Critique manga #162 – March Comes in Like a Lion tome 3, 4 et 5

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Connue du public français pour son manga Honey and Clover, il aura fallu attendre 10 ans pour revoir Chia UMINO revenir sur nos étagères avec un seinen présentant la culture japonnaise tout en évoluant sur une trame de vie quotidienne avec ses drames, ses doutes, et ses espoirs. March Comes in Like a Lion est une lecture qu’il est bon d’avoir pour prendre le temps d’apprécier les choses qui nous entourent à leurs justes valeurs. Expirer, inspirer, est certes automatique mais cela s’avère différent quand on prend conscience son importance pour notre bien-être intérieur de vraiment le faire à poumons déployés.  

 

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Également disponible en numérique sur le site de izneo

 

LIRE UN EXTRAIT DU TOME 1 ICI

kanadargaudsuisse


Chica UMINO est une mangaka née à Tokyo, au Japon. C’est sous ce nom de plume que l’auteure a débuté avec des dõjinshi (recueil édité par des amateurs pour présenter leurs travaux), suivi en 1995 par Comic Cue, une oeuvre collective. En 2002 elle lance Honey and Clover (Hachimitsu to Clover) en 10 tomes aux éditions Shueisha, qui lui valut le 27ème Kodansha Manga Award. En France, le titre a été édité chez Kana depuis 2017. March Comes in Like a Lion (Sangatsu no Raion) débute en 2008 dans les pages du magazine seinen Young Animal de Hakusensha, avec 15 tomes en cours à ce jour. Fort de sa popularité auprès des lecteurs et de la critique (plusieurs prix), le manga fut adapté en série animée de deux saisons entre 2016 et 2017, ainsi qu’un film live. En France, 13 tomes ont été publié à ce jour.

L’histoire de March Comes in Like a Lion est très mélancolique. Rei Kiriyama, adolescent de 17 ans est un joueur de shôgi devenu professionnel quand il n’était encore qu’au collège. Pour infirmation le shôgi est un jeu traditionnel japonais se rapprochant de notre jeu d’échecs. Étant seul au monde depuis quelques années, le jeune garçon a été recueilli par un joueur de shôgi ayant déjà une famille. Mais avant de savoir tout cela, le lecteur découvre un Rei solitaire vivant seul dans un appartement, et ayant pour seul contact humain ses tournois de shôgi et la rencontre avec trois sœurs pour l’accueillir certains soirs le temps d’un repas chaud. 

Les deux premiers tomes de March Comes in Like a Lion avaient su me séduire au fil des pages, sans que je ne m’en aperçoive. En refermant le deuxième tome, j’étais emplie d’un sentiment de mélancolie mêlé à de l’espoir. Ni triste, ni joyeuse. À travers le prisme de la vie quotidienne au Japon, la mangaka arrive à aborder des thèmes forts et universels. On y évoque le harcèlement scolaire de façon sensible et dure à la fois, pour bien montrer ce que cela peut engendrer avec le temps sur un enfant. Mais aussi des responsabilités familiales, des liens amicaux, de la difficulté d’avoir un emploi stable pour vivre. Le tome 3 continue d’aller en ce sens tout en gardant le jeu du shôgi comme point d’encrage. Alors je vous le dis tout de suite je ne comprends rien à ce jeu traditionnel, mais en même temps je n’ai jamais rien compris aux dames ni aux échecs non plus. Malgré cela, la lecture s’effectue de manière entraînante et on se laisse facilement porter. Pour cela on peut remercier l’écriture pertinente et douce des personnages qui nous apparaissent tellement réels qu’on pourrait jurer qu’on les connaît. Une nouvelle année s’achève pour notre adolescent, cloué au lit par un sévère rhume. Toujours aussi solitaire dans sa vie de tous les jours, Rei apprend doucement qu’au final il n’est pas le seul à avoir ce sentiment. Même les sœurs Kawamoto, chez qui il soupe et dort souvent, partagent ce même vide. À leur contact, le jeune garçon comprend qu’il peut apprendre à se laisser dorloter pour une fois sans qu’elles ne viennent à lui faire du mal. 

