retranscrire la singularité d’un Mike Mignola à l’écran, mais le rendu au final n’est pas aussi charmeur. L’adaptation scénaristique de Jim Krieg possède ses forces et ses faiblesses. Les points positifs sont l’enquête, la mise en avant plus poussé d’un Batman dans l’époque victorienne. Là où on est moins souriant c’est face à cette envie de vraiment intégrer toutes les références possibles du personnage de Batman, ce qui rend cela un peu lourd par moments. Là où sur papier nous n’avions que très peu de protagonistes issus du Bat-Verse, ici, on retrouve Selina Kyle à l’écriture intéressante et profonde. Nous avons aussi Pamela Isley/Poison Ivy, ou encore Hugo Strange. La dynamique Selina/Bruce fonctionne, et le côté steampunk est plutôt bien amené à travers les divers gadgets de notre justicier. Pour regarder le trailer cliquez ici.

En conclusion, que vous soyez comics ou animation, cette édition de Batman Gotham by Gaslight par Urban Comics est à posséder ! Les « Elseworld » étant très rares en publications françaises, il est plus qu’agréable de voir un héros s’échapper de son contexte de base pour aller se placer dans une tout autre époque. Si l’atmosphère d’un récit diffère de l’autre, il faut avouer que les deux se complètent en mettant bien en avant l’époque victorienne, la part humaine de Bruce et son échappatoire psychique en l’identité de Batman. 

17/20

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