Critique manga #169 – Retour aux sources tome 1 et 2

Copie de titre manga (1)

Avec sa collection Made In, les Éditions Kana nous offrent souvent de petits récits revenant sur des sujets tels que la culture, le côté tranche de vie, et bien plus. Retour aux sources explore la culture d’une petite ville de Taïwan, avec pour fil conducteur et dramatique les liens d’un père et son fils plus que trouble. Une histoire en deux tomes pleine d’originalité et de sensibilité, rappelant une brise la brise de fin d’été.

 

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LIRE UN EXTRAIT DU CHAPITRE 1

kanadargaudsuisse


Retour aux sources est écrit et dessiné par Zuo HSUAN d’origine taïwanaise, qui donne ici naissance à un manhua (manga chinois). Sa carrière, HSUAN, la débute en 2013 avec l’album Le blanc du papier, suivit en 2015 par Retour aux sources (Shen Zhi Xiang), sa première œuvre complète. L’histoire se tien en deux tomes, et nous présente Chen, étudiante qui va faire équipe avec le beau et mystérieux Axun lors d’un stage en anthropologie. Ensemble ils vont partir à Daxi sur l’île de Taïwan, que le jeune homme connaît bien puisqu’il y est né. Mais en revenant chez les siens, qu’il n’a pas vu depuis des années, saura-t-il encore y trouver sa place ?

Si en commençant la lecture on pensait suivre une énième jeune fille amoureuse d’un beau garçon, on finit par se rendre compte que ce n’est pas le cœur de l’histoire. En effet, le récit nous montre toutes les coutumes de Daxi, une région où les habitants s’apprécient tous et possèdent un respect profond pour leurs traditions. La découverte de cette petite ville est une réelle bouffée d’air frais. La nature y a une place importante, et les dessins de HUAN nous émerveillent. De l’architecture aux personnages, l’originalité du titre se veut sensible et unique. Les personnages principaux sont attachants, même si Xuan est celui qui nous attire le plus puisque plus discret sur sa vie privée et surtout son passé. Très peu bavard et plutôt réservé, il est de ces personnages qui ne laisse rien paraître de ses émotions, sans qu’il ne soit réellement quelqu’un de froid et distant. Sa psychologie est plus subtile et bien mieu écrite que ça. En retournant chez lui, le garçon revoit enfin les siens, mais on sent que les relations sont tendues. La première sur la liste est celle avec le père, qui durant tout le premier tome n’est que mentionné brièvement. Il faut attendre la fin du tome et surtout le tome 2 pour en apprendre davantage sur cette figure paternelle, en un sens presque fantomatique. Mais restons encore un petit peu sur le tome 1, voulez-vous. Comme pour un voyage touristique en groupe, l’auteure nous emmène avec nos deux étudiants, mais aussi Yixin (cousin du garçon), dans les rues de Daxi. On découvre – sans goûter – les mets gastronomiques, les festivités liées à la célébration estivale du saint Empereur Guan qui s’accompagne d’offrandes, de dégustations, et de la danse du lion. Cette dernière est très bien décrite et mise en scène par l’auteure. Elle allie l’élégance et la vigueur, chose que l’on verra lorsque Axun tentera d’apprendre cette danse suite à une promesse faite entre son Yixin et lui.

Avec une grande introduction et mise en avant des traditions dans le tome 1, le second continue sur sa lancée toute en abordant plus en profondeur le passé de Axum. Les flashbacks et la relation entre son père et lui abordent avec subtilité le manque de lien affectif entre eux. Il est assez difficile de les voir se faire face sans savoir quoi se dire… Certains lecteurs plus sensibles que d’autres trouveront certainement un écho dans cette mélancolie. Mais cela n’empêche pas les moins familiers à ce sentiment d’être également touchés par quelques scènes, maladroites parfois (dans le bon sens du terme) mais naturelles. La narration se veut tendre et simple, avec un côté historique bien relaté.

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Le dessin de Zuo HSUAN est délicat mais bien mis en valeur par un trait précis. Ce que nous montrent les couvertures est exactement ce que l’on voit à l’intérieur. Le charadesign est simple mais efficace, et contraste avec les décors détaillés. La beauté des paysages et de l’architecture séduit au fil des cases. Le découpage des planches permet justement de faire la lumière sur les décors, mais pas que. Par exemple, l’apprentissage et l’exécution de la danse du lion sont fluides, poétiques, et on sent bien la concentration (et volonté) qu’il faut avoir pour y arriver. En fin de tome, se trouve un chapitre spécial parlant d’un personnage inédit. L’édition de Kana est à souligner puisqu’elle se classe dans la collection Made In et a le droit à un format semi-poche (14x21cm) comme Levius, par exemple. Le travail est donc soigné, avec une qualité de couverture  et son effet brillant irréprochable. 

En conclusion, Retour aux sources est un récit sensible, dépaysant et vivifiant. À travers les souvenirs d’Axum, nous découvrons un pan de la culture populaire d’un pays que nous ne connaissons pas forcément pour cette raison. Gastronomie, folklore, et architecture se nouent autour d’une histoire de famille compliquée où les liens du sang ne sont pas forcément synonymes de respect et d’amour. Encore une belle découverte de la part de Kana !

 

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