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Dans le quatrième tome, le personnage de Kyôko, découverte dans le tome 2 comme l’enfant du père adoptif de Rei, prend une grande place. Elle se présente comme une fille détestable, manipulatrice, et n’ayant aucun scrupule à culpabiliser son “frère” par rapport à son passé. Pourtant sous ses mots acerbes, on devine une jeune fille possédant des faiblesses qui ne fait qu’user de son caractère pour se protéger. Néanmoins, il serait bien trop facile de lui pardonner les maux qu’elle cause à notre jeune héros. Les autres protagonistes, notamment le professeur Hayashida, interviennent ici et là et ce dernier se trouve être d’un soutien moral sans failles à Rei. Nikaido apparaît également, et comme depuis le début le voir avec ses belles joues toutes rouges me fait sourire. J’espère qu’on le verra un peu plus dans le futur…

Les sœurs Kawamoto ouvrent les pages du tome 5, et tout de suite on sait qu’on va être emporté dans un tourbillon de bienveillance. Leur grand-père est une véritable boule d’énergie qu’il fait bon de voir discuter avec ses petites-filles. Les échanges nous enchantent et on en redemande encore. Mais sous cette jovialité, la jeune Hinata s’apprête à vivre un moment douloureux de collégienne. Encore une fois, c’est fort et tellement dans l’air du temps que l’on ne peut que se sentir envahir par un sentiment d’incompréhension. Hinata n’est d’ailleurs pas la seule à vivre des moments difficiles, dans ce cinquième tome. De son côté Rei, accepte de mieux en mieux sa vie de lycéen tout en continuant à participer au tournoi de shôji. Véritable art dans la culture japonaise, la discipline permet à la mangaka de nous faire voyager au fil des pensées de chacun. On est alors témoin de la détresse de certains, des démons du passé qui dorment encore en leur cœur, etc. C’est un exercice qui est souvent casse gueule selon moi, mais que Chica UMINO arrive à écrire avec finesse et réalisme.

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Le trait de la mangaka est toujours aussi délicat, et rend justice à des personnages vibrant d’humanisme. Les planches offrent un découpage dynamique et doux, flirtant parfois entre le rêve et le réal. Les décors urbains sont soignés, parfois discrets, mais toujours présent. Dans les expressions de ses personnages, UMINO fait passer de nombreux messages qui ne nécessitent aucunement de dialogues, et c’est tout simplement beau.

En conclusion, March Comes in Like a Lion continue de prouver toute la sensibilité et la justesse de son récit. S’axant autour des tournois de shôji, Chica UBINO réussie à dresser le portrait de personnages attachants, où elle insuffle toute la dimension humaine qui les définit en tant qu’êtres uniques. Maladroits, chaleureux, compliqués, incertains, … chacun est écrit avec une subtilité épatante qui fait de ce manga un récit aux messages forts et positifs.

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5 réflexions sur “Critique manga #162 – March Comes in Like a Lion tome 3, 4 et 5

  1. Je retrouve la même sensibilité et douceur que toi dans ce titre doux-amer. J’aime bien les moments tranche de vie où Rei est avec les soeurs Kawamoto. Par contre, par moment, selon les tomes, j’ai vraiment du mal avec les parties de shogi où je ne comprends rien non plus et du coup, il y a parfois de longs passages où je me lasse. Tu as déjà eu cette impression dans les tomes que tu as lu jusqu’à présent ?

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    • Oui, le fait de pas comprendre le shôgi provoque parfois des « passage à vides » où tu es un peu « ailleurs » mais avec l’écriture de l’auteure, qui à ce moment évoque les pensées des personnages, on arrive à s’accrocher et à continuer la lecture. Au final c’est le côté tranche de vie et humain qui m’attire dans cette lecture ^^

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      • Je vois qu’on y cherche les mêmes choses et ça me rassure de ne pas être la seule à avoir ces passages à vide. J’avais parfois l’impression de rater quelque chose à cause de ça ^^!

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    • Merci beaucoup. Oui une trps belle lecture qui procure de nombreux sentiments contradictoires… c’est un peu comme une mélodie de chanson tendre et triste, qui serre le cœur quand on l’écoute mais nous donne envie d’aimer la vie ^^

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